Le copropriétaire des Alouettes de Montréal, Andrew Wetenhall, veut voir son club participer aux éliminatoires dès la saison prochaine et, dans un «avenir raisonnable», devenir un aspirant sérieux à la Coupe Grey.

Le propriétaire des Alouettes inquiet et insatisfait

Andrew Wetenhall est inquiet et insatisfait. Quand on sait à quel point son père Robert et lui détestent l’échec, c’est de mauvais augure pour les dirigeants des Alouettes de Montréal, à commencer par le directeur général Kavis Reed.

«Cette équipe n’a pas gagné sous Kavis au cours des deux dernières années. Je pense que l’expression “sous haute surveillance” s’appliquera dans son cas. À sa troisième saison en fonction, un directeur général a suffisamment de ses éléments en place que l’on devrait voir des résultats», a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à La Presse canadienne de ses bureaux de New York.

Avec une fiche de 8-28 au cours des deux dernières campagnes, les opérations football ont failli à leur tâche. «Les attentes l’an prochain, c’est de participer aux matchs éliminatoires. Ultimement — pas l’an prochain, mais dans un avenir raisonnable —, il faudra avoir une équipe aspirant à gagner la Coupe Grey. Qu’elle gagne ou non, c’est secondaire, mais elle doit être de calibre pour l’emporter.»

Le copropriétaire du club est aussi inquiet des liens effrités entre la communauté et son club. «La vente de billets est en baisse. Ça a un réel impact sur notre organisation, avant tout financier. Nous investissons beaucoup dans cette équipe [...], alors oui, nous sommes inquiets par ce manque d’appui.»

Wetenhall estime également que les baisses d’assistance ont une incidence sur le terrain. «Nous avons perdu l’avantage de jouer au stade Percival-Molson. C’était un endroit bruyant, intimidant, où il était difficile de jouer pour nos adversaires. Les gouverneurs des autres équipes nous ont dit que ce n’était plus le cas.»

Entreprise déficitaire

À son avis, l’équipe se trouve dans un cercle vicieux. «Comme nous sommes incapables de remplir nos gradins comme avant, ça fait en sorte qu’il est plus difficile d’attirer des joueurs dans notre marché. Les foules sont importantes, car elles ont une incidence directe sur les finances du club. Elles ont aussi des implications compétitives.»

Tout au long de cet entretien, Wetenhall a parlé des Alouettes comme d’une entreprise. C’est ce que l’équipe représente à ses yeux : un investissement, pas un hobby. L’objectif n’a jamais été d’engranger de fortes sommes avec le club, mais l’opération doit avoir du sens d’un point de vue économique.

«À chaque année ou presque, nous devons réinjecter de l’argent afin d’assumer les frais de l’équipe. Nous n’avons été profitables que lorsque nous avons accueilli un match de la Coupe Grey, alors que l’équipe hôtesse obtient une part des profits générés par cet événement.

Appel aux partisans

«Nous n’avons jamais fait d’argent avec cette équipe. C’est particulièrement vrai de nos jours, alors que nous perdons des sommes considérables dans cette aventure. Oui, ça doit avoir du sens financièrement. Mais je ne vous dirai pas à partir de quel point ça n’en a plus, car je ne veux pas donner de chiffres. Je dirai par contre que nous voulons ramener cette concession à un point où elle est viable. Cela signifie donc d’avoir beaucoup plus de gens dans les gradins que présentement.»

Les Wetenhall aiment toujours autant Mont­réal et les Alouettes. Ils demandent à leurs partisans un peu plus de patience. «Mont­réal est un marché aussi exigeant que n’importe quel autre en terme de victoires. Mais ce que j’aimerais, c’est que les Montréalais continuent d’encourager leurs équipes quand celles-ci sont en transition. C’est tout ce que nous demandons aux Montréalais.»