C’est à l’âge de 34 ans, comme entraîneur adjoint des Mariniers de Sorel-Tracy, que Benoît Mondou, le fils de Pierre, ex-joueur du Canadien, a vécu jeudi, au Centre Vidéotron, son premier match du Tournoi pee-wee de Québec.

Le premier tournoi pee-wee de Benoît Mondou

On l’oublie souvent, mais le Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, c’est beaucoup d’appelés et peu d’élus. Plusieurs équipes de qualité qui présentent leur candidature n’obtiennent pas nécessairement un laissez-passer et des joueurs peuvent ainsi attendre très longtemps avant de connaître leur premier Tournoi pee-wee...

L’ancien du Drakkar de Baie-Comeau Benoît Mondou aura attendu 22 ans. Après son stage dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, après avoir été repêché par les Bruins de Boston, après quelques camps d’entraînement avec les Devils du New Jersey, après trois saisons dans la Ligue américaine et la Ligue de la Côte Est et une décennie en Europe...

C’est à l’âge de 34 ans, comme entraîneur adjoint des Mariniers de Sorel-Tracy, que Benoît vivait jeudi, au Centre Vidéotron, son premier match du Tournoi pee-wee de Québec.

«J’aurai attendu plus de 20 ans! Je me souviens qu’à l’époque, on avait fait une demande quand j’étais pee-wee et qu’on avait été refusés... L’autre année, je ne sais pas si c’est parce qu’on avait été refusés ou parce qu’on n’avait pas fait une autre demande, mais je n’y étais jamais allé», poursuit le fils de l’ancien attaquant des Canadiens de Montréal Pierre Mondou.

Rivalité Drakkar-Remparts

L’ancien ailier du Drakkar de Baie-Comeau se souvient toutefois très bien de ses premiers coups de patin dans l’ancien Colisée de Québec, quatre ans plus tard, comme membre du Drakkar de Baie-Comeau en 2001. 

Âgé de seulement 16 ans, il avait marqué 25 buts et ajouté 45 aides en 64 matchs cette saison-là. «J’avais été recrue de l’année et je me souviens de la rivalité très intense qu’il y avait avec les Remparts de Québec. Il y avait encore beaucoup de bagarres et notre coach était Richard Martel, maintenant député conservateur, qui ne détestait pas du tout le jeu rude», se remémore Mondou.

Après avoir évolué dans la Ligue américaine et la Ligue de la Côte Est, Mondou a comme plusieurs fait le saut en Europe. D’abord en Autriche, puis en Suisse où il a passé huit saisons, essentiellement avec le Hockey Club de La Chaux-de-Fonds.

Fin prématurée

La carrière de Benoît a pris fin à l’âge de 31 ans en raison de blessures, un refrain connu chez les Mondou. Son père Pierre avait en effet lui aussi cessé de pratiquer son sport de façon prématurée, à l’âge de 29 ans, après avoir été blessé à un œil par le défenseur des Whalers de Hartford Ulf Samuelsson.

«Dans mon cas à moi, ce sont les commotions cérébrales. J’en ai fait plusieurs et je voyais les effets que ça avait. J’ai vu ce qui est arrivé à mon père et je n’ai pas hésité. On ne se trompe jamais quand on prend une décision comme ça pour sa santé. À l’époque de mon père, je me demande même s’ils utilisaient le mot «commotion». Ils appelaient ça être étourdi. Aujourd’hui, on fait beaucoup plus attention à ça», explique Benoît.

Mettre fin à sa carrière de hockeyeur professionnel n’a pas été aussi difficile que Benoît l’aurait cru au départ. Il faut dire que Mondou se tient occupé : il possède maintenant une société immobilière, détient son permis d’entrepreneur général et fait également des travaux d’émondage.

Retour à l’aréna

Ceci étant dit, ce n’est pas facile de tenir un Mondou loin des patinoires bien longtemps. Comme le paternel, toujours dépisteur pour les Devils du New Jersey à l’âge de 64 ans, le fils a choisi de revenir vers le sport qu’il pratique depuis qu’il est tout petit.

«J’ai commencé il y a deux ans à entraîner des jeunes de niveau atome BB et non, je n’ai pas d’enfant qui joue à ce niveau. Je l’ai fait pour redonner un peu de ce que j’avais reçu, car j’ai toujours eu de bons entraîneurs à Sorel», explique celui qui a suivi ses protégés au niveau pee-wee, comme adjoint à l’entraîneur-chef Luc Desgagnés.

«Ce que j’essaie de transmettre à ces jeunes, c’est d’abord de leur faire comprendre à quel point ils sont chanceux de jouer au hockey, à quel point c’est un beau sport grâce auquel ils peuvent encore vivre plusieurs belles années», termine-t-il.

Ses petits Mariniers ont été tenaces jeudi et ont remonté la pente pour vaincre les Gouverneurs de Québec-Ouest 4 à 3 en tirs de barrage. Grâce au but décisif du jeune Nathan Mongeau, qui a habilement déjoué le gardien Diamond-Dale Drolet, ils reviendront donc au Centre Vidéotron au moins une autre fois, soit lundi pour se frotter aux Seigneurs de Lotbinière.