L'équipe suédoise célèbre sa victoire au grand désarroi des Canadiennes.

Les Canadiennes éliminées de la Coupe du monde de soccer

PARIS — Le parcours des Canadiennes au Mondial s’est terminé en huitièmes de finale, lundi, le pays se voyant battu 1-0 par la Suède.

Classé cinquième, le Canada espérait cheminer bien davantage. Un niveau de finition clinique a manqué face à la Suède, qui est classée neuvième.

Le tournoi n’a duré que quatre matchs pour les Canadiennes, avec deux défaites contre des équipes moins bien classées.

«Celle-là (lundi) va faire mal, parce que nous avons si bien joué, a dit la capitaine de l’équipe Christine Sinclair, âgée de 36 ans. Et nous avions l’équipe pour aller plus loin dans le tournoi, alors c’est décevant.»

Le match a été disputé devant 38 078 personnes au Parc des Princes, ou il y a 45 600 sièges.

Stina Blackstenius a marqué à la 55e minute en contre-attaque, après un revirement commis par Janine Beckie.

Kosovare Asllanni a envoyé un centre que la défenseure Shelina Zadorsky n’a pas pu atteindre. La gardienne Stéphanie Labbé est sortie, mais Blackstenius a poussé le ballon en terre promise juste à temps.

Après le but, Adriana Leon a remplacé Nichelle Prince par souci de générer plus d’attaque.

Une tête de Sophie Schmidt a raté, mais une reprise a montré une main de la Suède plus tôt, sur un tir de Desiree Scott.

L’arbitre Kate Jacewicz a donc alloué un penalty. Beckie s’est élancée et a réussi un bon tir, mais Hedvig Lindahl l’a frustrée avec un plongeon à sa droite.

«J’ai l’impression d’avoir laissé tomber l’équipe, c’est ce que je ressens en ce moment, a dit Beckie. Frustrée, déçue et toutes les émotions négatives.»

«La gardienne a fait un arrêt de très haut calibre et il faut lui lever notre chapeau», a dit Sinclair.

Les temps d’arrêts ont duré plus de huit minutes, mais la Suède a résisté.

«Avez-vous vu le meilleur niveau de jeu du Canada? Peut-être pas durant tout le match, a dit l’entraîneur des vaincues, Kennett Heiner-Moller. Je pense que vous avez vu un très bon club canadien pendant un bon bout de la rencontre. Mais peut-être pas le meilleur niveau que nous pouvons offrir.»

La confrontation opposait des médaillées des Jeux de Rio il y a trois ans. La Suède y a perdu en finale, tandis que le Canada a obtenu le bronze.

Samedi à Rennes, les Suédoises vont jouer contre les médaillées d’or de Rio, les Allemandes.

La vitesse de Prince et Beckie semblait encourageante au départ, mais les occasions restaient rares.

Les Suédoises se limitaient à des contre-attaques en cas de bourde canadienne, alignant parfois six défenseures.

Labbé a bien fait à la 36minute, s’élevant dans une surface encombrée pour repousser avec conviction un corner.

Le Canada a contrôlé le ballon 61 % du temps en première demie, sans tirer, par contre. La Suède a dirigé trois ballons vers le but adverse.

Deux minutes avant le but de Blackstenius, Sinclair a été imprécise sur un coup franc de longue distance.

Suédoises bien reposées

Les Suédoises étaient bien reposées, ayant fait sept changements en comparaison avec leur dernier match en phase de groupe. L’entraîneur Peter Gerhardsson n’a retenu que six partantes de ce match.

Le Canada a amorcé le Mondial en battant le Cameroun 1-0 et la Nouvelle-Zélande 2-0, avant de s’incliner 2-1 devant les Néerlandaises, huitièmes au monde.

Le Parc des Princes abrite le Paris Saint-Germain. Inauguré en 1897, le stade actuel remonte à 1972. Il a été rénové pour la Coupe du monde de 1998, puis en vue de l’Euro 2016.

+

RAPINOE DONNE RENDEZ-VOUS À LA FRANCE

Megan Rapinoe (15) n’a cessé de poser des problèmes à la latérale droite espagnole Marta Corredera.

REIMS — La capitaine américaine Megan Rapinoe a inscrit un doublé lundi face à l’Espagne (2-1) pour envoyer les États-Unis en quarts de finale de la Coupe du monde féminine de football, où les tenantes du titre défieront la France, le pays hôte.

La milieu offensive a d’abord ouvert le score sur penalty en tout début de match (7e), avant de récidiver en fin de rencontre, toujours sur penalty, pour libérer des Américaines chahutées par de courageuses Espagnoles (75e).

La joueuse de Seattle, qui honorait sa 156e sélection, a ainsi marqué ses 46e et 47e buts avec la Team USA.

«Ce match a été une bonne expérience pour nous. Nous avons eu plus de pression, plus de stress, c’était intense et il y avait beaucoup d’engagement», a-t-elle souligné.

Megan Rapinoe, qui fêtera ses 34 ans la semaine prochaine, a encore prouvé son importance pour l’équipe américaine, qui pour la première fois du Mondial-2019 n’a pas été souveraine, à quelques jours du duel tant attendu contre les Bleues, vendredi soir au parc des Princes.

«C’est le match que tout le monde attend, je suis sûre que ce sera un match incroyable. Nous sommes impatientes de le disputer», a déclaré la Californienne au sujet de cette finale avant l’heure.

La capitaine, à l’origine de la procédure en justice des joueuses contre la Fédération américaine de soccer pour obtenir l’égalité des salaires hommes/femmes et mettre fin aux discriminations, avait déjà obtenu une petite victoire il y a quelques jours avec l’annonce d’un accord de médiation entre les deux parties pour éviter un procès.

Libérée de ce fardeau, elle a produit son meilleur soccer sur la pelouse du stade Auguste-Delaune et a porté son équipe sur ses épaules, avec l’autre milieu Rose Lavelle.

Megan Rapinoe n’a cessé de poser des problèmes à la latérale droite espagnole Marta Corredera et a distillé quelques superbes passes, comme cette ouverture magnifique pour Tobin Heath dans les dernières minutes (88e).

Elle aurait même pu inscrire d’autres buts dans le jeu, à l’image de cette frappe en angle fermé détournée in extremis par la gardienne espagnole (13e), d’une nouvelle tentative passée de peu à côté (35e), ou encore d’un subtil tir de l’extérieur du pied qui a flirté avec la lucarne de l’Espagne (79e).

Sang-froid

Comme à son habitude, la championne olympique 2012 et championne du monde 2015 a boycotté l’hymne national, en soutien au mouvement lancé par le joueur de football américain Colin Kaepernick en 2016 pour protester contre les violences policières visant les Noirs.

Elle n’a ni chanté ni mis sa main sur le cœur, au contraire de ses 22 équipières. Mais ça ne l’a pas empêchée de sortir son équipe d’un mauvais pas en inscrivant les deux penaltys obtenus par la Team USA.

Elle ne devait d’ailleurs pas tirer le second puisqu’Alex Morgan, la buteuse vedette des États-Unis, pas du tout inspirée lundi, avait placé le ballon, avant que l’arbitre n’aille consulter la VAR.

Mais après plusieurs minutes d’attente, c’est finalement Megan Rapinoe qui s’est présentée devant Sandra Panos pour la battre une seconde fois, avec beaucoup de sang-froid. Les Bleues sont prévenues...