David Lemieux a été dominant face à un Karim Achour coriace samedi soir au Centre Vidéotron.

Lemieux domine Achour

David Lemieux n’était pas juste trop lourd à la pesée. Samedi soir, dans le ring du Centre Vidéotron de Québec, il était trop fort pour Karim Achour. Mais pas assez pour régler son compte en moins de 12 rounds.

Lemieux (39-4, 33 K.O.) a décroché la victoire à l’aide de pointages 119-108, 120-107 et 119-107 largement en sa faveur, après un affrontement où ses coups surpassaient autant en nombre qu’en puissance ceux d’Achour (26-5-3, 4 K.O.).

Même que le Français a posé les fesses au plancher au 12e round. Mais comme durant tout le combat, il a su se relever. «Chapeau à Achour, il a démontré beaucoup de cœur. Mais j’ai été dominant de A à Z. Je ne pense pas qu’il ait gagné bien des rounds», a analysé Lemieux, encore à chaud après sa victoire.

L’histoire de la pesée manquée par deux livres le poursuit. Il se montre toutefois moins affirmatif que son promoteur Camille Estephan, qui la veille disait ne plus vouloir le voir boxer dans la catégorie des poids moyens (160 lb). Sa santé en serait même menacée, selon le président d’Eye of the Tiger Management.

«Il faut que je travaille un peu de manière différente, mais je pense que ça se fait encore [à 160]. Au pire, à 168, on verra bien», a-t-il rétorqué. Un peu comme son entraîneur Marc Ramsay. Qui croit néanmoins que sa bataille contre la perte de poids l’a ralenti à partir du sixième round.

Lemieux n’a pas pu enfiler les ceintures WBC internationale et francophone d’Achour, à qui il a aussi remis 20% de sa bourse comme pénalité pour ne pas avoir respecté la pesée.

Achour mérite tout le respect du monde. Attaqué de tous côtés surtout en première moitié, il a entre autres décoché un clin d’œil au Québécois à la cloche annonçant la fin du sixième round, comme pour dire qu’il savait ce qu’il faisait.

Soulignons aussi les youyous à la façon berbère entendus des estrades, sorte de hululement traditionnel lancé en soutien à Achour et ses origines algériennes kabyles.

Lemieux se serait blessé une jointure de la main gauche à la toute fin du combat, rien de grave, et son épaule a bien tenue le coup. Son dernier knock-out remonte à plus d’un an, soit mars 2017 contre Curtis Stevens.

Le gala a attiré sur place 4282 amateurs. Malgré la notoriété de Lemieux et une meilleure carte, une foule très similaire aux 4216 spectateurs venus applaudir Simon Kean et compagnie au même endroit il y a sept semaines.

Une carte relevée

Le promoteur Estephan est néanmoins parvenu à faire taire les critiques entendues après son gala du 7 avril, son premier au Centre Vidéotron. Cette fois, Eye of the Tiger a offert une carte de qualité avec des adversaires de choix pour ses protégés et plusieurs combats captivants.

Mention spéciale au duel opposant le Montréalais d’origine kazakhe Batyr Jukembayev (13-0, 11 K.O.) à l’Argentin Jonathan Jose Eniz (20-10-1, 7 K.O.). Personne là-dedans n’économisait les coups.

Le Montréalais d'origine kazakhe Batyr Jukembayev et l’Argentin Jonathan Jose Eniz en action.

Après avoir visité le tapis au cinquième round, Jukembayev a finalement eu le dessus au septième pour mettre la main sur le titre continental des Amériques du WBC chez les 140 lb.

Le Néo-Écossais devenu Québécois Custio Clayton (15-0, 10 K.O.) a pour sa part conservé son titre international WBO et ajouté l’équivalent de l’IBF en infligeant une première défaite à l’Anglais Stephen Danyo (14-1-3, 6 K.O.). Douze rounds tactiques où Clayton a été l’agresseur la majorité du temps.

Thibault prend de l’expérience

Grand favori de la foule et de son Team Tibo bien audible dans les sections 106 et 107, Vincent Thibault (5-0, 2 K.O.) a eu raison de l’Argentin Carlos Jerez (45-22-4, 18 K.O.) au bout de six rounds. Un bagage précieux pour le gars de Charlesbourg contre un opposant expérimenté qui ne voulait ni gagner ni tomber.

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En ouverture de soirée, Sébastien Roy (4-0, 1 K.O.), de Thetford Mines, a aussi eu raison du Sherbrookois Patrick Lafleur (1-3-1, 1 K.O.) par décision unanime des juges. Comme Thibault, Roy est deux en deux au Centre Vidéotron.

Québécois de naissance ou d’adoption, les favoris locaux Raphaël Courchesne (3-0, 2 K.O.), Erik Bazinian (19-0, 14 K.O.), Saddridin Akhmedov (2-0, 2 K.O.) et Arslanbek Makhmudov (3-0, 3 K.O.) l’ont tous emporté avant la limite.

Raphaël Courchesne et Yvan Banach en plein combat

Le géant Makhmudov a mis 67 secondes pour soumettre son rival et Akhmedov à peine plus, 84 secondes. Dans le cas du dernier, auteur d’une violente gauche au foie, l’étoile montante de 20 ans a travaillé un grand total d’une minute et 55 secondes pour ses deux victoires jusqu’ici dans les rangs professionnels.

À surveiller absolument, le très prometteur Courchesne, 19 ans seulement, de Saint-Hyacinthe. Il cogne déjà très dur.

Venus s’établir à Montréal pour la boxe comme Jukembayev, Makhmudov et Akhmedov, Nurzat Sabirov (6-0, 5 K.O.) et Andranik Grigoryan (6-0, 1 K.O.) ont engraissé leur fiche au profit d’une décision. Ariane Goyette (0-1) a par contre raté son entrée chez les pros.