Chad O'Shea, entraîneur des receveurs de passes des Patriots de la Nouvelle-Angeleterre, a exposé devant une centaine de coachs québécois la recette à succès qui permet au célèbre club de triompher plus souvent qu'à son tour.

Le «secret» des Patriots dévoilé

Le Rouge et Or, c'est un peu les Patriots du football universitaire canadien. «Peu importe les joueurs et les circonstances, ils trouvent toujours une façon de gagner», résume l'entraîneur des receveurs de passes des champions en titre du Super Bowl.
Chad O'Shea ne parle pas tricherie. Ce qu'il a exposé durant une heure devant une centaine de coachs québécois samedi après-midi, dans l'amphithéâtre-gymnase de l'Université Laval, c'est la recette à succès qui permet au célèbre club de la Nouvelle-Angleterre de triompher plus souvent qu'à son tour.
Plusieurs parallèles peuvent être tracés entre ce qui se fait à Foxborough et au PEPS. Quatre ingrédients simples que chacun doit se mettre en tête le matin en passant la porte du stade : travailler fort, faire son job, être attentif et placer l'équipe en premier. Une recette aussi facile à mettre sur papier que difficile à réussir.
«Nos succès avec les Pats sont souvent venus avec des gars qui sous-performaient au point de vue du talent. Mais ce qui nous a surtout démarqués des autres équipes de la NFL, ce sont les intangibles», affirme O'Shea, qui travaille dans le grand circuit depuis 14 ans, dont les sept dernières en Nouvelle-Angleterre.
Il possède donc deux bagues du Super Bowl. Dont le 51e, le 5 février dernier, où son équipe a effacé un déficit de 28-3 du début du troisième quart pour réaliser le plus important renversement de l'histoire du Super Bowl et gagner de 34-28 en prolongation.
«Le rôle de leader de l'entraîneur est important, encore plus quand ça va mal. Par exemple, quand tu perds par 25 à la demie au Super Bowl...» a-t-il illustré, révélant vidéo à l'appui que le jeu victorieux, une course de deux verges de James White pour le touché, avait été raté à la dernière séance d'entraînement.
Un ami de Constantin
O'Shea a connu Glen Constantin à l'Université de Houston, dans les années 90. L'Américain disputait sa dernière saison comme quart-arrière, le Québécois faisait partie du personnel d'entraîneurs. Ils ont ensuite été collègues comme coachs, même cochambreur à l'occasion.
«Je sais que Glen fait un travail incroyable. Nous savons très bien ce qui se passe ici et notre respect est grand pour le programme et le football canadien en général.»
O'Shea en était à sa deuxième clinique des entraîneurs du Rouge et Or, fin de semaine dirigée cette année par Carl Brennan. L'entraîneur des Pats insiste pour dire à quel point, comme lors de sa première visite, «la passion et les connaissances qui habitent les coachs» de l'UL l'ont impressionné.
Constantin et Bill Belichick proviennent de la même école de pensée sportive, pas de doute. «Les attentes et les standards sont très élevés chez les Pats et je reconnais plusieurs similitudes avec le programme d'ici», poursuit O'Shea, parlant d'«éviter de perdre avant de vouloir gagner».
Sinon, pour illustrer comment chaque joueur apprend différemment et que l'entraîneur doit déceler la façon d'atteindre chacun de ses protégés, on a su que Julian Edelman n'est pas toujours le plus concentré des ours. Sauf peut-être sur son fameux attrapé du Super Bowl.
Aussi que Danny Amendola, un autre receveur, n'est pas le plus gros ni le plus vite et n'a jamais été repêché. «Mais il est certainement l'un des joueurs les plus robustes à avoir endossé le gilet des Pats», croit O'Shea.
Tom Brady? Quelqu'un filme chacun de ses mouvements sur le terrain, que ce soit à l'entraînement, pendant l'échauffement d'avant-match ou durant la partie. Vous saurez toujours le trouver dans la salle vidéo en train de trouver une manière de s'améliorer.
Pour le reste, jusqu'à Belichick et Brady, personne n'a le monopole des bonnes idées en Nouvelle-Angleterre. O'Shea a du coup montré un jeu piqué à Clemson et qui a fait le bonheur des Patriots à plusieurs reprises.