La directrice des programmes chez Vélo Québec, Magali Bebronne
La directrice des programmes chez Vélo Québec, Magali Bebronne

Le vélo d’hiver gagne de plus en plus d’adeptes au Québec

Jessica Beauplat
La Presse Canadienne
Si la tendance se maintient, l’engouement pour la pratique de la bicyclette pourrait continuer de croître et même se prolonger pour la saison hivernale. La directrice des programmes chez Vélo Québec, Magali Bebronne, remarque que les ateliers d’initiation au vélo d’hiver se multiplient et qu’il y a «énormément de demandes». Les gens veulent entre autres savoir comment rouler, comment planifier son trajet et comment s’habiller, explique-t-elle.

Elle attribue la popularité du cyclisme à Montréal à son réseau majoritairement entretenu toute l’année: la Ville déneige «76 % du réseau de pistes cyclables», précise Mme Bebronne. Elle est d’avis que le nouveau Réseau Express Vélo (REV), projet de voie cyclable sécuritaire de 184 km qui sera entièrement déneigé, saura également attirer ceux qui étaient jusqu’alors réticents à rouler sur les pistes douze mois par année.

Elle défend l’entretien des pistes cyclables l’hiver, notant le double standard: «on ne pose pas la question des ressources allouées à déneiger les ruelles ou les rues mal fréquentées», pourquoi le fait-on pour les voies cyclables, se demande-t-elle.

«Les temps changent, explique Mme Bebronne, la congestion est problématique et dans une période où il n’y a plus de sport organisé, si au moins en se déplaçant on peut faire un peu d’activité physique», cela ne pourrait pas faire de tort, observe-t-elle.

Des cyclistes quatre saisons à Sherbrooke

Le vélo d’hiver gagne de plus en plus d’adeptes et pas qu’à Montréal. Fabien Burnotte, cofondateur du groupe Facebook Vélo Urbain Sherbrooke (VUS), remarque une augmentation constante d’amateurs de vélo d’hiver dans sa ville, qui viennent gonfler les rangs de cette brigade que plusieurs qualifient encore de «téméraire».

Il en sait quelque chose, lui qui brave le pavé peu importe la saison depuis vingt ans. À l’époque, il conduisait son enfant à la garderie, à bicyclette, et était vu comme une anomalie. Il se réjouit maintenant d’être «devenu normal».

Même s’il rapporte que le partage de la route s’améliore, il laisse entendre que la cohabitation n’est pas toujours facile.

«Un camion pouvait me frôler environ une fois par semaine, aujourd’hui, je dirais plutôt une fois par mois, c’est quatre fois moins», évoque M. Burnotte avec une pointe d’humour.

Il trouve dommage que toutes les pistes ne soient pas déblayées l’hiver.

Au cabinet de la mairie, on reconnaît «qu’il y a encore du travail à faire», mais il y a une volonté de changer les choses. Le plan de transport actif que la Ville développe depuis plusieurs années en est la preuve. Une initiative que salue d’ailleurs M. Burnotte.

Le «fatbike» gagne en popularité

Hormis l’utilisation de la bicyclette pour se déplacer, la pratique récréative gagne aussi en popularité notamment grâce au «fatbike», aussi appelé vélo à pneus surdimensionnés.

Il y a maintenant plus de 90 réseaux de «fatbikes» au Québec, atteste Mme Bebronne. Il y a à peine cinq ans «c’était très très émergeant», dit-elle. Au fil du temps, de meilleures pratiques ont été développées pour l’entretien des terrains, dont «la neige doit être tapée un peu comme on le ferait pour un sentier de raquettes».

«Avec les conditions climatiques, plus difficiles ou imprévisibles, ce sport représente une bonne alternative lorsque les conditions ne permettent pas de faire du ski de fond à cause de la pluie verglaçante», donne-t-elle en exemple.

Ce reportage a été préparé dans le cadre du programme de Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.