Pour la troisième fois de sa carrière, Sidney Crosby affrontera Alexander Ovechkin en séries. Les Penguins ont remporté les deux précédentes occasions, en 2009 et l'an dernier. Les deux fois, ils ont ensuite gagné la coupe.

Les Caps ont soif de vengeance

Sur papier, les Capitals de Washington semblaient pouvoir se défaire des Maple Leafs de Toronto rapidement pendant que les Penguins de Pittsburgh et les Blue Jackets de Columbus allaient s'entredéchirer dans une difficile série.
Sur la glace, les situations n'auraient pas pu être plus différentes. Loin d'offrir la même qualité de jeu qu'en saison régulière, les Capitals ont eu besoin de six matchs décidés par un but pour éliminer les jeunes et talentueux Leafs.
«Il faut leur donner le mérite : ils se sont bien battus, a déclaré Alexander Ovechkin. Ils sont jeunes, mais ils sont forts. Leur avenir est très prometteur.»
L'avenir des Capitals sera quant à lui constitué d'un nouveau duel face aux Penguins, qui se sont débarrassés des Jackets en cinq matchs et attendent leur adversaire depuis jeudi.
C'est le deuxième but du match de Marcus Johansson, dimanche, qui a confirmé la tenue de cette série revanche face aux champions en titre de la coupe Stanley. Les deux clubs s'affronteront au deuxième tour des séries pour une deuxième année d'affilée et le gagnant devrait de nouveau être considéré comme le favori pour représenter l'Est en finale.
C'est aussi un affrontement entre les deux meilleures équipes de la LNH cette saison : les Capitals ont gagné le trophée des Présidents avec 118 points, tandis que les Penguins en ont obtenu 111.
«Nous savons à quel point ils sont bons, a rappelé l'entraîneur-chef des Capitals, Barry Trotz. Ils nous ont éliminés l'an dernier, alors nous avons une chance de leur remettre la monnaie de leur pièce.
Pour la troisième fois de leur carrière, Ovechkin et Sidney Crosby, liés depuis leur entrée dans la LNH en 2005, s'affronteront en séries. Les Penguins ont remporté les deux précédentes occasions, en 2009 et l'an dernier. Les deux fois, ils ont ensuite gagné la coupe.
Le test de Toronto
Tout comme l'an dernier, les Capitals ont eu un bon test au premier tour, bien que cette fois-ci, c'est davantage la vitesse des Leafs que le jeu physique des Flyers de Philadelphie qui les a fait damner.
«Ils ont donné tout ce qu'ils avaient et nous avons dû travailler fort pour l'emporter, a déclaré Johansson. Nous sommes prêts pour les Penguins. Nous sommes excités et avons hâte que la série commence. Nous avons travaillé toute l'année pour nous retrouver dans cette position. Maintenant, nous y sommes.»
Pendant ce temps, les Penguins sont sortis de leur série de cinq matchs plutôt sans dommage, en grande partie puisque la blessure au bas du corps subie par le gardien Matt Murray avant le premier duel a été reléguée aux oubliettes par les performances de Marc-André Fleury.
De nouveau finaliste à l'obtention du trophée Vézina après une brillante saison, le gardien Braden Holtby a offert une prestation inégale face aux Leafs. Mais il a su rebondir, n'accordant que deux buts lors des deux dernières rencontres.
«On dit toujours de s'attendre à l'inattendu et on doit se le répéter en ces occasions et réagir, a indiqué Holtby. Ne tentez pas de deviner ce qui s'en vient, réagissez.»
Le jeu des jeunes Leafs a surpris tout le monde, même si cela n'aurait pas dû être le cas. Finaliste à l'obtention du trophée Calder, Auston Matthews a marqué quatre buts, tandis que la défensive est sortie grandie de toute la pression appliquée par les Capitals.
La vitesse des Leafs aura été un bon test pour les Capitals avant de faire face aux Penguins, qui avaient utilisé cet aspect pour éliminer Washington en six matchs en 2016. Même s'ils ne compteront pas sur les services du défenseur Kristopher Letang, les Penguins savent déplacer la rondelle et ils pourraient retrouver le vétéran Chris Kunitz.
«On va se concentrer et relaxer, a lancé Ovechkin. En même temps, on sait que les Penguins s'en viennent en ville et que ce sera complètement fou.»
Les Leafs savaient qu'ils auraient plus de succès que prévu
Les Leafs ont finalement amassé 26 points de plus au classement que l'an dernier.
Morgan Rielly et ses coéquipiers des Maple Leafs savaient quelque chose que personne ne savait quand ils ont tenu leur souper d'équipe avant le début de la saison régulière.
«Nous savions que nous allions être meilleurs que ce que les gens croyaient et je crois que les entraîneurs le savaient également, a dit Rielly. Nous nous sommes assurés de ne pas laisser savoir quelles étaient nos attentes, parce qu'elles étaient élevées et nous ne voulions pas que les gens le sachent. Nous voulions qu'ils se créent leur propre opinion.»
Les Leafs ont finalement amassé 26 points de plus au classement que l'an dernier et poussé les Capitals de Washington, les gagnants du trophée des Présidents, à livrer six matchs serrés - cinq en prolongation - au premier tour éliminatoire.
L'équipe a dépassé les attentes placées en elle tout au long de la saison. Ces attentes sont nées de la tenue des recrues au camp d'entraînement, et même avant cela dans le cas d'Auston Matthews, qui a joué en compagnie de Rielly avec Équipe Amérique du Nord à la Coupe du monde. Il a ensuite marqué quatre buts en 22 minutes à son premier match en carrière dans la LNH. Matthews est devenu le sixième adolescent de l'histoire de la LNH à marquer 40 buts.
Si Mike Babcock avait une bonne idée de la façon dont répondrait Matthews, il ne savait ce que ses autres recrues allaient lui donner. Mais l'entraîneur-chef a rapidement pris conscience de ce qu'il avait sous la main.
Place aux recrues
Il n'a pas hésité à donner la place d'un vétéran à une recrue dans le cas de Connor Brown, qui a rapidement remplacé Milan Michalek. Il a aussi très tôt confié l'une des deux places sur la première paire de défenseurs à Nikita Zaitsev. Le Russe de 25 ans a été le défenseur le plus utilisé cette saison.
Babcock a aussi utilisé plusieurs recrues en désavantage numérique : Zach Hyman est l'attaquant ayant joué le plus de temps en moyenne en désavantage numérique au sein du circuit Bettman cette saison. C'est ce mélange efficace de recrues et de vétérans qui devrait faire en sorte que Babcock soit finaliste à l'obtention d'un premier trophée Jack-Adams.
«Plusieurs ont cru que nous ne pourrions pas gagner en raison de notre âge. Dans ce vestiaire, on ne porte pas attention à ces commentaires, a dit Rielly. Quand vous regardez le talent des joueurs et à quel point nous avons un bon entraîneur et les systèmes que nous avons mis en place, je crois que personne ne pouvait nous dire ce que nous pouvions faire ou ne pas faire.»
Après le sixième match contre les Capitals, le vestiaire respirait à la fois la déception et l'optimisme. James van Riemsdyk a justement noté que les Leafs ne surprendront plus personne l'an prochain et que les attentes seront plus élevées. Les Leafs ne seront plus jugés exclusivement sur une participation en séries. On s'attendra à ce qu'ils gagnent une ronde ou deux. Bientôt, les attentes ne seront rien de moins qu'une Coupe Stanley.
«Nous avons des ambitions, des buts à atteindre, a dit Rielly. Ça n'arrivera pas en un an, peut-être pas deux non plus : ça prend du temps. Ça prend également un important engagement. Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir, mais nous devons être fiers du chemin parcouru jusqu'ici. Nous sommes dans la bonne direction. Il suffit de garder le cap.»  La Presse canadienne