Maxence Parrot l'an dernier

Le pacte de Maxence Parrot

Il y a des pactes plus cruciaux que d’autres. Comme celui conclu entre Maxence Parrot et son ami d’enfance, Jean-David Lessard.

La nouvelle est tombée à l’automne 2016 : Lessard, jeune vingtaine, est atteint d’un lymphome hodgkinien, une forme de cancer. «Ç’a été un choc. D’avoir un cancer à son âge, c’est épouvantable», affirme Parrot, rencontré mercredi en marge de la conférence de presse d’ouverture du Jamboree, entre les bretelles de l’autoroute Dufferin--Montmorency. «Je le connais depuis que j’ai deux ans.»

Pendant la saison 2016-2017, le travail du snowboarder québécois et les voyages qui viennent avec l’empêcheront d’être physiquement présent pour son ami. Pendant que Lessard subira des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie, Parrot sera aux quatre coins du monde, en compétitions. «C’est quelque chose que je trouvais vraiment plate», lance-t-il aujourd’hui.

L’idée d’un «petit pacte» est alors mise de l’avant. «Si je partais, fallait que je parte pour une bonne raison : ramener des médailles», raconte Parrot en souriant. «Et à chaque voyage que j’ai fait l’an passé, j’ai ramené une médaille.»

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Lessard avait une tâche encore plus lourde à accomplir dans ce pacte : vaincre son cancer. Il s’en aussi fort bien acquitté, malgré quelques complications pendant son rétablissement. «Ça va de mieux en mieux, il est de retour au travail. Il a battu le cancer, c’est une très bonne nouvelle!» 

L’athlète de Bromont a même poursuivi le pacte jusqu’aux Jeux olympiques, où il a décroché une médaille d’argent en slopestyle. «Je suis médaillé olympique pour la fin de mes jours, je suis très content de ça. Mais surtout fier de toute l’histoire derrière cette médaille-là, de toutes les heures d’entraînement. Et de la performance la journée même!» Le Québécois avait connu des ennuis lors de ses deux premières descentes, avant de finalement frôler la perfection à sa dernière chance.

L’énergie de la foule

Pendant que la majorité de ses compatriotes ont tourné le dos au big air de Québec cette année, Parrot assure n’avoir jamais remis sa présence en cause. Même si les derniers mois ont été épuisants et fertiles en émotions

 «Aucunement!» lance-t-il, convaincant. «Ça ne m’a jamais passé par la tête. Si j’avais à prendre un repos, je choisirais une autre compétition que celle-là, parce que c’est la seule au Québec. Pour moi, c’est quelque chose à ne pas manquer.»

Contrairement à sa collègue Laurie Blouin, qui ne cache pas peiner à gérer le stress de sauter à la maison, Parrot semble se nourrir de l’énergie de la foule. Vainqueur dans le froid sibérien en 2016, il a aussi décroché une deuxième place l’an dernier, derrière son ami Mark McMorris.

Favori pour l’emporter en finale samedi soir, Parrot effectuera ses premiers sauts de la compétition vendredi, à partir de 11h30, lors des qualifications. Un peu moins de 30 athlètes sont en lice chez les messieurs.