Les Alouettes ont concédé pas moins de 502 verges aux Roughriders.

Les Alouettes trop généreux envers les Roughriders, qui l’emportent 34-29

Les deux premières passes de touché de Johnny Manziel dans la Ligue canadienne n’ont pas suffi. La tertiaire trop généreuse des Alouettes de Montréal a permis aux Roughriders de la Saskatchewan de se sauver avec une victoire de 34-29.

Zach Collaros a trouvé des brèches dans la défense des Alouettes (3-11) tout au long du match, amassant 294 verges sur 29 passes complétées en 41 tentatives. Il a lancé une passe de touché à Kyran Moore sur 22 verges. Tre Mason et Nick Marshall, deux fois, ont marqué les autres majeurs des Riders (9-5). Brett Lauter a complété la marque avec des placements de 35 et 22 verges.

Les Alouettes (3-11) ont concédé pas moins de 502 verges aux Roughriders - dont 186 sur 24 deuxièmes essais - contre seulement 187 au total. La défense des visiteurs a rejoint Manziel pas moins de cinq fois derrière sa ligne de mêlée. Il est surprenant que les Alouettes n’aient perdu que par un écart de cinq points.

Même s’il était plutôt satisfait après la rencontre, Manziel n’a complété que neuf de ses 16 passes pour 138 verges de gains, lançant des passes de touché à Adarius Bowman et Ernest Jackson. Antonio Pipkin et Stefan Logan, sur un retour de dégagement de 74 verges, ont permis aux Alouettes de demeurer dans ce match jusqu’à tard au quatrième quart.

Mais la tertiaire très généreuse des Alouettes a permis aux Riders de se sortir d’impasse sur de nombreux longs deuxièmes essais. L’unité défensive a joué mollement : plusieurs plaqués ont été esquivés, ou encore les défenseurs étaient traînés sur plusieurs verges avant que le jeu prenne fin.

«On a manqué trop de plaqués en défense et c’est vraiment ce qui a été la différence, a déclaré le secondeur Henoc Muamba. Je n’ai pas d’explication, sinon que l’on doit exécuter nos jeux de base. Il n’y a pas d’excuse.»

«Ça n’a sûrement pas aidé, a ajouté l’entraîneur-chef Mike Sherman au sujet de ces plaqués ratés. Que ce soit sur la course ou la passe, nous n’avons pas bien plaqué. C’était un problème que nous avions en début de campagne. Je croyais que nous avions mis ça de côté, mais il semble que ce soit revenu nous hanter (dimanche).»

Le botteur Boris Bede est aussi fautif : sa transformation d’un point raté a forcé les Alouettes à y aller pour deux points après le touché de Jackson, sans succès. Les Alouettes tiraient alors de l’arrière par... deux points. Lauter a porté cette avance à cinq points quelques instants plus tard avec son deuxième placement.

La défense avait pourtant permis aux Alouettes de prendre les devants. Jesse Joseph a provoqué une échappée en rejoignant Collaros derrière sa ligne de mêlée en début de rencontre. Ryan Brown a récupéré le ballon qui virevoltait dans les airs pour donner une excellente position aux Alouettes en zone des Roughriders. Après une passe à Jackson sur 25 verges et une course de Manziel, Pipkin a franchi la verge manquante pour faire 7-0 en faveur des locaux.

Avec la marque à 13-7 en faveur des Riders, Manziel a ensuite lancé sa première passe de touché sur un jeu spectaculaire, peut-être le plus beau des Alouettes cette saison. Après avoir remis le ballon, à William Stanback, ce dernier l’a laissé à B.J. Cunningham qui passait en sens inverse. Mais au lieu de poursuivre sur cette course inversée, Cunningham a remis le ballon à Manziel, qui a rejoint Bowman fin seul pour un jeu de 47 verges jusque dans la zone des buts. Un placement de Bede sur 17 verges sur la série suivante a même permis aux locaux de prendre les devants 17-13. Mais ça n’a pas tenu.

Les Riders ont ajouté 11 points avant la pause pour rentrer au vestiaire avec les devants 24-17 et ils menaient 31-17 après trois quarts.

Les Alouettes ont alors tenté une remontée, mais la transformation ratée de Bede s’est avérée très coûteuse, empêchant les Alouettes de créer l’égalité quelques jeux plus tard, après le touché de Jackson.

«On doit donner tout le mérite aux Riders pour cette victoire, a indiqué Sherman. Ils ont fait ce qu’ils devaient faire pour gagner. Nous avons suffisamment fait de bonnes choses pour gagner ce match, mais encore plus de mauvaises pour le perdre. Il n’y a que trois ou quatre jeux qui changent le cours d’un match. Vous voulez avoir ces jeux de votre côté, mais (dimanche), c’est la Saskatchewan qui s’est trouvée du bon côté.»

Bien que mathématiquement, elle soit encore dans la course aux éliminatoires, l’organisation montréalaise doit tourner son regard vers l’an prochain. Encore une fois.