Bob Lord pose fièrement avec l'ancêtre de la Coupe Allan, qu'il a retrouvé 41 ans après sa disparition.

L'épopée de la coupe retrouvée

Si chaque coupe a ses péripéties, celle-ci n'a rien à envier à la Coupe Stanley. Ce trophée plus que centenaire disparu pendant plus de 40 ans a été sauvé de la fonderie où voulait l'expédier un itinérant en mal de quelques dollars.
C'est grâce à Bob Lord si cette coupe intercontinentale, aussi appelée trophée St. Lawrence Amator Hockey et ancêtre de la Coupe Allan, brillait de tous ses éclats, samedi, lors du premier rendez-vous public de la nouvelle Société d'histoire du sport de la capitale nationale, à l'Université Laval.
Il y a une dizaine d'années, ce technicien en loisir à la retraite a, par le plus grand des hasards, retracé la magnifique pièce qui trônait dans le hall d'entrée durant ses années comme élève à l'école supérieure Sacré-Coeur de Grand-Mère.
Était-ce les reflets étincelants de l'argent sterling bien poli ou le symbole ostentatoire de la victoire? Le jeune Lord en était resté fort impressionné. Assez pour la chercher 41 ans plus tard. Un jour, un type avec qui il faisait du ski de fond lui a dit : «Je sais où elle est!»
Il l'a retrouvée en trois morceaux, entre les mains d'un sans-abri de Montréal en passe de la vendre à un ferrailleur. Lord a mis un mois à convaincre la famille de l'homme du bien-fondé de sa requête, puis 2000 $ pour lui refaire une beauté.
Lord est président du Grenier du sport, une fondation de Shawinigan dédiée à la protection et la mise en valeur du patrimoine sportif québécois. La coupe a été disputée entre les équipes semi-professionnelles rattachées aux entreprises papetières du Québec durant cinq saisons, de 1909-1910 à 1913-1914. Après Grand-Mère quatre fois, le nom des derniers champions reste d'ailleurs encore à ce jour à être gravé.
Sa valeur en argent n'est pas connue. Le Temple de la renommée du hockey, à Toronto, aimerait bien mettre la main dessus. En 2012, lors du tournoi de la Coupe Memorial à Shawinigan, on a pris sa photo en compagnie de la Coupe Stanley.
Le Grenier du sport possède des centaines de pièces historiques dans plus de 30 disciplines, comme une ancienne resurfaceuse à patinoire, un des premiers canots à glace de course, une raquette et un bâton de golf plus que centenaires.
Du Napoléon au Rocket
Samedi, l'atrium du pavillon Desjardins était rempli d'artéfacts sportifs, certaines plus précieux que d'autres. Jean-Louis Drolet, de Charlesbourg, montrait une affiche de la saison 1907-1908 du club Napoléon de Lévis de la Ligue de baseball de la cité et du district de Québec inc., ainsi qu'un calendrier et le contrat de joueur d'un certain Harry Brennan pour la saison 1927 de ce même club.
Collectionneur depuis 30 ans, Drolet détient entre autres une boîte vide du tabac à chiquer Mayo's de 1878, où l'on retrouvait les premières cartes de baseball; une canne de soupe aux tomates Campbell à l'effigie de Maurice Richard, pied de nez au président de la LNH Clarence Campbell qui en suspendant le Rocket avait provoqué l'émeute du 17 mars 1955, au Forum de Montréal; le programme d'un match présenté au Colisée en 1946 entre les As de Québec de la Ligue senior du Québec et le Canadien de Montréal, de la LNH.

Lindros fait (encore) pleurer

Quelques dizaines d'amateurs étaient venus entendre les anciens journalistes Maurice Dumas et Réal Labbé, du Soleil, ainsi que Gérard Potvin, de Radio-Canada, parler du futur, mais surtout du passé sportif de Québec. À la troisième des quatre conférences de cette toute première journée publique organisée par la nouvelle Société d'histoire du sport de la capitale nationale, deux petits jumeaux vêtus des chandails des frères Sedin prenaient place dans la salle. Dans cette version locale de la ligue du vieux poêle, il a été question des grands athlètes amateurs que la région a portés, de Jeux olympiques, des Capitales, du Rouge et Or et, bien sûr, des Nordiques. Le nom d'Eric Lindros a été évoqué et c'est à ce moment précis que l'un des deux mignons blondinets a choisi pour exploser en sanglots. Ça ne s'invente pas! Pour celui qui a souvent été traité de bébé à Québec, il n'y a pas de hasard.