Le nouvel architecte de l’équipe de soccer féminin du Rouge et Or [VIDÉO]

Pour la première fois en 25 ans, le club de soccer du Rouge et Or lance sa saison sans Helder Duarte. Architecte de métier, le nouvel entraîneur de l’équipe féminine David Desloges refuse de rénover de fond en comble et accueille la mémoire du bâtisseur avec humilité.

Fondateur et coach en chef du groupe de filles de ballon rond de l’Université Laval depuis sa création en 1995, Duarte a succombé à une crise cardiaque le 21 février, à 56 ans.

Desloges, qui a dominé le soccer féminin collégial québécois et même canadien avec le Cégep Garneau de 2005 à 2016, est en poste depuis presque quatre mois. Mais son tout premier match à la barre du Rouge et Or aura lieu mercredi soir, à Concordia.

«Je ne peux pas passer sous silence qu’il s’agit d’une année de transition», reconnaît le nouveau pilote, qui a quand même dirigé la moitié de ses protégées au niveau collégial.

«Je sens Helder encore très présent dans les conversations que j’ai avec les joueuses ou même les lieux physiques au PEPS. Je me laisse moi-même prendre au jeu, je leur dis souvent : “Venez me voir dans l’ancien bureau de Helder! ”»

«La meilleure façon pour moi de l’honorer est de mettre à l’avant-plan ses valeurs humaines et sportives», poursuit-il. «J’arrive avec mes façons de faire, mais je suis à l’aise dans la continuité. Je n’ai aucune intention de faire disparaître Helder du paysage de l’équipe du jour au lendemain.»

Desloges se donne comme mission de récupérer le titre de championnes québécoises universitaires échappé l’an passé pour la première fois en cinq ans. Il aura sous la main 25 joueuses, dont cinq recrues de première année. Les filles de l’UL ont été sacrées championnes canadiennes en 2016 et en 2014.

Fini d’apprendre

Nelson Mandela a dit : «Je ne perds jamais; soit je gagne, soit j’apprends.» Citation chère à Samir Ghrib, entraîneur-chef de l’équipe masculine depuis 20 ans. «Là, on a assez appris. C’est le temps de gagner pour revenir au sommet», tranche Ghrib.

Comme chaque année depuis le retour de la formation d’élite de gars à l’UL en 2000, le seul objectif valable aux yeux de Ghrib demeure de remporter le titre canadien. Le principal échelon à gravir s’avère de participer à une première finale provinciale depuis 2013. Les gars de Ghrib ont été couronnés sur la scène nationale en 2009.

Le club dispose de plus de budget que jamais dans sa courte histoire, ce qui commande une obligation de résultats. Pour ce faire, Ghrib se réjouit d’aligner 16 éléments de la région de Québec sur 26 joueurs, un sommet pour l’équipe.

«Le soccer masculin est fort à Québec et le sentiment d’appartenance de ces joueurs-là pour l’Université Laval et le Rouge et Or est encore plus fort», avance celui qui rappelle qu’à la renaissance du programme masculin, il y a 20 ans, il comptait sur 80 % de joueurs étrangers. Cette année, c’est plus de 60 % de produits locaux.

Ghrib estime que la venue d’un club professionnel de la Première Ligue canadienne à Québec en 2021, à laquelle il croit dur comme fer, ajoutera une puissante locomotive à un train déjà bien en marche dans la capitale.

Filles et gars joueront cette saison avec un écusson doré orné des initiales de Duarte, HD, sur l’épaule droite de leur maillot. Tout ce beau monde joue à l’UL vendredi.

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UN MUR CONVAINCU

À sa troisième année avec le Rouge et Or, Myriam Labrecque prend un nouveau départ. La grande blonde de Québec amorce son parcours comme étudiante en médecine, elle succède à l’excellente Marie-Joëlle Vandal comme gardienne numéro un de l’équipe et doit s’adapter à un nouvel entraîneur, mais qu’elle connaît déjà très bien.

«David [Desloges] m’a dirigée trois ans au Cégep Garneau et on a gagné le championnat canadien collégial trois fois. J’ai donc totalement confiance en lui pour poursuivre le beau travail de Helder», assure celle qui assumera en plus un nouveau rôle de capitaine.

Helder Duarte avait lui-même été gardien, mais le Rouge et Or féminin a montré l’attaque la productive de sa ligue au cours des trois dernières années. Quand Desloges promet une formation axée sur l’offensive, Labrecque répond sans détour : «Sur ma ligne de but, je vais être un mur.»  

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LE GRAND FRÈRE

Une recrue de... 26 ans! Horace Patient Sobze Zemo compte parmi les deux nouveaux gardiens de l’équipe masculine de soccer du Rouge et Or. Intimidant par sa carrure et sa barbe, le sympathique gaillard se montre avenant pour raconter son histoire.

Immigré au Québec en 2007, il est l’aîné d’une famille de sept enfants établie à Gatineau, six garçons et une fille. En plus de deux frères et deux sœurs au Cameroun, avec son père.

Après cinq ans dans le semi-pro de la PLSQ, Sobze Zemo revient aux études. «Si je me blesse, le foot, c’est foutu!» constate celui qui voit en ce retour sur les bancs d’école son principal défi. Il s’est laissé convaincre de joindre le Rouge et Or par son coéquipier et capitaine Jonathan Vallée, aussi de l’Outaouais.

À ses premiers pas universitaires, il croit pouvoir servir de grand frère à ses nouveaux coéquipiers, rôle auquel il est habitué. «Dans les familles africaines, le plus vieux prend soin des autres. On se serre les coudes. Il y en a toujours un qui sort du groupe, mais il faut savoir le ramener dans le troupeau», illustre-t-il.