Les auteurs Robert Ferland (à gauche) et Denis Angers
Les auteurs Robert Ferland (à gauche) et Denis Angers

Les 100 ans du club Lorette: l’histoire à travers l’histoire racontée

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Le club de golf Lorette célèbre cette année son 100e anniversaire. Robert Ferland et Denis Angers ont donc profité de l’occasion pour publier Le siècle du Lorette, une histoire dans l’histoire, un ouvrage de 147 pages lancé mercredi. Mais pourquoi publier un livre sur l’histoire du club en 2020 alors qu’un bouquin sur le même sujet avait été publié en 1995 se demanderont certains?

«Parce que ça faisait 25 ans», a lancé Denis Angers, le coauteur. «Il manquait 25 années importantes. Le centenaire d’un club de golf dans la région de Québec c’est rare. Les clubs Orléans à Sainte-Pétronille (1868) et le Royal Québec (1874), qui a commencé sur les Plaines d’Abraham puis qui est allé du côté ouest de la Rivières Montmorency avant de s’installer à Boischâtel, ont célébré cet anniversaire mémorable. Et le Lorette, fondé en 1920 au lendemain de la Première Guerre mondiale, le premier club canadien français, fête le sien cette année.»

Angers a expliqué qu’avec ses photos Le siècle du Lorette était un ouvrage beaucoup plus riche que celui qui avait été réalisé il y a 25 ans. Il a ajouté que la qualité de l’édition, de la photographie et de la mise en page en faisait un bouquin plus contemporain. «Un livre, c’est un legs durable». 

Contrairement à celui qui avait été publié il y a 25 ans, le bouquin lancé mercredi ne se contente pas de raconter l’histoire du club Lorette. Tout au long de l’ouvrage, celle-ci a été inscrite dans la réalité de l’époque, les événements marquants sur la scène régionale, provinciale, nationale et même mondiale ayant souvent des répercussions sur le club. 

«Nous avons pu lire tous les procès-verbaux des conseils d’administration du club à partir de 1920. Robert Ferland, le coauteur, a fait un travail extraordinaire au niveau de l’histoire du club. Mon but, ç’a été de situer l’époque. Il y a 10 chapitres dans le livre et chacun traite d’une décennie. On part de la fin de la Première Guerre mondiale, on continue ensuite avec la grande dépression, la Seconde Guerre mondiale, le baby-boom d’après-guerre, la Révolution tranquille, l’arrivée des stars du golf à la télé, etc. 

«Au fil de la lecture les gens vont être capables de non seulement apprendre des affaires sur le Lorette, comme quand Scott Hoch et Moe Norman y ont joué, ce dernier s’étant choqué parce que les gens le suivaient de trop près, mais ils vont aussi savoir, par exemple, que telle année est l’année de la création de la communauté urbaine de Québec. Faire l’histoire dans l’histoire, c’est comme un miroir à deux faces.»

Le livre <em>Le siècle du Lorette, une histoire dans l’histoire</em>

Plusieurs anecdotes

Grâce à ses recherches, Angers a aussi pu enrichir son ouvrage d’anecdotes qui feront assurément sourire. Qu’il suffise de penser à l’installation de fil de fer sur le terrain afin d’empêcher les vaches de piétiner les verts à ce règlement qui interdisait quiconque qui trouvait une balle perdue de la revendre. La personne coupable d’un tel geste risquait l’expulsion du club. Et aussi à l’inventaire du club en 1923 qui était constitué de deux pelles, d'un pic, d'un rouleau et d'un cheval.

«Il y a aussi une période pendant laquelle le club manquait un peu d’argent. Les dirigeants avaient alors acheté un gramophone pour faire des soirées dansantes. Le curé de Loretteville avait menacé un père parce qu’il pensait que les soirées dansantes étaient une occasion de rapprochements illicites entre personnes de sexes différents. Le club a aussi reçu la visite du gouverneur général. Et en 1964, quand le club est passé de neuf à 18 trous, le premier coup frappé sur le Lorette 18 trous l’a été par le premier ministre Jean Lesage.»

Angers a conclu en disant qu’il avait eu beaucoup de plaisir à travailler sur Le centenaire du Lorette, une histoire dans une histoire. Il a ajouté que les membres de la direction étaient très fiers de l’ouvrage qui a été édité à 500 exemplaires.