Matthew Rusch aura marqué l’histoire des Aigles. En plus de quatre ans, il a remporté 31 victoires en plus du championnat de 2015.

Les Aigles retireront le numéro 22 de Matthew Rusch

Trois-Rivières — À tout seigneur tout honneur. Considéré comme le meilleur lanceur de l’histoire de la jeune organisation, Matthew Rusch recevra l’ultime distinction, celle du retrait de son chandail numéro 22 par les Aigles de Trois-Rivières. La cérémonie aura lieu le 22 août, avant la partie contre les Miners de Sussex County.

Mis au courant de la démarche par le directeur général René Martin et le président de l’équipe Marc-André Bergeron il y a quelques mois, Rusch accueille la nouvelle avec joie... et sérénité.

«C’est fantastique, c’est tout un honneur! On ne joue pas au baseball pour ça, mais je suis tellement reconnaissant envers les Aigles pour ce geste. J’ai adopté la région depuis mon arrivée ici en 2014. J’ai passé cinq belles saisons avec l’équipe. Quand René et Marc-André m’ont parlé du projet, je n’en revenais pas! Je n’aurais jamais cru, à mes débuts, que ça allait aboutir au retrait de mon numéro. Ça fait longtemps que je le sais, je suis heureux de pouvoir enfin le partager avec ma famille et mes amis.»

Rusch a remporté 31 victoires dans l’uniforme des Oiseaux, qu’il a défendu de 2014 à 2018. Au passage, il aura savouré l’improbable championnat de 2015, acquis au New Jersey un après-midi de septembre. En 2016, Rusch avait atteint le prestigieux plateau des 1000 retraits au bâton en carrière, une carrière qui s’est échelonnée sur une quinzaine d’années et qui se poursuit dans la Ligue de baseball majeur du Québec, dans le baseball semi-pro, avec les Cascades de Shawinigan.

Au final, l’Américain originaire de Rotterdam, dans l’État de New York, a conclu son passage chez les pros avec 1134 retraits au bâton et 350 parties, dont 170 départs, principalement dans le baseball indépendant. Il aura maintenu une bonne moyenne de points mérités, à 3,56. Ce que peu de gens savent, c’est qu’il a lancé à Trois-Rivières avant d’enfiler le chandail rouge des Aigles. En 2011, il faisait partie des Capitales de Québec, qui étaient venus disputer une série de matchs à Trois-Rivières afin de mousser le produit de la Ligue Can-Am. Deux ans plus tard, c’est en tant que membre des Goldeyes de Winnipeg qu’il affrontait les Aigles, lors de la saison inaugurale de ces derniers.

En plus de briller sur le monticule, Rusch a toujours été considéré comme un gentleman. Il était l’entraîneur des lanceurs des Aigles avant son départ de l’organisation, l’hiver dernier. Ses derniers moments avec les Aigles en 2018 auront été déterminants: même s’il ne figurait plus dans les plans en tant que lanceur partant, il aura su dépanner son club en se pointant dans la mêlée en quelques occasions. On se souviendra notamment de son brio lors de la demi-finale, contre les Miners.

Matthew Rusch avait été présenté aux membres de la presse, en février 2014.

«Pour moi, les Aigles ont toujours été comme une deuxième famille. Le championnat de 2015 demeure mon plus beau souvenir avec Trois-Rivières. J’ai eu la chance d’évoluer aux côtés de joueurs qui sont encore des amis.»

Il cite entre autres Javier Herrera et Steve Brown, en plus de quelques membres de la cuvée actuelle, comme les lanceurs Chris Murphy et Kevin McNorton. «Je suis toujours en contact avec eux et je souhaite que les Aigles continuent à accumuler les succès.»

Un Trifluvien

On a souvent entendu, dans les dernières années, que Herrera et Rusch étaient les plus Trifluviens des joueurs des Aigles, puisqu’ils ont choisi de vivre en Mauricie. Le premier travaille maintenant pour les Athletics d’Oakland dans le baseball affilié, tandis que Rusch passe son été entre Trois-Rivières et Shawinigan, où il dirige ses Cascades, qui connaissent un excellent départ. Depuis 2014, il a aussi appris à maîtriser le français.

«Je n’ai pas pris le chemin le plus facile, mais je suis heureux d’où je suis rendu aujourd’hui. Je sens que je fais partie de la communauté.»

Les Aigles en sont également persuadés. «Nous en sommes à notre septième saison et nous savons que la stabilité est difficile au niveau du baseball indépendant. Auprès des membres de notre organisation, c’était unanime, le chandail de Matthew devait être retiré. Que ce soit au niveau de ses performances sur le terrain ou de son implication dans la communauté, il aura marqué à jamais les amateurs de baseball en Mauricie», souligne René Martin.

Encore du gaz!

Ce n’est pas parce que les Aigles retirent son chandail que Matthew Rusch est un retraité. En date de lundi, il dominait les lanceurs de la Ligue de baseball majeur du Québec pour le nombre de victoires (6) et de retraits au bâton (69). Il y a quelques jours, il a même réalisé un match sans point ni coup sûr, frôlant la perfection au passage!

«J’ai attendu 15 ans pour obtenir un match sans point ni coup sûr», souriait le principal intéressé. Heureusement, les Aigles n’auront pas attendu aussi longtemps pour l’élever au statut de légende de l’équipe.