Si les arts martiaux mixtes ont l’air plus violents, c’est en partie à cause des coupures plus fréquentes, estime le promoteur Stéphane Patry.

Les arts martiaux mixtes «plus sécuritaires» que la boxe?

Il sait que son sport n’est pas à l’abri d’un drame comme celui qui a envoyé Adonis Stevenson dans le coma. Mais le promoteur Stéphane Patry croit dur comme fer que les arts martiaux mixtes sont «plus sécuritaires» que la boxe et avance même que les règles de son sport auraient sauvé l’ex-champion du monde.

«Dans notre sport, quand un athlète tombe ou n’est plus là, l’arbitre arrête le combat. À la boxe, c’est un compte de huit. Si on élimine le compte de huit à la boxe, Adonis aurait perdu par K.-O. au troisième round et on ne serait pas dans la position actuelle», a fait valoir le patron de l’organisation TKO, vendredi, en marge d’un point de presse annonçant le gala d’arts martiaux mixtes du 8 février au Centre Vidéotron de Québec.

Là même où il y a deux semaines, Stevenson a subi un K.-O. dévastateur au 11e round qui le mène depuis à lutter pour sa vie.

«Ce soir-là, Adonis a eu au moins deux ou trois commotions cérébrales durant le combat», souligne Patry. «Sa chute au troisième round n’était pas une glissade», mais la conséquence directe d’un coup de poing de l’adversaire.

La reprise télé démontre que malgré un signe contraire de l’arbitre Michael Griffin, le Québécois a bel et bien été expédié au plancher à la troisième reprise par une droite.

«Il n’y a pas de mot d’ordre auprès de nos arbitres d’arrêter les combats plus tôt à cause de ce qui s’est passé avec Adonis», assure par ailleurs Patry. «Le mot d’ordre avec la Régie [des alcools, des courses et des jeux, l’organisme public qui supervise les sports de combat au Québec], c’est quand un combattant n’est plus capable de se défendre intelligemment, on arrête ça tout de suite. C’est tout.»

Si les arts martiaux mixtes ont l’air plus violents, dit Patry, c’est en partie à cause des coupures plus fréquentes, donc à cause du sang. Cela découle des coups de genoux et de coudes, mais aussi de l’utilisation de gants plus petits qu’en boxe, qui ne couvrent que le dessus de la main et les jointures.

Une roche

«On sous-estime les gros gants de boxe. Ils ne sont pas là pour protéger le visage qui reçoit, mais pour protéger la main qui frappe. Imagine-toi devant un mur de brique avec un gant de boxe dans une main et un gant d’arts martiaux mixtes dans l’autre. Avec quel gant vas-tu frapper le plus fort dans le mur? Avec ton gant de boxe», tranche le promoteur d’arts martiaux mixtes.

«Et nos combattants ont droit à deux fois moins de ruban qu’à la boxe autour de la main, sous les gants. La main d’un boxeur, une fois enrubannée, c’est une roche. Rapetisse les gants et enlève les comptes de huit à la boxe, tu as un sport beaucoup plus sécuritaire.»

Il rappelle lui-même son gala du 21 septembre au Centre Vidéotron, où Dany Mallette avait totalement dominé Guillaume Poulin. À un tel point que les observateurs ont trouvé le calvaire de Poulin trop long.

«Quand l’arbitre a arrêté le combat, j’étais déjà en train de parler avec Michel Hamelin [responsable à la Régie]. Si ça se rendait à la fin du deuxième round, je lui demandais d’arrêter le combat par le biais de son médecin. Mais ça arrive rarement», dit Patry.