En gains nets sur le terrain, les Redmen de McGill ont été limités à 84 verges, contre 445 pour le Rouge et Or de l'Université Laval.

Le Rouge et Or écrase les Redmen 34-0

Le Rouge et Or a embouteillé les Redmen de McGill pendant 60 minutes, dimanche après-midi, en route vers une victoire de 34-0 devant 11 056 spectateurs au stade Telus du PEPS de l'Université Laval. La défensive a été intraitable, réalisant neuf sacs du quart.
Ce triomphe sans appel a permis de faire oublier la courte victoire de 12-8 acquise la semaine dernière contre les Stingers de Concordia, performance restée en travers de la gorge d'un peu tout le monde chez le Rouge et Or (4-1).
«Quand on joue mal, c'est dur pour l'orgueil», a dit le receveur de passes Benoît Gagnon-Brousseau. «On a senti aujourd'hui que le focus était plus haut, que l'intensité était plus haute.»
«Défensivement, on a fait de très belles choses», a constaté l'entraîneur-chef Glen Constantin. «Beaucoup de pression sur le quart-arrière; c'est quelque chose qu'on voulait débloquer.» En gains nets, les Redmen ont été limités à 84 verges, contre 445 pour le Rouge et Or.
Mathieu Betts a été le chef de file de ce succès, avec 3,5 sacs. Autant son ancien coéquipier au collégial Frédéric Paquette-Perrault que le remplaçant de ce dernier au quatrième quart, Dimitrios Sinodinos, ont été ses victimes. «Neuf, c'est un beau numéro à la base», a lancé le 9 du Rouge et Or, parlant d'un match de «coups de circuit».
«Sur la ligne défensive, c'est notre façon de contribuer, a-t-il ajouté. Depuis le début de la saison, on savait que ça allait débloquer. Quand on a des sacs tôt dans la partie, ça influence négativement un quart-arrière, sa vision du jeu rétrécit.» Laval n'avait que six sacs jusque-là cette saison.
Deux touchés seulement
Les gagnants n'ont toutefois réussi que deux touchés, dimanche, les deux en première demie. Hugo Richard a rejoint un Étienne Moisan laissé fin seul à l'entrée de la zone des buts au premier quart, un jeu de 30 verges. Puis, vers la fin du deuxième, Alexandre Savard a effectué un joli plongeon pour capter un relais de 10 verges.
L'offensive a repris du poil de la bête, a indiqué Constantin. «Il y a encore des choses à améliorer, mais on est satisfaits. On a eu une bonne semaine de pratique, et on joue vraiment à l'image de ce qu'on fait durant la semaine.»
Douze des vingt autres points ont été inscrits grâce à six touchés de sûreté, les Redmen (1-4) choisissant cinq fois de poser un genou au sol dans leur zone des buts pour se donner une meilleure position. L'autre réussite du genre est venue des épaules de Betts, dont l'un des sacs a été réussi contre Paquette-Perrault dans la partie rouge du terrain.
Au quatrième quart, David Côté a bien exécuté deux placements, des succès de 32 et 15 verges. Si votre calcul est bon, il manque deux points. Ceux-ci ont été acquis sur des simples (rouges), au deuxième quart.
Du côté des Redmen, Ronald Hilaire a blâmé l'indiscipline des siens, souvent en tort au moment où ils prenaient de l'élan. Deux pénalités ont d'ailleurs mené aux touchés de Laval. La première sur un botté de dégagement de Dominic Lévesque qui a permis à Laval de reprendre le ballon; la deuxième sur une interception de Tristan Fleury ramenée au milieu du terrain. Les Redmen semblaient enfin s'éloigner de leur zone des buts... mais un joueur de McGill s'est rendu coupable d'un contact illégal sur la séquence, loin du jeu, pour redonner le ballon aux locaux.
«Notre but, c'était de les arrêter. Bend but not break. Et je pense qu'on a été ça aujourd'hui, à part pour les pénalités. On s'est [aussi] tiré dans le pied en offensive, ce qui nous mettait premier [jeu] et 15 ou 20 [verges]. Tu ne peux pas faire ça contre une équipe championne», a souligné l'entraîneur-chef de l'université montréalaise.
Prochain arrêt pour le Rouge et Or : Sherbrooke, où il affrontera le Vert & Or samedi. Le prochain match à domicile attendra au 21 octobre, lors de la visite attendue des Carabins de l'Université de Montréal.
Betts à un sac du record d'équipe
Au rythme où Betts accumule les sacs du quart, même le record québécois (31,5, Jim Aru) pourrait être dépassé cette saison.
Mathieu Betts n'est plus qu'à un sac d'égaler le record pour une carrière dans le Rouge et Or. Vincent Desloges détient la marque de 26,5, un chiffre que la terreur des quarts-arrière n'aura aucun mal à éclipser.
«On vient de me l'apprendre. Maintenant, je suis au courant» a lancé le plaqueur étoile, mi-blagueur. «D'ici trois ans, ça devrait être atteignable. Je pense que je ne me concentrerai pas trop là-dessus.»
En fait, le joueur de troisième année n'a devant lui qu'un maximum de deux ans et demi de jeu restant avec l'Université Laval. Et étant donné son brio, parions qu'il pourrait disputer la dernière de ces saisons dans les rangs professionnels. Mais peu importe. Car au rythme où Betts accumule les plaqués de quarts derrière la ligne de mêlée, même le record québécois (31,5, Jim Aru) pourrait être dépassé dès cette saison.
«C'est juste le fun pour nous en tant qu'unité. C'est un travail collectif», a ajouté Betts, toujours prompt à parler au «nous» et non au «je».
Et il a raison. Car dimanche, ses coéquipiers ont réussi 5,5 sacs, dont 1,5 venu de Samuel Maranda-Bizeau très tôt dans la rencontre. «Hier [samedi], on a regardé pas mal de vidéos sur la ligne offensive de McGill. On avait vu des places où il y avait des choses à exploiter. Au début du match, j'ai juste appliqué ce que Glen [Constantin] m'a dit hier», a raconté la recrue, un ancien du Campus Notre-Dame-de-Foy.
En attaque, Hugo Richard a joué tout le match, complétant 32 de ses 40 passes pour des gains de 376 verges. Il a franchi les 300 verges pour la quatrième fois en cinq matchs cette saison. Jonathan Breton-Robert (8 attrapés, 81 verges), Benoît Gagnon-Brousseau (6, 93) et Étienne Moisan (5, 92) ont été ses cibles favorites.
Attaque affamée
Le quart-vedette de Laval s'est dit à moitié heureux de sa sortie. «Je suis satisfait de la première demie. La deuxième, ç'a été un peu plus dur en termes de mouvements du ballon. On a été incapables de bouger le ballon au sol tout au long du match», a expliqué Richard, qui s'explique mal les récents insuccès par la course des siens, limités à 72 verges dimanche, dont 31 par le quart.
Selon Moisan, l'attaque du Rouge et Or «avait faim» après avoir été limitée à un touché et un placement une semaine plus tôt. «Toute la semaine en pratique, c'était le mot d'ordre. [...] On voulait sortir fort. On avait du jus en partant. [En deuxième demie], on a essayé des choses. Je pense qu'il faut resserrer les blocs sur les jeux au sol», a analysé l'auteur du premier touché de la rencontre.
De son côté, Gagnon-Brousseau a bien fait les choses comme receveur éloigné, lui dont les tâches habituelles l'amènent plus près du centre du terrain. «Receveur, c'est receveur. Tu cours des tracés et t'attrapes des ballons. Ça ne change pas tant que ça», a-t-il affirmé.
Une interception pour Lévesque
En remplacement de Kevin McGee, suspendu un match, Vincent Lévesque a livré une solide performance ponctuée d'une interception, dimanche. 
Le maraudeur, ancien quart-arrière des Gaulois de La Pocatière au collégial, commençait une rencontre en défensive pour la première fois de sa carrière. 
«Il a fait de très, très belles choses. Il faut qu'il ait l'opportunité de jouer. C'est un gars intelligent. Il faut juste qu'il prenne de l'expérience. Je suis content pour lui», l'a vanté son entraîneur-chef, Glen Constantin. Lévesque aurait même pu ajouter à sa récolte. Mais sa deuxième interception de la rencontre a finalement été annulée en raison d'une pénalité décernée au Rouge et Or. 
Peu importe, car le joueur de deuxième année aura laissé une belle impression, même s'il cédera sa place à McGee, la semaine prochaine. 
«Si les coachs voient que tu peux faire du bon boulot, ils sont moins nerveux la prochaine fois qu'ils doivent t'embarquer. Et aussi les joueurs, qui auront plus confiance en moi», a dit Lévesque, souvent en action sur les unités spéciales depuis son arrivée à Laval.