Pour réaliser son rêve d’évoluer dans les Ligues majeures, le Cubain Yasiel Puig avait dû s’adresser à un cartel de drogue qui l’avait pris en otage, ne le relâchant que contre une rançon de 250 000 $. «Savoir que les futurs joueurs cubains n’auront pas à subir ce que nous avons subi, cela me rend tellement heureux», a déclaré le voltigeur de 28 ans.

Les Cubains autorisés à jouer dans les majeures

LA HAVANE — Les joueurs cubains pourront désormais être recrutés par des clubs du baseball majeur sans faire défection à la suite d’un accord historique signé mercredi et dévoilé par la Fédération cubaine.

On souhaite ainsi éliminer un dangereux trafic qui opère depuis des décennies. Jusqu’à présent, les Cubains qui voulaient évoluer dans les Ligues majeures devaient faire défection — parfois dans des circonstances rocambolesques — et établir leur résidence aux États-Unis.

Yasiel Puig, qui évolue maintenant avec les Dodgers de Los Angeles, avait notamment tenté à plusieurs reprises de faire défection, avant de s’adresser à un cartel de drogue qui l’a emmené au Mexique... mais l’a finalement pris en otage, ne le relâchant que contre une rançon de 250 000 $. 

«Savoir que les futurs joueurs cubains n’auront pas à subir ce que nous avons subi, cela me rend tellement heureux», a déclaré le voltigeur de 28 ans.

«Je n’ai pas de mots pour exprimer ma joie profonde et mon émotion», a réagi Jose Abreu. Né à Cuba, le joueur de premier but des White Sox de Chicago avait fait défection en 2013. Il s’est félicité que «l’exploitation par des trafiquants et des agences sans scrupules se termine enfin pour les joueurs de baseball cubains.

«Savoir que la prochaine génération de joueurs de baseball cubains n’aura pas à endurer le destin inimaginable des joueurs cubains dans le passé, c’est un rêve impossible qui se réalise pour nous tous», a ajouté le joueur de 31 ans.

L’entente intervenue permet aux Cubains de signer des contrats en vertu de règles similaires à celles des joueurs ayant des contrats avec des clubs japonais, sud-coréens et taïwanais. Le pacte est valide jusqu’au 31 octobre 2021, mais pourra être renouvelé.

«Un jour heureux»

Seuls les joueurs ayant un contrat avec la Fédération cubaine sont couverts par l’entente. Elle a accepté de libérer, contre le versement d’une prime, tous les joueurs de 25 ans et plus ayant au moins six ans d’expérience chez les pros. Elle pourra aussi, à sa discrétion, libérer de plus jeunes joueurs pour qu’ils puissent signer des contrats des ligues mineures avec des équipes des ligues majeures.

Ils ne perdront donc plus leur résidence à Cuba ni leur possibilité de revenir dans le championnat cubain. «C’est un jour heureux pour le baseball cubain, pour le baseball dans le monde, pour notre peuple et pour le peuple américain», s’est félicité Higinio Velez, président de la Fédération cubaine, lors d’une conférence de presse à La Havane.

Les deux pays sont en froid diplomatiquement depuis des décennies, mais partagent la même passion pour le baseball. La «pelota» est un sport historique à Cuba, où le premier match officiel a été joué en 1874.

Il est toutefois concurrencé par le soccer, de plus en plus populaire chez les jeunes Cubains, et a souffert ces dernières années d’une baisse de niveau de jeu. Affecté par les désertions de plusieurs de ses vedettes, le baseball cubain n’a pas gagné de compétition importante depuis la Coupe intercontinentale de 2006.