Pour Sylvain Guimond, docteur en psychologie du sport, les accolades et les gestes d’affection sont une partie importante de l’esprit sportif comme le démontrent cette mère et son fils qui viennent tout juste de croiser le fer sur un terrain de tennis.
Pour Sylvain Guimond, docteur en psychologie du sport, les accolades et les gestes d’affection sont une partie importante de l’esprit sportif comme le démontrent cette mère et son fils qui viennent tout juste de croiser le fer sur un terrain de tennis.

Le sport, le médicament le plus efficace

Le retour du sport est une bonne chose, selon Sylvain Guimond, docteur en psychologie du sport, éducateur physique et ostéopathe. Cependant, à long terme, la distanciation physique pourrait comporter un « énorme danger » pour lui, dans le sport comme dans la vie.

« Si le confinement continuait trop longtemps, à la place de traiter les gens pour la COVID-19, on les aurait traités pour des dépressions, analyse M. Guimond lors d’une entrevue téléphonique avec La Tribune. Le sport fait partie de la santé mentale, autant pour les personnes âgées que pour les plus jeunes. Si on pouvait mettre dans un bocal tout ce que l’activité physique peut faire, autant sur la santé physique que mentale, ce serait le médicament le plus efficace qui existerait sur la planète. »

Sylvain Guimond pense que l’humain est fait pour bouger et pour interagir. « Si on le garde trop longtemps en cage, il risque d’être malade », précise l’auteur de plusieurs best-sellers. 

Pour les joueurs de golf et de tennis, il ne sera pas trop difficile de s’acclimater aux nouvelles règles de distanciation sociale, selon M. Guimond. « On a été confinés pendant un certain temps et notre cerveau a fait un certain apprentissage. On a développé des réflexes de se serrer la main, de se faire des accolades. J’ai l’impression que les deux joueurs qui vont s’affronter lors d’un match de tennis vont s’avancer pour se serrer la main, s’arrêter et rire en se rendant compte qu’ils ne peuvent pas être plus près que deux mètres », décrit le docteur en psychologie sportive, ajoutant que les gens qui vont jouer prendront conscience qu’il s’agit d’un privilège à l’heure actuelle.

Sylvain Guimond

Distanciation sociale, un danger?

M. Guimond espère que la distanciation sociale sera bientôt chose du passé. Les marques d’affection telles que les accolades et les poignées de mains font également partie de l’esprit sportif. 

« J’ai hâte qu’on ramène les plus jeunes dans le monde du sport pour qu’ils retrouvent leurs amis et une vie plus normale », confie celui qui a eu l’occasion de suivre plus de 1000 athlètes professionnels, dont Mario Lemieux et Tiger Woods.

« J’ai un petit-fils qui est né en novembre, exprime le professionnel. J’espère qu’on ne lui laissera pas une société dans laquelle il ne pourra pas faire d’accolades, serrer ses amis dans ses bras et démontrer qu’il aime les autres. J’espère que ce ne sera pas la société aseptisée qu’on tente de bâtir en ce moment. »

« Ce serait un énorme danger, enchaîne-t-il. Les besoins de base sont de se nourrir et de survivre. Le deuxième, c’est la sécurité et le troisième, c’est la socialisation. On a besoin les uns des autres. Ensuite, il y a l’estime de soi et le fait de s’accomplir. Ce n’est pas seulement le sport. Le sport est cependant la plus belle école au monde. »

Jeunesse

Comment les jeunes qui sont habitués de pratiquer des sports d’équipe comme le soccer ou le baseball pourront combler ce besoin cet été? « En ce moment, on est dans une société qui communique par des moyens technologiques, répond M. Guimond. Mais ce n’est jamais comme être en personne. Honnêtement, je n’ai pas de réponse. Je pense que c’est téméraire de répondre à cette question, car on ne l’a jamais vécu. Dans l’histoire humaine, il n’y a pas eu beaucoup de moments où on a dû pratiquer la distanciation sociale. Qu’est-ce que la technologie peut compenser? Je ne le sais pas. Mais au moins, on a ça. J’essaie d’imaginer les pandémies du début du siècle et ça devait être extrêmement difficile. Facetime c’est mieux que rien, mais ce n’est pas idéal. »

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