Après avoir transporté les Cavaliers de Cleveland sur ses épaules pendant sept matchs en première ronde contre les Pacers de l’Indiana, LeBron James (à droite) devra se remettre au travail mardi soir, alors que pour la troisième année de suite, Cleveland se frottera aux Raptors de Toronto.

LeBron James, le cheval de bataille

TORONTO — Quelques instants après avoir mené presque à lui seul les Cavaliers de Cleveland vers une difficile victoire lors du septième match de leur série contre les Pacers d’Indiana dimanche, LeBron James a déclaré aux reporters, les paupières tombantes, qu’il était fatigué et qu’il voulait rentrer à la maison. Mais Dwane Casey n’est pas dupe.

«Vous croyez qu’il est fatigué? Je n’en crois rien, a lancé l’entraîneur-chef des Raptors de Toronto. «Je vais y croire lorsque je le verrai assis sur le banc. Et je n’ai pas vu ça souvent parce qu’il joue à un niveau tellement élevé. Sa condition physique est incroyable. On ne compte pas là-dessus.»

La troupe torontoise a tenu une séance d’entraînement en prévision du duel initial de sa série de deuxième tour contre ses vieux rivaux de Cleveland, mardi (20h) au Centre Air Canada. Et les Raptors s’attendent à voir la super-vedette de 33 ans au sommet de sa forme, même s’il a joué en moyenne pendant 41 minutes par match pendant la première ronde.

«Je ne dis pas qu’il est un menteur, mais je ne pense pas qu’il soit fatigué», a repris Casey. «Il a vécu trop de situations du genre et il est assez professionnel pour savoir comment acheter du temps et économiser de l’énergie. Nous allons approcher ce match comme si James était frais et dispos.»

Kyle Lowry a tenu des propos semblables. «Je n’y crois pas. Je suis certain qu’il sera prêt à jouer.»

Quelque chose de spécial émane de LeBron James, qui a passé le premier tour éliminatoire pour la 13e fois en 13 participations. Selon Casey, ses joueurs doivent l’ignorer. «Le fait que nous en parlions pendant 15 ou 20 minutes y contribue. Tout le monde sait à quel point il est un grand joueur. À cet égard, vous devez vous présenter sur le court avec une bonne dose de respect, mais aussi une bonne dose de non-respect.

«Et il va respecter ça. Jordan respectait ça, Karl Malone, Kobe Bryant. Ces grands joueurs respectent lorsque vous les attaquez de front. C’est la seule façon de combattre cette aura contre un grand joueur.»

S’attendre à souffrir

Pascal Siakam, un réserviste qui apporte de l’énergie lors de ses présences sur le court, s’attend à une douloureuse bataille contre James. «Vous pouvez regarder la télé autant que vous le voulez, ce n’est que lorsque vous devez le surveiller sur le court que vous réalisez à quel point il est fort. Le simple fait d’en être conscient, vous savez qu’il y aura des contacts physiques.»

James n’a pas perdu une série éliminatoire de l’Est depuis 2010. Toutefois, les Raptors ont modifié leur style de jeu cette saison pour ce moment précis : éliminer les Cavaliers et atteindre la finale de la NBA. Jusqu’à maintenant, l’approche a réussi alors que Toronto a terminé au premier rang dans l’Est grâce à une récolte de 59 victoires, un sommet dans l’histoire de l’équipe.

Et les Raptors ont terminé au premier rang dans la NBA pour contrer le jeu de transition, à partir duquel les Cavaliers génèrent la grande partie de leur attaque. «Je pense que nous formons une équipe différente, tout simplement. Nous sommes mieux préparés et prêts à jouer», a fait savoir Lowry.

Et si James n’est pas encore fatigué, les Raptors comptent le faire travailler. «Il est en mission. Mais il y a certaines choses que nous voulons faire pour le forcer à dépenser plus d’énergie, et il y a plusieurs façons d’y arriver», a déclaré Casey.

«Mais je ne resterai pas assis ici à dévoiler notre plan de match, ce que nous voulons faire, comme nous voulons le faire, ce que nous voulons enlever, ce que nous sommes prêts à leur donner. Ce ne serait pas prudent de ma part.»

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UN CAUCHEMAR POUR LES RAPTORS

L’un des plus grands joueurs de son sport, doté d’une charpente semblable à celle d’un camion Mack, LeBron James est à toutes fins pratiques irrésistible face aux Raptors, avec une moyenne de 30,9 points par match lors de ses 12 dernières sorties contre Toronto. Le 21 mars par exemple, les Raptors avaient marqué 79 points en première demie face aux Cavaliers. Toutefois, «King James» a pris les choses en main lors d’une spectaculaire remontée de deuxième demie, finissant avec 35 points, 17 aides, sept rebonds et aucun revirement. Les Cavaliers ont gagné 132-129...

Tout n’est toutefois pas perdu pour les Raptors. Au contraire. S’il y a une saison où les Cavaliers semblent vulnérables, c’est cette année. Ils ont eu besoin de sept matchs — et de nombreux efforts héroïques de James — pour se défaire des Pacers d’Indiana. Et la défensive torontoise, cinquième dans la NBA, est nettement meilleure que celle d’Indiana (14e). La défensive des Cavaliers? La deuxième plus mauvaise dans la ligue.