Brady Tkachuk est entré en collision avec Robin Lehner en troisième période. Le gardien des Islanders a ensuite retraité au vestiaire et n’a pu terminer le match.

Lehner écrit une belle histoire

UNIONDALE, N.Y. — L’entraîneur-chef des Islanders, Barry Trotz, sait reconnaître une bonne histoire.

Et chez les Islanders de New York, il n’y en a pas de meilleure que celle qu’est en train d’écrire le gardien Robin Lehner.

L’ancien des Sénateurs est un candidat au trophée Vézina de meilleur gardien de la ligue en plus d’être le favori pour remporter le trophée Bill Masterton pour sa persévérance et son engagement envers le hockey, après une turbulente saison morte où il a reconnu être alcoolique et souffrir d’un trouble bipolaire.

« Personnellement, il a fait plusieurs changements. Au niveau mental, il s’est remis à un bon endroit, au niveau de la condition physique aussi. Aucun joueur ne peut être productif longtemps s’il ne se sent pas bien personnellement. Il s’est engagé au printemps et l’été dernier et il n’a pas lâché toute la saison. Comme équipe, il nous donne une chance d’être productif, et comme équipe, la façon dont on joue lui permet d’être productif aussi. Les deux choses vont ensemble. Robin a bien rebondi, il avait besoin de ça plus du côté personnel que du côté hockey... Je suis heureux pour Robin, il représente une belle histoire », a commenté Trotz mardi matin, avant l’affrontement contre Ottawa.

Lehner ne veut pas prendre de crédit seul pour les succès des Insulaires cette saison, lui qui partage le travail avec Thomas Greiss. « C’est un bon mélange, nous travaillons tous ensemble, on a acheté le système. En général, nous sommes à un bon endroit. Moi, je suis à un meilleur endroit personnellement, c’est certain. J’ai du plaisir à jouer au hockey à nouveau », a-t-il confié à deux visages familiers des médias de la capitale.

Le Suédois de 27 ans, choix de deuxième ronde des Sénateurs en 2009, a l’air d’avoir rajeuni alors que pour respecter les règlements d’équipe du DG Lou Lamoriello, il a dû raser sa barbe et garder ses cheveux courts. L’enfer qu’il a vécu à la fin de son séjour à Buffalo, où il a été échangé par Ottawa contre un premier choix devenu le centre Colin White, semble bien loin derrière lui.

« J’ai eu une attaque de panique pendant un match [au printemps 2018] et j’avais besoin d’aide bien avant ça. J’étais dans la merde et heureusement, j’ai obtenu l’aide dont j’avais besoin par la suite », a-t-il relaté.

Lehner est aussi revenu sur les circonstances qui ont mené à son départ d’Ottawa à l’été 2015. « J’étais pas mal jeune quand j’étais à Ottawa, c’était un scénario différent. J’étais un jeune gardien qui était probablement dans la ligue un peu trop tôt, en raison de blessures notamment. Je luttais avec Craig [Anderson] et Ben Bishop, de bons gardiens. En fin de compte, c’est le Hamburglar [Andrew Hammond] qui m’a chassé de la ville », a-t-il blagué.

« Ce qui a été difficile pour moi, ça a été de perdre mon poste en raison d’une commotion cérébrale. Ça n’a pas été plaisant, j’ai eu des séquelles tout l’été qui a suivi. C’est ce que je me souviens le plus d’Ottawa. Ce furent des moments difficiles malheureusement pour un jeune gars qui venait d’avoir son premier enfant... Je suis entré dans la spirale d’avoir une commotion et de boire beaucoup trop alors que ma vie me glissait entre les doigts chaque jour », a-t-il ajouté plus sérieusement, lui qui avait été sonné dans une collision avec son ancien coéquipier Clarke MacArthur et un joueur de la Caroline.

À travers tout ça, il a gardé le numéro des Sénateurs, avec une fiche contre eux de 7-0-3 avec une moyenne de 1,61 et un taux d’efficacité de ,949 avant l’affrontement de mardi. Il dit être « passé par dessus ça il y a longtemps », mais son ancien coéquipier Zack Smith mentionnait que c’était de la foutaise.

Lehner n’a signé qu’un contrat d’un an avec les Islanders et il pourrait être joueur autonome sans compensation le 1er juillet prochain, mais il pense pas à l’avenir à long terme. « Je suis toujours au jour le jour dans ma récupération, même pas de semaine en semaine, donc je ne pense pas à ça », a-t-il souligné

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LES SÉNATEURS EN BREF

Smith boucle la boucle

L’attaquant Zack Smith a joué son 600e match en carrière mardi soir et par un drôle de hasard, il l’a fait au même endroit où il avait joué son tout premier, au Nassau Coliseum (renommé NYCB Live), le 29 novembre 2008 dans un revers de 4-2. « C’est pas mal cool que ça tombe comme ça, je n’en étais pas vraiment conscient avant tout récemment, quand j’ai vérifié et qu’il ne me manquait que 11 matches, a dit Smith, le neuvième joueur (et sixième attaquant) à atteindre ce plateau à Ottawa.»

Zack Smith a joué son 600e match en carrière, mardi soir.

Ce premier match est un peu dans la brume. Je me souviens d’avoir reçu l’appel à Binghamton, et d’être venu en auto ici. J’appelais ma famille et mes amis pour leur dire que j’allais jouer mon premier match dans la LNH. C’était une sensation incroyable. Je me souviens que j’étais très nerveux, l’estomac à l’envers. Il me semble que ça ne fait pas 600 matches que c’est arrivé. »

Souvenirs du Coliseum

Chassés du Barclays Center de Brooklyn, les Islanders sont revenus au Nassau Coliseum de Uniondale, rebaptisés NCTB Live, pour terminer la présente saison. L’amphithéâtre où l’équipe a remporté ses quatre coupes Stanley au début des années 1980 a été rénové (la capacité a été réduite de 15 000 à environ 13 500 places). Cela a permis à Marc Crawford de ressasser quelques bons souvenirs du temps où il était joueur. « J’ai des souvenirs fantastiques de l’endroit. J’y ai joué en finale de la coupe Stanley en 1982 [avec les Canucks]. J’ai une carte de hockey où on me voit ensanglanté. C’était courtoisie de Clark Gillies. Après qu’il m’ait punché, j’ai dit, ‘Merci, M. Gillies. Merci.’ Aussi, quand j’essayais de faire de l’échec-avant contre Denis Potvin, il disait, ‘Est-ce qu’il y a un moustique après moi ?’ », a-t-il relaté.

Entre les lignes

Crawford avait l’intention de réintégrer Christian Jaros dans son alignement contre les Islanders, mais le défenseur recrue qui avait été laissé de côté dimanche en Floride a quitté la pratique matinale prématurément. Il n’a pas participé au réchauffement en soirée, ce qui fait que Christian Wolanin a pu garder sa place, se retrouvant aux côtés de Cody Ceci... 

Crawford a réitéré son intention d’alterner entre quelques joueurs pour le poste de septième défenseur laissé de côté. « Ce ne sera pas tout le monde. Nous avons quelques gars plus expérimentés et un peu plus habiles que les autres, ce serait difficile de les asseoir. Les défenseurs se développement plus lentement qu’un attaquant et on veut s’assurer que tout le monde continue à progresser de la bonne façon », a-t-il dit.