Steve Bernier, que l'on voit ici en avril 2016 dans l'uniforme des Islanders de New York, connaissait une bonne séquence dans la Ligue américaine avant de se blesser en janvier dernier.

L'élan brisé de Steve Bernier

«J'ai réussi à retrouver l'élan de marqueur que j'avais dans le junior!» se réjouit Steve Bernier, à l'évocation de ses 16 buts et 10 aides en 33 rencontres dans la Ligue américaine cette saison. Mais ça, c'était avant de se blesser à l'épaule.
Son dernier match remonte au 28 janvier. Le gros ailier droit originaire du quartier Neufchâtel, à Québec, avait inscrit le deuxième but des Sound Tigers de Bridgeport dans une victoire de 3-2. Son 10e point en 12 matchs de janvier.
Puis, paf! Déchirure du labrum. Opération début février, six mois de guérison obligatoires. Fin de ses espoirs d'un rappel prochain dans la Ligue nationale chez les Islanders de New York, qui lui avaient offert un contrat de la LAH au terme d'un nouvel essai au camp de septembre.
Durant la campagne précédente, 2015-2016, Bernier avait disputé 24 parties pour six points avec les Islanders, sa sixième équipe en 11 saisons dans le circuit Bettman. À Bridgeport, cet ancien premier choix des Sharks de San Jose en 2003, 16e au total, occupait le poste d'adjoint au capitaine.
À maintenant 32 ans et père de deux jeunes enfants, Bernier se retrouve en réadaptation et sans contrat. «Pas une situation extraordinaire», bien qu'il ait recommencé à patiner depuis plus de trois semaines.
«Mon rêve de jouer dans la LNH est toujours là et même si j'y ai 633 matchs [707 avec les séries], tu veux toujours en jouer plus. Et si la façon de rejouer dans la LNH est de repasser par la Ligue américaine encore l'an prochain, ça vaut la peine».
Avec un but aux deux matchs et presque un point par rencontre dans la LAH, Bernier a bon espoir de recevoir une offre des Islanders ou d'ailleurs. Il précise avoir aimé la vie de famille dans le Connecticut, où proximité de New York et plages font bon ménage.
La naissance d'une 31e équipe de la LNH à Las Vegas - les Golden Knights mettront une quarantaine de joueurs sous contrat- ne peut aussi que s'avérer positive pour un joueur de sa trempe.
Vélo et séries
En attendant, il se balade à vélo avec ses fistons dans les rues de Québec et ne perd pas une seconde des éliminatoires de la LNH par le truchement de la télévision. Bernier prédit une finale entre les Penguins de Pittsburgh, qui «jouent de façon incroyable malgré les blessés», et les «très surprenants» Predators de Nashville.
Le coup de Matt Niskanen à l'endroit de Sidney Crosby? «C'est plate à dire, mais en séries, tu fais n'importe quoi pour gagner. Des choses comme celles-là vont arriver. Je ne crois pas que c'était intentionnel, comme bien des gens le pensent.
«Oui, il voulait sans doute le frapper, mais il y a aussi un élément de malchance parce que Crosby tombait en même temps», poursuit-il. «C'est facile de juger quand tu regardes le jeu au ralenti à la télé, mais c'est très différent quand ça se déroule à la vitesse réelle. Ça va très vite.»
Rappelons qu'en 2012, Bernier est venu à deux victoires de remporter la Coupe Stanley, avec New Jersey. Certains partisans des Devils le blâment d'ailleurs encore pour sa pénalité majeure écopée en première période du sixième match de la série. Échec avant qui a mal tourné, cinq minutes pour avoir donné de la bande contre le défenseur Rob Scuderi. Les Kings de Los Angeles ont marqué trois fois sur ce jeu de puissance et ont soulevé la Coupe le même soir.