L'attaquant des Sénateurs d'Ottawa, Tommy Wingels (57), obtenu des Sharks de San Jose avec Viktor Stalberg, a apporté beaucoup de profondeur à la troupe de Guy Boucher. Les Bruins l'ont appris à leurs dépens lundi soir.

L'effet Boucher fonctionne à Ottawa

Les Sénateurs d'Ottawa donnent tout ce qu'ils ont, et ils en retirent les bénéfices. Deuxièmes au classement de la section Atlantique, les Sénateurs ont remporté leurs trois derniers matchs et affichent une confiance rarement vue l'an dernier. Selon les joueurs, c'est le résultat d'un engagement total dans le système mis en place par l'entraîneur-chef Guy Boucher.
Les Sénateurs viennent de compléter un séjour de trois rencontres à domicile et ont signé deux victoires par la marge d'un but. Et lorsqu'ils accusaient un recul au tableau indicateur, ils ont fait preuve d'une résistance qui faisait défaut plus tôt en saison.
«Tous les joueurs sont dans le coup», a déclaré l'attaquant Alex Burrows, acquis des Canucks de Vancouver peu avant la date limite des transactions.
«Vous pouvez adopter n'importe quel système de jeu, mais si vous avez un engagement total des 20 joueurs, c'est un bon signe. Et en ce moment, je peux voir que tout le monde croit au système, tout le monde veut être compétitif à l'intérieur du système et nous obtenons les bons résultats.»
Pas de panique
Lundi soir, les Sénateurs ont pris une avance de 2-0 tôt en première période contre les Bruins de Boston et ont concédé un but avec moins de deux minutes à écouler à l'engagement. Mais personne n'a paniqué.
«Notre équipe a grandi au cours des derniers mois, a déclaré Boucher. Souvent, nous pouvions voir notre équipe changer sa manière de faire les choses lorsque nous accordions un but, lorsque nous ne commencions pas le match de la bonne manière, lorsque nous écopions une pénalité. Maintenant, nous continuons de faire ce que nous devons faire. [...] Il y a un équilibre dans notre approche, nous ne perdons pas notre calme et c'est évident que ça rapporte.»
Les récentes acquisitions des Sénateurs ont eu des répercussions immédiates alors que Burrows, Viktor Stalberg et Tommy Wingels, obtenu des Sharks de San Jose vers la fin de janvier, se sont rapidement adaptés à leur nouvelle formation et lui procurent une profondeur qui était devenue nécessaire.
«Nous avons ajouté des joueurs d'expérience qui acceptent de payer le prix, comment gérer divers aspects d'un match, a fait remarquer l'entraîneur-chef des Sénateurs. Tout ce qu'il leur restait à faire, c'était de comprendre notre façon de jouer. Et comme ils ont tant d'intelligence et d'expérience, il leur a été facile de s'intégrer à notre équipe, notre façon de jouer et notre identité. En fait, ils ont bonifié notre identité, et c'est ce que nous recherchons.»
Quatre unités de confiance
Pendant la majeure partie de la saison, Boucher ne pouvait compter sur un quatrième trio digne de confiance. Maintenant, les Sénateurs emploient leurs quatre unités offensives de façon régulière.
Alors que Chris Neil se trouve sur le carreau avec une fracture à un doigt, et que Curtis Lazar a été échangé aux Flames de Calgary, le quatrième trio des Sénateurs réunit Stalberg, Wingels et le vétéran Chris Kelly. Les trois joueurs évoluent pendant plus de 10 minutes par rencontre, ce qui permet à des coéquipiers de remplir des rôles spécifiques et de ne pas être surutilisés.
«Ça donne la chance à tout le monde de rester frais et dispos, estime l'attaquant Mike Hoffman. Notre quatrième trio a été excellent lors de nos dernières rencontres. Ils n'ont pas seulement marqué des buts, ils jouent avec ardeur et ils freinent les élans de l'autre équipe aussi.»
Les Sénateurs s'apprêtent à entamer une série de trois matchs en quatre soirs loin de leurs partisans où leurs trois adversaires - Dallas, Arizona et Colorado - seraient exclus des séries si la saison s'était terminée lundi. Mais les hommes de Guy Boucher savent qu'ils ne peuvent les prendre à la légère alors que la lutte dans la section Est demeure serrée.
Et avec seulement 6 de leurs 18 derniers matchs à Ottawa, les Sénateurs savent qu'ils devront connaître du succès sur la route s'ils veulent obtenir leur laissez-passer pour les séries éliminatoires.
«Que ce soit à l'extérieur ou à domicile, vous devez trouver une façon de jouer votre match et de récolter des points au classement, a rappelé le défenseur Dion Phaneuf. Le calendrier est exigeant, il ne donne pas de répit. Peu importe où nous jouons, nous devons continuer à aller de l'avant.»
Les dg suspendent les changements de règles
Les membres du département des opérations hockey de la LNH attendent une règle qui va provoquer la controverse pendant les séries éliminatoires. Mais pour l'instant, les directeurs généraux ont décidé de ne pas recommander de changements aux règles, mardi, lors de leur deuxième journée de réunion à Boca Raton, en Floride.
«Comme avec beaucoup de choses, il est préférable de prendre notre temps», a déclaré le dg des Coyotes de l'Arizona, John Chayka. Le sujet chaud discuté mardi était la contestation du hors-jeu par les entraîneurs, qui est permise depuis le début de la saison 2015-2016 lorsqu'un but est marqué.
Le vice-président des opérations hockey de la LNH, Colin Campbell, est certain que cet élément va causer une controverse pendant les séries. Certaines décisions concernant le hors-jeu sont très difficiles à prendre, car il est parfois presque impossible de déterminer si le patin du joueur est en contact ou non avec la glace.
Aucun changement n'a été jugé nécessaire, pour l'instant. «C'est une question de millimètres, a noté Campbell. Mais il faut aussi prendre la bonne décision. C'est pour cette raison que nous avons permis la contestation, pour que la bonne décision soit prise.»
Campbell a mentionné qu'il y avait eu 100 contestations pour des hors-jeu depuis le début de la campagne, dont 29 en lien avec un joueur qui lève son patin. Seulement neuf décisions ont été infirmées, les 20 autres ont manqué de preuve pour prendre une décision. La ligue espérait que l'ajout de caméras haute-définition à la ligne bleue le printemps dernier allait permettre de simplifier la prise de décision, mais ce n'est pas le cas jusqu'ici. «Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de changer quoi que ce soit», a dit le dg de l'Avalanche du Colorado, Joe Sakic. «Nous avons tous grandi avec ce règlement. Nous en connaissons tous l'interprétation.»
Frustration
Cependant, certains directeurs généraux ont exprimé leur frustration envers le manque de preuves. Les Oilers d'Edmonton ont contesté un but de Viktor Arvidsson en février, quand Arvidsson a sauté avec les deux jambes au moment où la rondelle traversait la ligne bleue. À la reprise, le Suédois semblait en position de hors-jeu, mais les arbitres ont accordé le but malgré une longue vérification vidéo et le but s'est avéré celui de la victoire pour les Predators de Nashville. «Mais je pense que ça fonctionne, a dit le dg des Oilers, Peter Chiarelli. Nous devons simplement peaufiner le système.»
«Il ne faut pas oublier qu'il y a plus de 5000 appels de hors-jeu et qu'il y a neuf buts qui ont été annulés, alors qu'ils auraient été accordés s'il n'y avait pas de contestation», a rappelé Chayka.