L’Allemand Sebastian Vettel (à droite), a été le rival attendu de Lewis Hamilton.

Le sacre de Lewis Hamilton en cinq actes

PARIS — Retour en cinq actes sur le cinquième titre de champion du monde de Formule 1 décroché par le Britannique Lewis Hamilton (Mercedes) dimanche à Mexico, à l’issue du Grand Prix du Mexique.

GP d’Azerbaïdjan, 29 avril, 4e manche: Vettel trop impatient, Hamilton gagne enfin

L’Allemand Sebastian Vettel (Ferrari), rival attendu d’Hamilton et vainqueur des deux premiers GP, décroche facilement la pole devant l’Anglais. Il mène trente tours avant de rentrer aux stands, mais l’accrochage entre les deux Red Bull permet au Finlandais Valtteri Bottas (Mercedes) de devenir leader. Après une erreur du Français Romain Grosjean (Haas), la voiture de sécurité refait son apparition en fin de course et l’Allemand semble alors pouvoir doubler le Finlandais. Lorsqu’elle s’écarte, Vettel tente le tout pour le tout afin de passer Bottas, mais se retrouve piégé par ses pneus trop froids. Il les bloque au freinage et vire trop large, ce qui permet à Hamilton et au Finlandais Kimi Räikkönen (Ferrari) de le doubler. Le Britannique décroche ensuite un succès inattendu, son premier de la saison, quand le pneu arrière droit de son équipier explose à trois tours du terme à cause d’un débris. Le pilote Mercedes prend la tête du Championnat à Vettel, 4e, pour quatre points.


GP d’Allemagne, 22 juillet, 11e manche: grosse erreur de Vettel à domicile

Vettel aborde son Grand Prix national avec huit points d’avance sur Hamilton au classement des pilotes. L’Allemand décroche la pole position et voit le Britannique, privé de Q2 en raison d’une fuite hydraulique, partir seulement du 14e rang. Alors que la victoire lui semble acquise, la pluie se met à tomber sur une partie du Hockenheimring et Vettel, qui n’a pas changé de gommes, commet une grosse erreur au freinage à quinze tours de l’arrivée : il part tout droit dans le bac à gravier et termine dans les panneaux publicitaires. Hamilton, 4e avant l’accident de son rival, s’impose et reprend la tête du classement pour 17 unités. C’est l’un des tournants de la saison : l’Allemand ne reprendra jamais plus les commandes du Championnat.

GP d’Italie, 2 septembre, 14e manche: Ferrari se rate sur ses terres

Au départ du GP d’Italie à Monza, les Ferrari de Raïkkönen et Vettel, favorites après la victoire de l’Allemand en Belgique la semaine précédente, occupent la première ligne devant Hamilton. Pour la première fois en 18 ans, la Scuderia place ses deux pilotes en pointe à domicile mais, dans le premier tour, Vettel colle de trop près Raïkkönen et ne prend pas en compte l’attaque de Hamilton. Les deux rivaux se heurtent et l’Allemand, parti en tête-à-queue, se retrouve en fond de peloton. Hamilton finit par s’imposer devant le Finlandais, qui venait d’apprendre la veille que son contrat ne serait pas reconduit en 2019. Vettel, auteur d’une grosse remontée, ne termine que 4e.

GP de Singapour, 16 septembre, 15e manche: le «tour magique» de Hamilton

Spécialiste des qualifications, Hamilton signe une performance extraordinaire lors de celles de Singapour. Le natif de Stevenage repousse le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull) à 3/10e et Vettel à 6/10e et évoque un «tour magique». Sa pole, la 79e de sa carrière, lui confère un avantage crucial sur le circuit urbain de Marina Bay où il est très difficile de doubler. Au terme des 61 tours d’une course assez terne, marquée seulement par les difficultés pour passer le retardataire Grosjean, il contrôle sereinement la concurrence et notamment Vettel, 3derrière Verstappen. Les deux semaines précédentes, le Britannique avait multiplié les déplacements à travers le monde, notamment pour promouvoir sa collection de vêtements pour Tommy Hilfiger. Il fait une nouvelle fois taire ceux qui s’inquiétaient que ça ne le fatigue.

GP de Russie, 30 septembre, 16e manche: Mercedes sacrifie Bottas pour Hamilton

Bottas, qui s’est offert la pole devant un Hamilton moins brillant qu’à l’accoutumée en Q3, est en position de s’imposer devant son leader quand Mercedes lui demande de laisser passer ce dernier, ce qu’il fait au 25e tour. À cause d’une cloque sur son pneu arrière gauche, «Lewis était en danger face à Vettel», qu’il avait déjà eu du mal à dépasser après leurs arrêts respectifs aux stands dix tours plus tôt, lui explique-t-on. Le Finlandais demande s’il peut reprendre sa place dans le dernier tour, mais son écurie n’honore pas sa requête, laissant la victoire à Hamilton, dont l’avance en tête du classement des pilotes passe à 50 points, l’équivalent de deux victoires. «La dure réalité a voulu que l’on puisse augmenter notre avance dans un Championnat qui a été très compliqué par moments. Parfois, il faut faire ce genre de choix et c’est ce qu’on a fait aujourd’hui», justifie Toto Wolff, le patron des Flèches d’argent, face à la polémique née de cette première consigne d’équipe de la saison.