Pouliot dirige l’une des meilleures équipes de la LHJMQ pour une deuxième saison de suite. L’an passé, il a remporté la Coupe du Président et la Coupe Memorial avec le Titan d’Acadie-Bathurst.

Le privilège de Mario Pouliot, entraîneur des Huskies

Ce n’est pas seulement un très bon club de hockey qui se présente au Centre Vidéotron, jeudi, pour y affronter les Remparts de Québec. Les Huskies de Rouyn-Noranda forment aussi une véritable machine de guerre et renversent tout sur leur passage depuis la fin de la période des transactions.

La formation de l’Abitibi n’a pas encore subi la défaite en 2019, signant 14 victoires d’affilée. Acquis en janvier, le défenseur Noah Dobson, et l’attaquant Joël Teasdale n’ont toujours pas perdu dans leur nouvel uniforme.

«Honnêtement, je ne sais, ce n’est pas quelque chose que je regarde. Je vais utiliser un cliché, mais quand ça va bien, il faut être humble et rester sur la tâche. L’objectif est de s’améliorer tous les jours», expliquait l’entraîneur-chef Mario Pouliot, mercredi, rejoint à la hauteur de Mont-Tremblant sur la route menant son club à Québec.

Les Huskies, qui occupent d’ailleurs le premier du classement top 10 de la LCH, cette semaine, n’ont que sept défaites depuis le début de la saison. Dans l’histoire de la LHJMQ, seulement deux équipes (les Remparts de 1970-1971 et les Draveurs de Trois-Rivières de 1978-1979) ont perdu moins de 10 fois en une saison.

«J’ai appris de mon séjour à Bathurst d’y aller au jour le jour. On ne regarde pas le nombre de matchs qu’il nous reste à jouer, mais le prochain à notre calendrier contre les Remparts, c’est comme ça qu’on pense. La façon de gagner, c’est de se concentrer sur le processus.»

Deux de suite?

Pouliot dirige l’une des meilleures équipes de la LHJMQ pour une deuxième saison de suite. L’an passé, il a remporté la Coupe du Président et la Coupe Memorial avec le Titan d’Acadie-Bathurst. Il pourrait réussir un rare doublé, mais refuse de se projeter dans l’avenir.

«Je ne commencerai pas à faire le contraire de ce que je demande à nos joueurs. Je peux dire, par contre, que je suis privilégié de pouvoir diriger d’aussi bonnes équipes. Quand je compare avec l’an passé, je vois une différence parce que les gars ont grandi ensemble, la chimie est incroyable dans l’équipe. Nous avons un club soudé comme ça fait longtemps que je n’ai pas vu», convenait celui qui misait aussi sur un bon groupe de leaders avec le Titan.

Lorsqu’il a remplacé Gilles Bouchard à la barre des Huskies, Pouliot, un adepte du jeu rapide, savait que le club avait beaucoup de profondeur et du potentiel. Il a procédé à quelques ajouts importants, comme Dobson, Teasdale et Louis-Filip Côté, acquis des Remparts, qui affrontera ses ex-coéquipiers pour la première fois. Il montre d’ailleurs la même production (7 buts et 9 passes) avec les Huskies que celle qu’il avait avec les Remparts au moment de l’échange.

«Louis-Filip est un joueur multidimensionnel. Il a beaucoup amélioré son coup de patin et on l’utilise autant en avantage qu’en désavantage numérique», précisait Pouliot.

Les Huskies alignent aussi un solide duo de gardiens en Samuel Harvey et Zachary Émond. Et comme ce n’était pas assez, le meilleur compteur de la LHJMQ porte aussi le chandail de la Meute, soit Peter Abbandonato, auteur de 84 points depuis le début de la saison. L’entraîneur-chef n’oublie surtout pas le capitaine Rafaël Harvey-Pinard, «qui mène la charge à chaque fois qu’il est sur la glace, autant dans les matchs que les entraînements», dit-il.

Malgré les succès de son club, Pouliot sait que d’autres formations ont des visées identiques à la sienne. «Il y a beaucoup de parité dans la Ligue, ça pousse énormément dans notre conférence pour l’avantage de la glace. Il y a deux semaines, ce fut tout un match entre nous et Drummondville, ça va se jouer sur les petits détails en bout de ligne», ajoutait-il en soulignant que Baie-Comeau, Halifax, Rimouski et même Cap-Breton étaient aussi de fort calibre.

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Un échange que Roy ferait encore

Chez les Remparts, on sait que l’adversaire est de taille, mais on préfère regarder dans sa propre cour au lieu de celle du clan adverse. «Je ne pense pas à eux, mais plutôt à nous et aux choses qu’on veut améliorer. De toute manière, les Huskies ne sont pas dans notre division et la seule façon qu’on pourrait les affronter en séries, ce serait dans le carré d’as. Et on est loin de ça», notait l’entraîneur-chef Patrick Roy.
Il ne remettait pas non plus en question l’échange de Louis-Filip Côté à Rouyn-Noranda en retour du défenseur Romain Rodzinski (toujours blessé) et de plusieurs choix au repêchage. «À chaque fois que tu fais une transaction, les deux équipes doivent en profiter et nous allons le faire, éventuellement. Des défenseurs, ils n’en vendent pas chez Walmart, c’était important d’en obtenir un. Avec le choix de deuxième ronde, on est allé chercher [Édouard] St-Laurent et on verra ce qui arrivera avec les choix de 3e et 5e rondes. Ce que je sais, c’est que demain, on aura un meilleur club à cause de cet échange», notait celui qui porte aussi le chapeau de directeur général de l’équipe.