Ron Hainsey (65) a dû disputer 907 matchs de saison régulière avant d'avoir la chance de sauter sur la glace pour le premier duel éliminatoire de sa carrière, un record peu enviable.

Le triste record de Ron Hainsey

Il y a de ces records qu'aucun joueur ne veut détenir. À voir la façon dont il répond aux questions, Ron Hainsey en sait quelque chose.
Le défenseur des Penguins détient en effet la triste marque du plus grand nombre de matchs joués en saison avant sa première participation aux séries. L'ancien choix de premier tour du CH participe ce printemps - à 36 ans - à ses toutes premières séries dans la Ligue nationale. Il lui a fallu 907 matchs de saison pour y parvenir.
«Honnêtement, je ne savais pas que je détenais ce record. Ce n'est pas comme si les autres années, je restais chez moi et je me frappais la tête sur le mur», ironise Hainsey, rencontré plus tôt cette semaine.
Hainsey parle d'un ton légèrement agacé quand on aborde le sujet avec lui, même s'il savoure pleinement le moment. Après tout, le voici à deux victoires d'obtenir sa bague de la Coupe Stanley. Bien des joueurs attendraient volontiers 900 matchs avant leurs premières séries si l'aboutissement était une conquête du championnat!
«J'aurais bien aimé avoir joué 100 matchs en séries et gagné trois Coupes Stanley à ce stade-ci de ma carrière, mais ça ne s'est pas passé ainsi», répond le numéro 65. «Je ne pense pas non plus avoir coulé mes équipes depuis 14 ans!
«C'était simplement ainsi que les choses allaient. On dispute chaque match en espérant gagner. À la fin de la saison, on additionne les points et les 16 meilleures équipes accèdent aux séries. Je suis reconnaissant de l'occasion que j'ai cette année.»
Réclamé au ballottage par les Blue Jackets de Columbus en 2005, Hainsey a ensuite eu la chance de choisir sa destination suivante à deux reprises à titre de joueur autonome. La première fois, il a opté pour les Thrashers d'Atlanta, qu'il a suivis à Winnipeg. La deuxième fois, il s'est tourné vers les Hurricanes de la Caroline.
Ironiquement, c'est quand son sort lui a échappé des mains qu'il a finalement abouti au bon endroit, c'est-à-dire quand les Hurricanes l'ont échangé aux Penguins en février.
Passage décevant avec le Canadien
Un autre sujet dont Hainsey aime plus ou moins discuter est son passage dans l'organisation du Canadien. En 2000, avec le 13e choix au total, le Tricolore avait jeté son dévolu sur ce défenseur de 6'3", qui évoluait à l'Université du Massachusetts à Lowell.
Hainsey avait disputé 32 matchs à Montréal quand le CH a baissé les bras en novembre 2005, le soumettant au ballottage. Il avait 24 ans.
«J'ai passé quatre ans dans la Ligue américaine, dont la saison du lock-out», se rappelle le défenseur, qui a notamment joué 67 matchs avec les Citadelles de Québec au début des années 2000. «Beaucoup de gens ont essayé de m'aider, comme Bob Gainey et Claude Julien. Je n'étais peut-être pas aussi réceptif au début de la vingtaine que je l'ai été par la suite, et ça, c'est entièrement ma faute. Mais il y avait de bonnes personnes.
«J'ai fini par passer à autre chose, mais évidemment, quand tu te fais repêcher, tu n'espères pas être échangé quatre ans plus tard. J'essaie de ne pas trop y repenser.»
Hainsey n'a peut-être jamais atteint son plein potentiel, mais il n'a pas non plus volé ses 907 matchs dans la LNH. Douze ans plus tard, un autre défenseur de 24 ans repêché au premier tour, avec une attitude qui fait parfois grincer des dents, se retrouve aussi à la croisée des chemins avec le Canadien, soit Nathan Beaulieu. Qui sait quel cheminement l'attend s'il retombe sur ses pieds comme l'a fait Hainsey?