Le releveur cubain des Aigles de Trois-Rivières, Miguel Lahera, explique avoir eu peur que la Ligue Can-Am mette fin à l'entente entre les Capitales et la Fédération cubaine de baseball en raison de la défection de Julio Martinez, samedi dernier.

Les Cubains des Aigles pas surpris de la défection de Martinez

Le vent de panique qui s'est emparé des Aigles à la suite de la défection de Julio Martinez samedi dernier s'est quelque peu calmé. Alors que l'équipe est de retour à Trois-Rivières pour affronter les Boulders, les deux joueurs cubains restants continuent d'espérer que le geste de leur collègue ne jouera pas contre eux.
Lorsque les Aigles ont constaté que son voltigeur de centre avait pris la poudre d'escampette sans avertir l'organisation, Miguel Lahera et Alexander Ayala ont craint que cela signifie la fin de leur passage dans la Ligue Can-Am. Paniqués et en furie, ils ont rapidement communiqué par Facebook avec leurs collègues des Capitales de Québec Lazaro Blanco, Yordan Manduley et Yurisbal Gracial afin de partager la nouvelle. Les discussions n'ont pas cessé depuis.
«Ce qu'il a fait, c'est vraiment mal vu au pays. Mais en même temps, ça ne me surprend pas moi, ni personne à vrai dire. On s'y attendait, et pas seulement parce que c'est lui. Pour un Cubain, chaque fois que tu quittes l'île, que ce soit pour représenter ton pays ou encore pour jouer dans la Ligue Can-Am, c'est une chance de faire défection», expliquait Lahera vendredi soir avec l'aide du directeur général adjoint, Richard Lahaie.
Le releveur explique qu'aucun signe ne laissait toutefois croire que Martinez s'apprêtait à «passer à l'Ouest.» Les trois joueurs originaires de l'île étaient cochambreurs à Trois-Rivières et Ayala partageait l'hôtel avec Martinez sur la route.
«Il ne nous a pas donné de signe, mais en même temps, il ne nous parlait pas. C'était quelqu'un qui passait énormément de temps sur son cellulaire. Ayala ne se sent pas responsable de sa disparition puisqu'on pouvait circuler librement. Il aurait pu être parti au dépanneur ou au McDonald's qui était de l'autre côté de la rue.»
Le départ de Martinez aurait pu créer une onde de choc dans l'entente entre les Capitales et la Fédération cubaine de baseball, qui aurait pu mettre un terme à la présence de ses joueurs dans la Ligue Can-Am. «On ne veut vraiment pas ça. On est bien ici, on est super bien traités et on a rencontré plein de gens. En plus, on est vraiment bien payés dans la Ligue Can-Am», rappelle le lanceur. Comme quoi les salaires minimes du circuit Wolff valent de l'or dans les Caraïbes...
Fort heureusement, tous les joueurs cubains ont été rassurés dans les derniers jours par les deux organisations. Il semblerait que le geste du joueur de 21 ans n'aura pas de répercussion sur l'entente.
«La Fédération nous a confirmé que tout était correct. Nous n'avons pas eu davantage de développement. Mais nous avons rapidement rassuré nos deux Cubains que pour nous, rien ne changeait», précise le directeur général René Martin.
Aucune trace
Quant à Martinez, il n'est pas réapparu et ne devrait pas le faire avant un bon moment. Il doit avant tout obtenir sa citoyenneté américaine avant de tenter de s'entendre avec une formation du baseball majeur, ce qui semble assuré lorsqu'on considère son âge et son talent. Un processus qui pourrait durer plusieurs mois et qui devrait assurément être retardé par le fait qu'il était sous contrat avec une équipe nord-américaine lors de sa défection, ce qui n'est jamais arrivé par le passé.
La défection de Martinez s'ajoute à la centaine d'autres que le pays a connues. Privé de tous ces joueurs, Cuba a fait piètre figure lors de la dernière Classique mondiale de baseball. Mais ne comptez pas sur Lahera pour avoir pitié de ses coéquipiers qui ont opté pour un gazon plus vert
«C'est inacceptable et pour nous, une fois qu'un joueur fait défection, on l'oublie. Le pays, c'est important pour nous, mais ceux qui font défection, ils s'en fichent», conclut le releveur de 32 ans.