Le président du comité d'organisation pour le Triathlon d'hiver de Chamonix, Michel Bourdier, le directeur général du Québec ITU triathlon d'hiver, François Calletta, et le président de l'Association finlandaise de triathlon, Toni Niiranen, ont fait un bilan très positif, lundi, de la formule québécoise mise à l'épreuve sur les plaines d'Abraham.

Le triathlon d'hiver de retour sur les plaines d'Abraham en 2015

Fort du succès qu'il a obtenu, le Québec ITU triathlon d'hiver sera de retour sur les plaines d'Abraham en 2015. Cette compétition nouveau genre, grande finale du circuit de la Coupe des neiges, devrait cependant avoir des clones en dehors du Québec puisque qu'un championnat canadien sera présenté et que des villes comme Lahti (Finlande) et Chamonix (France) ont manifesté leur intention d'organiser une telle compétition.
«Nous avons assisté à la naissance d'une nouvelle discipline olympique, quelque chose qui n'arrive pas tous les jours», a indiqué Toni Niiranen, président de l'Association finlandaise de triathlon, visiblement charmé par le spectacle auquel il a assisté. «Nous avons été témoins d'un moment important dans l'histoire du sport. J'ai cru revivre samedi les débuts du Triathlon de type Ironman. Et j'ai vraiment aimé ce que j'ai vu.»
François Calletta, initiateur du projet auprès de l'Union internationale de triathlon (ITU) et directeur général de l'événement, jouait gros en se servant du Québec ITU triathlon d'hiver comme vitrine pour présenter à la communauté internationale la formule québécoise du triathlon hivernal. Comme on dit, on n'a jamais une deuxième chance de faire une bonne impression. Mais il n'était pas inquiet.
«Le standard à Québec est très élevé», a lancé Calletta. «On s'était donc dit qu'en faisant du "qualité Québec", ça se vendrait tout seul. Avec la qualité d'événements que l'on présente ici et avec le support que l'on a des autorités locales, de Biathlon Québec, Biathlon Canada et de l'ITU, on savait que nous n'avions qu'à faire notre travail pour présenter un événement à la hauteur des attentes. Et avec l'expérience que nous avions dans l'organisation du Pentathlon depuis 10 ans, il n'y avait pas de doute que nous serions prêts.»
Belle surprise
Caletta a indiqué que sa plus belle surprise en fin de semaine avait été la course réalisée par les athlètes paralympiques. Il a aussi été impressionné par le public nombreux qui s'est rendu sur les Plaines afin d'assister au triathlon. Placés partout sur le parcours, les amateurs n'ont cessé d'encourager les compétiteurs, notamment en faisant sonner les petites clochettes qui leur avaient été distribuées. 
«Certains compétiteurs qui font des Coupes du monde m'ont dit qu'ils avaient vécu l'ambiance que l'on retrouve lors des compétitions amateurs disputées en Europe pour une des premières fois en Amérique du Nord.»
Questionné sur les facettes sur lesquelles il aimerait travailler afin de polir le précieux joyaux qu'il a entre les mains, Caletta a indiqué qu'il avait, par exemple, plein d'occasions de développement. Il a aussi parlé de l'organisation d'un relais mixte.
L'organisation d'une série nationale de triathlon d'hiver et la tenue d'un championnat canadien de triathlon d'hiver en 2015 venaient à peine d'être annoncés par Luc Landriault, président de Triathlon Canada, que, déjà, Calletta confirmait que Québec déposerait sa candidature pour présenter la course. Il a ajouté que son principal argument pour convaincre Triathlon Canada d'octroyer à son équipe l'organisation de la compétition nationale serait l'expérience acquise cette année lors du Québec ITU triathlon d'hiver. «On espère cependant qu'il y aura beaucoup de candidatures. Ça démontrerait que le sport est en croissance.»
<p>La secrétaire générale de de l'Union internationale de triathlon, Loreen Barnett</p>
Un attrait international
«Ma plus grande surprise a été l'intérêt que la nouvelle formule du triathlon d'hiver a suscité au sein des délégations française, finlandaise et même russe. [...] Je pense que leur réaction poussera les fédérations internationales à aller de l'avant avec le nouveau format.»
Visiblement très satisfaite de ce qu'elle a vu en fin de semaine, Loreen Barnett, secrétaire générale de l'ITU, est repartie enchantée de Québec. Connaissant François Calletta depuis longtemps, elle n'était pas inquiète de la qualité de l'organisation de la compétition, ni de la sécurité sur les parcours. La formule adoptée lors du Québec ITU triathlon d'hiver ayant passé le test, Mme Barnett  a indiqué que l'objectif était maintenant d'emmener le Triathlon d'hiver aux Jeux olympiques. 
«Je crois que le Comité international olympique est à la recherche de nouvelles disciplines qui pourraient être présentées lors des Jeux d'hiver. Des disciplines excitantes pour les amateurs et spectaculaires pour les athlètes, susceptibles d'intéresser les jeunes.
«C'est évident qu'il est trop tard pour les Jeux en Corée en 2018. Et nous ne savons pas encore où auront lieu les Jeux de 2022. Mais notre présidente Marisol Casado est sur le CIO et elle est une passionnée de triathlon d'hiver. Elle pousse donc pour nous.»
Outre Québec, la nouvelle formule du circuit mondial de triathlon d'hiver devrait aussi compter dans ses rangs Chamonix (début 2015) et Lahti (février 2015). Selon Toni Niiranen, le président de l'Association finlandaise de triathlon, le défi ne sera pas d'inciter les athlètes à prendre part à une compétition disputée dans la formule raquette-patinage de vitesse-ski de fond, mais de convaincre les membres les plus conservateurs de l'ITU, qui ne croient qu'à la formule vélo-course à pied-ski de fond, du bien-fondé de la formule québécoise.
De son côté, Michel Bourdier, président du comité d'organisation pour le Triathlon d'hiver de Chamonix, a indiqué que les gens de Québec avaient placé la barre bien haute, mais il croit que son équipe pourrait relever le défi. «Cette première présentation d'un triathlon d'hiver sera une vitrine pour faire découvrir aux gens la raquette et le patin, deux disciplines somme toute assez marginales chez nous.»