Le joueur de ligne offensive Nicolas Thibodeau effectuera dimanche son premier départ dans les rangs universitaires.

Le Rouge et Or brasse un peu la soupe

Blessures, mi-campagne, lendemain de défaite, semaine de congé. Les éléments étaient réunis chez le Rouge et Or pour brasser la soupe et effectuer plusieurs changements dans l'alignement.
L'entraîneur-chef Glen Constantin s'est adressé à ses joueurs pendant de longues minutes, samedi matin, en conclusion du dernier entraînement avant le vrai retour en action contre les Stingers de Concordia, dimanche (13h), au stade de l'Université Laval. Un discours plus long qu'à l'habitude.
Pour ceux qui croient que la direction du Rouge et Or (2-1) prend de haut la visite des Stingers (2-1) et le deuxième rang à l'enjeu, détrompez-vous. Vendredi, on a entendu des entraîneurs élever la voix, et pas qu'un peu.
Avec les Francis Chabot, Cédric Lussier-Roy, Louis-Philippe St-Amant, Marc-Antoine Varin et Marc-Antoine Pivin hors de combat, pour ne nommer que les réguliers, les mouvements de personnel sont nombreux dans la charte des positions en vue de cette quatrième rencontre de saison.
«C'est de jouer un peu avec le personnel, voir où les joueurs sont plus à l'aise. On regarde pour trouver la bonne combinaison. On considère qu'on est en train d'essayer de trouver la bonne combinaison», a expliqué le coordonnateur à l'attaque Justin Ethier, pour justifier les changements au sein de la ligne offensive. Une analyse qui pourrait s'appliquer à plusieurs autres postes dans l'équipe.
Avec le garde de 6'8'' Chabot hors service, on change les deux gardes. Kétel Assé passe d'un bout de la ligne à l'autre et Nicolas Thibodeau obtient son premier départ dans les rangs universitaires.
Thibodeau se réjouit de la promotion, mais refuse de s'emballer. «J'y vais un match à la fois. Là, c'est Concordia et après, on verra. La ligne offensive est une position de répétition et jouer plus va me permettre de progresser plus vite», avance celui qui avait pris part à la lutte comme suppléant au dernier match, contre Montréal.
Vous entendrez d'autres noms moins familiers tels Carl Achy, Kean Harelimana, Dan Basambombo, Laurent Rondeau, Laurence Poirier-Viens, Marco Dubois, Pierre-Karl Lanctôt, Luca Perrier. À l'instar de Thibodeau, le demi défensif Nicolas Viens sera aussi partant pour la première fois depuis qu'il porte les couleurs de l'Université Laval, soit... trois ans!
«Nerveux? Non. Excité. J'ai hâte. C'est un rêve de petit gars! Mais je vais faire ma job et m'en tenir à ça», a commenté Viens avec le sourire, assurant ne pas avoir trouvé l'attente trop longue.
Écouter les vétérans
«Je partais de loin! Avant de me joindre au Rouge et Or, je pensais arrêter le football et j'étais parti en voyage [en Nouvelle-Zélande]. Je suis revenu et c'était le cours normal pour que je devienne prêt à jouer. J'ai fait mes preuves et les entraîneurs me font maintenant confiance. Je suis rendu là», fait valoir celui qui a vu du terrain à compter de la mi-saison l'an passé au sein d'une formation à sept demis défensifs (dime).
Il se sait en sursis, en attente du retour au jeu de St-Amant. Mais cela ne l'empêchera pas de profiter de chaque moment passé sur le terrain entre autres aux côtés de l'un de ses mentors des dernières années, Gabriel Ouellet. Qui avec Gabriel Marcoux, finissant l'an dernier, a su guider le jeune Viens.
«J'ai toujours écouté les vétérans qui m'ont donné des conseils et je suis prêt à poursuivre la tradition et exceller», résume le bon soldat.
Quant au rappel à l'ordre très audible de vendredi, coach Ethier avoue avoir détecté une baisse d'intensité chez ses protégés, mais n'en fait pas un plat. «On était déçus de ça, mais ça fait trop longtemps que je coache pour commencer à m'inquiéter d'une mauvaise pratique ou à m'emballer avec une bonne pratique. C'est mon côté optimiste, je crois que personne n'avait de mauvaises intentions», conclut le patron de l'attaque.
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Pierre travaille même sans le ballon
311. Plus grande performance d'un receveur dans l'histoire du football universitaire québécois. Il y a deux ans, Tyrone Pierre, du Rouge et Or, captait 11 passes pour 311 verges de gains et deux touchés. Dans un seul et même match. Contre les Stingers de Concordia, justement, au PEPS, comme ce dimanche.
Depuis, Pierre n'a plus jamais surpassé la centaine de verges une journée donnée. Une seule fois au-delà de 50. L'élancé ailier espacé est retourné dans l'ombre du système offensif. Le joueur de quatrième année a cependant été le seul receveur à capter au moins un ballon dans chacun des 20 matchs disputés par le Rouge et Or depuis cette explosion du 4 octobre 2015. Il s'approche ainsi des 1500 verges en carrière universitaire, séries incluses (1424).
«C'est aux journalistes de regarder les statistiques. Moi, je suis content d'être avec le Rouge et Or et je ferai ce que les entraîneurs me demandent. Je n'ai pas d'attentes personnelles, c'est tout pour l'équipe», affirme l'Ontarien de 6'3'' et de 210 lb.
Quand même. Pour son année de repêchage, ses présences sous les feux de la rampe demeurent limitées avec neuf attrapés, 83 verges et aucun touché jusqu'ici. Une situation qui ne l'inquiète pas, ou devrait-on dire qui ne l'inquiète plus.
Tyronne Pierre préfère ne pas trop s'inquiéter de ses statistiques et se concentrer à devenir le joueur le plus complet possible, même lorsqu'il n'a pas la chance de toucher au ballon.
«Avant, je pensais surtout à avoir ballon. Mais maintenant, je suis plus concentré sur mon assignation et même si je n'ai pas le ballon, je m'assure que j'ai fait mon travail pour que le gars à côté de moi puisse réussir le sien», explique le marchand de vitesse.
Se sachant sous la loupe des éclaireurs de la LCF, la centrale de recrutement l'a classé septième espoir en vue du repêchage de mai prochain, Pierre s'échine à parfaire d'autres aspects de son jeu. «Je peux faire de multiples choses sans le ballon. Je dois courir mes tracés à la perfection et toujours être à 110 % pour que le jeu de l'équipe réussisse», dit-il.
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Miller voyage, ses ballons aussi
Né en Idaho, élevé à Buffalo, il a parfait son football en Floride et en Caroline du Nord. Dimanche, Trenton Miller arrive de Montréal pour affronter le Rouge et Or, à Québec. Et l'an prochain, toutes ces raisons devraient lui permettre de jouer à Ottawa, Regina ou Vancouver.
Le quart-arrière des Stingers de l'Université Concordia en a fait, du chemin. Les quatre coins de l'Amérique du Nord ou presque, ouest, est, sud, nord. Et même si sa carrière universitaire tire à sa fin, il se dit loin d'être au bout du chemin.
«Je veux vraiment essayer la LCF et peut-être un camp de la NFL», a affirmé Miller au téléphone, quelques jours avant de venir se produire au stade de l'Université Laval.
Miller s'avère l'un des rares Américains à avoir expérimenté le football universitaire canadien. Il estime ainsi détenir un profil unique et précieux aux yeux des équipes du circuit professionnel canadien.
L'athlète de 6'2'' et 225 lb peut passer et courir. Il sait qu'au niveau supérieur, on lui demandera peut-être de changer de position. Comme les Mathieu Bertrand, Marc-Olivier Brouillette et Brad Sinopoli, brillants quarts dans l'universitaire canadien avant de faire carrière à un autre poste dans la LCF. «Je ferai tout ce qu'ils me demanderont», assure d'abord Miller. «Mais je sais très bien que je peux exceller dans la LCF à la position de quart-arrière si on m'en donne l'occasion», ajoute-t-il du même souffle.
Celui qui porte le 13 chanceux écoule sa troisième et dernière campagne à Concordia, où il étudie à la maîtrise en administration des affaires (MBA). Avant d'accepter l'offre des frères Donovan et de Matt Connell, il a passé une saison sans jouer au sein de la prestigieuse Université South Florida en première division de la NCAA, puis deux ans à l'Université Mars Hill en D2, où on l'a nommé meilleur joueur offensif de première année de sa conférence en 2013.
En pleine possession de ses moyens
Joueur universitaire par excellence au Québec en 2015, il a connu davantage de difficultés l'an dernier avec neuf passes de touché et 13 interceptions. Voilà qu'avec 1070 verges de gains aériens, six passes de touchés, toutes réussies dans le même match contre McGill, un record d'équipe, une seule interception et près de 65 % de ses lancers captés, Miller semble bel et bien «revenu en pleine possession de ses moyens», comme l'a souligné l'entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, cette semaine.
Après trois rencontres, le quart Trenton Miller occupe le deuxième rang du circuit canadien avec une moyenne de gains aériens de 356,7 verges par match.
Après trois rencontres, sa moyenne de 356,7 verges par la passe par match en faisait le deuxième au Canada à ce chapitre. À titre de comparaison, Hugo Richard, le pivot de l'UL, affiche 334,3.
«On est sur une bonne cadence, on est en santé et on travaille fort, indique Miller. Mais la clé pour nous dimanche sera simple : l'exécution. Si tu regardes nos matchs contre Laval ces dernières années, les seuls qui nous ont freinés, c'est nous-mêmes.
«C'est clair que Laval possède une excellente équipe, mais si on avait exécuté quatre ou cinq jeux autrement, le pointage aurait été fort différent», prétend celui qui atteindra sur le terrain du PEPS les plateaux des 6000 verges de gains aériens et 500 verges au sol depuis son arrivée chez les Stingers. Il est à 5974 et 495, séries incluses.