Originaire de La Rochelle, celle qui a visité Québec en 1984 pour la toute première transat, accompagnant son père qui était du périple, remet finalement les pieds dans la capitale après douze ans d'absence.

Le retour de la «louve de mer»

Gagnante de la Transat Québec-Saint-Malo en 2004 alors qu'elle était skipper du trimaran Sergio Tacchini, la Française Karine Fauconnier revient défendre son titre à retardement, n'ayant plus participé à l'épreuve depuis.
Originaire de La Rochelle, celle qui a visité Québec en 1984 pour la toute première transat, accompagnant son père qui était du périple, remet finalement les pieds dans la capitale après douze ans d'absence. Elle était devenue la première femme à remporter une course de l'ORMA (Ocean Racing Multihull Association) en équipage, en 2004, en gagnant la Transat Québec-Saint-Malo. Elle avait alors 32 ans.
La voilà de retour, deux transats plus tard, à 44 ans, dans l'équipe du skipper Lalou Roucayrol à bord du trimaran Arkema. Son objectif est clair: gagner. «On a de bonnes chances. On a un bon bateau, un bon équipage [...] C'est notre objectif à moi et à toute l'équipe», raconte-t-elle avec confiance au Soleil.
Fauconnier, qui avait complété la transat en sept jours et 21 heures en 2004 - à 36 minutes du record - entend mettre son expérience à profit pour aider son équipe à atteindre ses visées. Celle qui accepte volontiers le statut de «louve de mer» sera notamment responsable d'analyser la météo et de déterminer quelle sera la meilleure ligne de course à prendre. 
Dans tout ce beau défi, elle compte aussi sur... la chance. «Il y a un facteur chance sur ce fleuve-là. [...] Il faut trouver la bonne route, ne pas casser, ne pas rencontrer de baleine, ne pas avoir d'avarie de voiles. Il y a pas mal de paramètres à considérer. On ne peut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué!», souligne-t-elle. 
Respect du fleuve
Comme bien des marins, elle dit respecter le fleuve Saint-Laurent et ses nombreux mystères. «Le Saint-Laurent est plein d'îles, de cailloux, de bancs de sable. Il faut se méfier et aller aux bons endroits. Il faut se méfier des baleines et des nombreux objets flottants. Comme il y a eu beaucoup de pluie récemment, on s'attend à voir beaucoup de débris, des branches et des troncs d'arbres. [...] On n'a pas de radar. De nuit, c'est complètement la chance.»
Outre ses dangers, Karine Fauconnier dit surtout se souvenir des panoramas qu'offrent le fleuve et son estuaire. «J'ai vraiment un souvenir d'avoir pris du plaisir sur cette descente de Saint-Laurent. Les marques de parcours, à Gaspé, à Percé, les Îles-de-la-Madeleine, ce sont des endroits très jolis. Même si on a une pression [de performance], c'est un vrai plaisir d'être en mer, de voir ces paysages.»
Fauconnier est l'une des quatre femmes faisant partie des 26 équipes participant cette année à la Transat. Interrogée sur cette disparité entre les sexes, elle rétorque avec aplomb «qu'on est marin avant d'être un homme ou une femme».
Elle admet que quatre, «ce n'est pas encore beaucoup», mais dit apprécier que son sport ne soit pas divisé en catégories uniquement féminine ou masculine. «Je ne suis pas du tout que pour les équipages tout féminins et contre les équipages tout masculins. Je trouve la richesse dans la mixité. On a des choses à s'apporter; ça équilibre pas mal les rapports. C'est plutôt mieux que de s'enfermer dans un genre», plaide-t-elle. «C'est un sport où il n'y a pas de classement féminin; je trouve ça super. C'est la vraie parité, mais c'est vrai que ce n'est pas forcément facile de monter au niveau des hommes.»