Bettman avait admis qu'il «commençait à manquer de temps» afin de trouver une solution pour garder l'équipe en Arizona.

L'entente pour garder les Coyotes en Arizona pourrait être invalidée

On croyait que c'était terminé. Mais voilà qu'un nouveau rebondissement est survenu à Glendale mardi. Des discussions entourant la conclusion de l'entente pour garder les Coyotes en Arizona violaient la loi, soutient le maire. Si le procureur général de l'État lui donne raison, la transaction pourrait être invalidée. Nouvelle bataille en vue.
Le matin du 3 juillet 2013, Québec avait la mine basse. La veille, le conseil municipal de Glendale avait approuvé une entente de 225 millions $ pour 15 ans avec le groupe Renaissance Sports and Entertainment d'Anthony LeBlanc et George Gosbee qui oeuvre sous le nom d'IceArizona. Cela scellait le sort des Coyotes de Phoenix, aujourd'hui rebaptisés Coyotes de l'Arizona, qui continueraient de jouer sous le chaud soleil du désert. Les amateurs de hockey de la capitale avaient longtemps espéré que la Ligue nationale de hockey (LNH) se lasse d'encaisser des pertes dans le sud et déménage le club sous des latitudes plus nordiques.
Voilà qu'un an plus tard, le dossier prend une nouvelle tournure. Le maire de Glendale, Jerry Weiers, s'est adressé au procureur général de l'État de l'Arizona, demandant une enquête sur une rencontre qui a eu lieu quelques jours avant la conclusion de l'entente entre Glendale et IceArizona et qui, selon lui, violait la loi d'Open Meeting. Cette loi prévoit que tout rassemblement d'élus qui respecte le quorum et où des affaires publiques sont discutées doit être ouverte à tous et annoncée 24 heures d'avance.
Or, selon un courriel rendu public mardi par le Arizona Republic, trois conseillers ont eu des discussions avec l'avocat d'IceArizona, Nick Woods, et un conseiller en a été tenu informé par courriel quatre jours avant le vote. Cela représente la majorité du groupe d'élus composé de sept membres. Même si les pourparlers ont eu lieu au téléphone ou par courriel, ils sont soumis à la loi.
Ce sont aussi les quatre mêmes conseillers qui ont voté en faveur de l'entente le 2 juillet. Il s'agit de Gary Sherwood, Manny Martinez, Yvonne Knaack et Sam Chavira. Le maire, Jerry Weiers, et les conseillers Norma Alvarez et Ian Hugh, avaient quant à eux voté contre.
Selon M. Weiers, les élus ont affaibli la Ville en transmettant au groupe d'acheteurs des informations sensibles. «C'est une violation claire. La rencontre est illégale sur plusieurs points. C'est comme jouer au poker et montrer toutes tes cartes à ton adversaire», a-t-il dit au Arizona Republic. M. Weiers n'a pas rappelé Le Soleil.
Sherwood se défend
Gary Sherwood, qui selon le courriel semble être l'instigateur de la rencontre, s'est défendu d'avoir violé la loi, mardi lors d'une entrevue téléphonique au Soleil. «Il n'y a absolument rien là!» lance-t-il, blâmant le maire et l'accusant de mettre la Ville dans l'embarras sur plusieurs dossiers depuis son élection. «Nous sortons d'une période économiquement difficile et maintenant, nous allons bien. Mais nous avons un conseil divisé.»
Si le procureur général statuait que les élus ont agi illégalement, l'approbation de l'entente avec les Coyotes serait annulée. Le conseil aurait alors 30 jours pour ratifier l'entente de nouveau, en séance publique.
Gary Sherwood est convaincu que cela n'arrivera pas. «Vous devrez chercher du côté d'une autre ville pour avoir votre équipe!»
«Il n'y a pas eu de violation de la Open Meeting Law. Le procureur général a eu tellement de plaintes des mêmes personnes de Glendale que, selon moi, il ne leur accordera pas la moindre attention. Mais s'il choisit de déclencher une enquête, je l'accueillerai favorablement, parce que nous pouvons prouver facilement qu'aucune rencontre n'a eu lieu.»
L'entente prévoit que la Ville de Glendale versera 15 millions $ par année pendant 15 ans à IceArizona pour qu'elle gère le Jobing.com Arena. Un montant qu'elle a consenti en 2013. En contrepartie, l'entreprise s'engageait à refiler à la Ville 6,8 millions $ annuellement en revenus de taxes et de stationnement. Une promesse qu'elle n'a pas remplie l'an dernier puisque seulement
4,4 millions $ ont abouti dans les coffres municipaux. Les Coyotes ont terminé au dernier rang de la Ligue en ce qui concerne l'assistance moyenne aux matchs à domicile, avec seulement 13 775 spectateurs (voir l'autre texte).
Des chiffres qui n'inquiètent pas le conseiller Sherwood. L'équipe n'a eu qu'un an pour se roder depuis l'arrivée de ses nouveaux propriétaires. Une année olympique, en plus, souligne-t-il. «Nous sommes surtout déçus du rendement des événements autres que le hockey dans le Jobing.com Arena. Nous espérions en avoir 22 à 24 et je pense que nous en avons accueilli sept.» Les propriétaires investissent beaucoup dans le marketing et les ventes et les résultats se feront sentir dans les prochaines années, soutient-il.
Pire moyenne de spectateurs
Le maintien des Coyotes à Glendale n'a pas créé l'enthousiasme espéré. Pour la saison 2013-2014, l'équipe a cumulé la pire moyenne de spectateurs lors de ses matchs à domicile - et même sur la route -, en plus d'afficher le deuxième pire taux d'occupation de son amphithéâtre dans toute la Ligue nationale de hockey.
Les chiffres sont tels que les opposants au maintien des Coyotes en Arizona continuent de déplorer leur présence, un an après l'achat du club par un groupe mené par le Montréalais Anthony Leblanc.
En 41 matchs la saison dernière, l'équipe a enregistré un taux d'occupation de 80,4 % du Jobing.com Arena, le deuxième plus faible du circuit après celui des Stars de Dallas (79,1 %). Toujours selon les données compilées par le site d'information sportive ESPN, les Coyotes ont attiré en moyenne 13 775 spectateurs. Le Jobing.com Arena peut en accueillir 18 300. Sur la route, les matchs impliquant les Coyotes ont été les moins courus, avec une moyenne d'un peu plus de 16 800 amateurs. Reste que plus de gens de l'extérieur de Glendale ont vu les Coyotes que l'inverse.
À titre comparatif, les Jets de Winnipeg, avec un amphithéâtre de 15 000 sièges, ont fait salle comble tous les soirs de match. À Chicago, le taux d'occupation pour la dernière saison a été de ... 117 %.
Pour le conseiller municipal Ian Hugh, la Ville de Glendale serait plus gagnante si le Jobing.com Arena, domicile des Coyotes, était tout simplement cadenassé. «J'aimerais que nous puissions faire de l'argent [avec l'amphithéâtre et l'équipe], s'exclame-t-il au bout du fil, joint par Le Soleil. «Mais nous perdons de l'argent.» Il ne voit actuellement pas comment quelconque investissement peut être rentable pour Glendale. La Ville s'est engagée à verser 225 millions $ aux acquéreurs sur 15 ans pour la gestion du Jobing.com Arena, prenant ainsi une part du risque pour conserver du hockey dans cette partie du désert. 
Le conseiller Manny Martinez, qui a quant à lui voté en faveur du maintien des Coyotes, a admis au Soleil que la première année n'a pas donné les résultats souhaités. Il dit en avoir discuté avec IceArizona, le groupe de M. Leblanc, maintenant. «Nous aurions aimé que ce soit mieux pour la première année», ont-ils conclu. Mais M. Martinez ne regrette pas son choix. «C'est une première année. Je suis optimiste malgré tout. Nous aurons une meilleure idée de la situation après la deuxième année».
Les meilleures années des Coyotes remontent aux saisons 2006-2007 et 2008-2009, où le taux d'occupation atteignait 85 %.