L’entraîneur-chef des Maple Leafs, Mike Babcok, a été lent à réagir aux changements de rythme de la série, contrairement à son vis-à-vis des Bruins, Bruce Cassidy.

L'échec des Leafs en six points

BOSTON — L’entraîneur-chef des Maple Leafs, Mike Babcock, a sans cesse utilisé le mot «occasion» en discutant de la série revanche contre les Bruins de Boston. La formation torontoise en a raté toute une face à ses rivaux de la section Atlantique.

Les Leafs se sont inclinés en sept matchs pour une deuxième année d’affilée, encore une fois sur la patinoire du TD Garden, mardi.

À certains moments de cette série, les Bruins semblaient prêts à se faire battre. Mais les Leafs ont été incapables de profiter de ces chances. Les Bruins en on fait juste assez pour éliminer les Leafs, qui passeront un autre très long été alors que leur disette est maintenant officiellement de 52 ans.

La Presse canadienne jette un coup d’œil sur certains éléments de la série qui auraient pu permettre aux Leafs de passer au deuxième tour éliminatoire pour la première fois depuis 2004.

La suspension de Kadri

Les Leafs ont gagné le premier match de cette série de façon convaincante et allaient rentrer à la maison en ayant divisé les honneurs des deux premiers duels. Dans les derniers instants de cette deuxième rencontre, Nazem a servi un double échec à Jake DeBrusk, en représailles à une mise en échec légale contre Patrick Marleau. La LNH a suspendu Kadri pour le reste de la série, lui qui avait été sanctionné pour trois rencontres le printemps dernier pour avoir donné de la bande contre les Bruins. En plus d’être privés d’un de leur joueur les plus hargneux, les Leafs ont dû faire jouer William Nylander au centre du troisième trio au lieu de le faire jouer aux côtés d’Auston Matthews en cas de besoin.

Terribles unités spéciales

Les deux clubs étaient nez à nez à cinq contre cinq, mais les Bruins ont dominé en avantage et désavantage numérique. Ils ont inscrit sept buts en 16 jeux de puissance. Pendant ce temps, les Leafs ont touché le fond du filet seulement trois fois en autant d’occasions. Les Bruins ont tout misé sur leur première unité — Brad Marchand, Patrice Bergeron, David Pastrnak et Torey Krug —, tandis que les Leafs ont souvent partagé leurs avantages numériques entre leurs deux unités. Ils étaient aussi très prévisibles dans le match no 7, alors que Matthews et Mitch Marner ont inversé leur position habituelle. Acculés au pied du mur, les Bruins ont pu compter sur deux buts en avantage numérique dans le match no 6. Les Leafs n’ont pas marqué en cinq occasions réparties dans les deux dernières rencontres.

Les bourdes du 7e match

Les trois buts des Bruins inscrits avant que Babcock ne retire son gardien Frederik Andersen dans la défaite de 5-1 subie mardi auraient pu être évités. Travis Dermott a commis un revirement sur le premier, mais Andersen aurait dû stopper ce tir sur le côté court. Jake Gardiner, qui avait terminé la septième rencontre de 2018 avec un horrible différentiel de - 5, a commis une autre bourde désastreuse que Marcus Johansson a transformée en but pour doubler l’avance des Bruins. Puis, avec les Leafs en retard 2-1 tôt en troisième, John Tavares a commis un revirement en zone centrale. Ron Hainsey et Morgan Rielly se sont fait prendre à contre-pied et Sean Kuraly a décoché un tir d’une quarantaine de pieds qu’aurait dû arrêter Andersen.

Des étoiles filantes

Alors que le trio de Tavares, Mitch Marner et Zach Hyman a fait du bon travail en neutralisant Bergeron, Marchand et Pastrnak à cinq contre cinq, trop de vedettes des Leafs ont été incapables de se démarquer offensivement au fur et à mesure que la série a progressé. Tavares a bien marqué le filet des Leafs pour faire 2-1 dans le dernier match, mais il s’agit de son seul but de la série, hormis celui inscrit dans une cage déserte. Marner n’a récolté qu’un point à forces égales, aucun après le match no 4. Nylander, placé dans une position difficile à la suite de la suspension écopée par Kadri, a marqué son unique but dans la première rencontre. Matthews a mené l’équipe avec cinq buts après un lent départ, mais ça n’a pas été suffisant. Si Andersen a offert de grandes performances dans les trois victoires des siens, il devait être meilleur dans la rencontre ultime. Il a été faible sur deux des trois buts qu’il a concédés.

L’entêtement de Babcock

Bien que l’entraîneur des Leafs ait tenté de changer la donne avec quelques changements en avantage numérique, il a été lent à réagir aux changements de rythme de la série, contrairement à son vis-à-vis des Bruins, Bruce Cassidy. En désavantage numérique, sans un vrai joueur de centre sur la patinoire, les Leafs ont eu bien du mal à gagner les mises en jeu dans leur territoire. Pendant ce temps, les Bruins ont taillé en pièces le système de jeu des Leafs, particulièrement dans les rencontres nos 4 et 6. Tavares et Matthews n’ont pas été suffisamment utilisés par Babcock dans le match no 7. L’entraîneur a par contre donné son tour régulier au vétéran de 39 ans Patrick Marleau dans des moments clés, même si la vitesse des joueurs qui lui étaient opposés était clairement supérieure.

Pas d’instinct du tueur

Les Leafs ont mené cette série 1-0, 2-1 et 3-2. Jamais on a senti qu’ils tentaient de porter le coup de grâce. Dans les matchs 4 et 6, les Leafs ont bousillé des occasions énormes. Ils auraient pu prendre les devants 3-1 à domicile dans le match no 4, mais ils se sont réveillés trop tard dans un revers de 6-4. Puis, avec l’occasion de mettre un terme à la série dimanche, encore devant leurs partisans, après une performance magistrale dans la cinquième rencontre, les Leafs ont bien amorcé la rencontre, mais n’ont jamais pu se remettre des deux buts en avantage numérique des Bruins.