Les joueuses américaines célèbrent leur victoire à la Coupe du monde de soccer féminin en 2015.

Le Mondial au féminin

Le botté d’envoi de la 8e Coupe du monde féminine de soccer a été donné vendredi, en France. Les Canadiennes, qui entrent en scène lundi face aux Camerounaises, figurent parmi les aspirantes aux matchs de médailles des 6 et 7 juillet. Gabrielle Carle, de Saint-Romuald, est la seule Québécoise à fouler les pelouses de l’Hexagone pour ce Mondial. Cinq joueuses de Québec passionnées de ballon rond et expertes en la matière nous offrent leurs prédictions.

Élisabeth Tsé

Équipe championne : Le Canada, qui s’est grandement amélioré à la lumière des résultats de leurs matchs préparatoires.

Meilleure joueuse : Ada Hegerberg, attaquante norvégienne de 23 ans. Elle a gagné le Ballon d’or féminin en 2018.

Équipe surprise : France. Même si l’équipe est jeune, les Françaises ont de très bonnes joueuses offensives qui peuvent faire une différence.

Souvenir de Mondial : La victoire des États-Unis 5-2 face au Japon en finale de 2015 et le triplé de Carli Lloyd. Son but marqué de la moitié du terrain, c’était vraiment incroyable!

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Geneviève Girard

Équipe championne : Pays-Bas, bien que France et Angleterre ont leurs chances.

Meilleure joueuse : Trop souvent, seul le travail des attaquantes est reconnu. Alors j’irais avec la meilleure défenseure, Lucy Bronze, arrière latérale droite pour l’Angleterre. Sa coéquipière et capitaine Dzsenifer Marozsan est la meilleure milieu de terrain. Les deux ont 27 ans.

Équipe surprise : Australie. Les Matildas ont la meilleure équipe de leur histoire menée par la meilleure attaquante au monde en Sam Kerr. L’équilibre entre expérience et vivacité leur sera essentiel.

Souvenir de Mondial : J’ai regardé toutes les parties de la Coupe du monde 2015 et ai pu assister au match France-Corée, à Montréal. À partir de ce moment, j’ai commencé à suivre le soccer féminin et me suis inspirée de ce que j’ai vu certaines joueuses accomplir. Ce tournoi a été une véritable révélation pour moi.

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Meredith St-Pierre

Équipe championne : Pays-Bas

Meilleure joueuse : Samantha «Sam» Kerr, attaquante et capitaine de l’Australie, 25 ans. Meilleure buteuse lors de ses deux dernières saisons en National Women’s Soccer League.

Équipe surprise : Australie, qui n’a jamais franchi les quarts de finale.

Souvenir de Mondial : Lors de la Coupe du monde de 2015, je suis allée voir l’affrontement entre le Canada et les Pays-Bas, au Stade olympique. Le pointage avait été de 1-1 et c’était un match plutôt serré. J’ai été agréablement surprise de voir autant de personnes pour le soccer féminin et j’espère que le nombre de partisans continuera à augmenter!

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Marie-Sandra Ujeneza

Équipe championne : France. J’ose espérer que l’avantage d’être à la maison va aider.

Meilleure joueuse : Alex Morgan, attaquante américaine de 29 ans. Avec sa force de frappe, elle peut marquer plusieurs buts. En sera à sa troisième Coupe du monde au sein de l’équipe nationale des États-Unis, pour qui elle a inscrit un 100e but en carrière le 4 avril.

Équipe surprise : Angleterre. On oublie qu’elles ont terminé troisièmes à la dernière Coupe du monde, en 2015. Plusieurs joueuses ont connu une bonne saison en WSL.

Souvenir de Mondial : Le triplé de l’Américaine Carli Lloyd en finale de Coupe du monde de 2015 était incroyable. Cependant, mon meilleur souvenir reste le premier match de Coupe du monde féminine que j’ai pu voir au Canada, en 2015. Avoir la chance de voir plusieurs matchs de niveau international a été mémorable.

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Evelyne Viens

Équipe championne : France

Meilleure joueuse : Megan Rapinoe, milieu de terrain américaine de 33 ans. En est à sa troisième Coupe du monde, détient un titre mondial (2015) et une médaille d’or olympique (2012).

Équipe surprise : Espagne

Souvenir de Mondial : La Coupe du monde de 2011, en Allemagne. En quarts de finale, les États-Unis contre le Brésil. Les Américaines reviennent à la 122e minute, en prolongation, pour créer l’égalité grâce à Abby Wambach et l’emportent finalement en tirs de barrage!

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LA FRANCE DÉBUTE DU BON PIED

Une démonstration! La France a idéalement lancé son Mondial féminin à domicile en écrasant 4-0 la Corée du Sud vendredi, grâce notamment à un doublé de la tête de Wendie Renard. Ce sont deux autres Lyonnaises, Eugénie Le Sommer (9e) et la capitaine Amandine Henry (85e), qui ont ouvert et clos le score pour ce match d’ouverture au parc des Princes à guichets fermés (48 000 places). L’objectif affiché des Françaises est d’atteindre la finale le 7 juillet à Lyon. AFP

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LES ÉTATS-UNIS RÊVENT D'UN DOUBLÉ

PARIS — La Coupe du monde la plus relevée de l’histoire? Si les États-Unis restent les principaux favoris à leur propre succession, l’Allemagne, championne olympique en titre, et la France, pays hôte, espèrent créer la surprise pour remporter le Mondial-2019 féminin, qui a débuté vendredi.

«Le niveau a augmenté de manière exponentielle en quatre ans. Les différentes équipes ont progressé. Ça va être une Coupe du monde très ouverte», a d’ores et déjà prévenu la sélectionneuse américaine Jill Ellis.

De l’Allemagne, l’autre géant de la discipline, à l’Angleterre, la nation montante, sans oublier la France, jamais sacrée mais qui sera plus que jamais motivée devant son public, les 24 nations en lice rêvent de mettre fin à l’hégémonie de l’équipe américaine.

Nation la plus titrée de la jeune histoire de la Coupe du monde féminine, avec trois trophées remportés en sept éditions depuis la création du tournoi en 1991, les États-Unis visent une quatrième couronne.

Une manière pour la sélection numéro un au classement FIFA, devant l’Allemagne, l’Angleterre et la France, d’effacer l’échec cinglant des JO-2016 de Rio, où elle avait été éliminée dès les quarts de finale.

Pour cela, les équipières d’Alex Morgan, l’une des grandes stars médiatiques du soccer féminin, devront passer outre leurs problèmes extra-sportifs, à l’image de la procédure judiciaire lancée contre la fédération américaine pour obtenir l’égalité salariale entre hommes et femmes.

Avec 12 joueuses sacrées championnes du monde en 2015 au Canada sur les 23 sélectionnées, l’équipe américaine ne manquera pas d’expérience, à l’image de la légende Carli Lloyd, qui disputera à 36 ans sa quatrième phase finale de Coupe du monde.

Enfin l’heure de la France?

Les Américaines affronteront dans le groupe F la Thaïlande, le Chili et la Suède. Un tirage à leur portée, qui pourrait toutefois leur faire rencontrer... la France dès les quarts de finale si les deux nations terminent premières de leurs groupes respectifs!

Les Bleues, qui restent sur trois échecs en quarts de finale lors de leurs trois dernières compétitions majeures (Mondial-2015, JO-2016, Euro-2017), espèrent enfin décrocher leur premier trophée.

Devant leur public, les joueuses de Corinne Diacre ont une chance inespérée d’atteindre au moins la finale le 7 juillet à Lyon, l’objectif fixé par la fédération, et imiter les garçons, sacrés en 1998 lors de leur Mondial à domicile.

Ce soutien populaire à venir pourra-t-il vraiment faire la différence? «Là où je pense que ça peut le faire, c’est qu’on est à la maison, avec nos partisans, c’est un vrai plus», a confié à l’AFP Wendie Renard, la défenseure de l’équipe de France.

«Quand on a des temps faibles dans une rencontre et qu’on sait qu’ils sont derrière nous pour nous pousser, sur le terrain, ça nous redonne 90 minutes dans les jambes», ajoute-t-elle.

Sans le premier Ballon d’Or féminin 

Dans l’ombre des favoris, les Pays-Bas de Lieke Martens, champions d’Europe 2017, le Japon de Saki Kumagai, champion du monde 2011, le Brésil de l’inusable Marta (33 ans), vainqueur de la Copa America 2018, ou encore l’Australie, font figure d’aspirants crédibles.

La Norvège, sacrée en 1995, devra en revanche sans doute revoir ses ambitions à la baisse sans la «serial-buteuse» Ada Hegerberg.

Le premier Ballon d’Or féminin de l’histoire sera la grande absente du tournoi à cause d’un conflit avec sa sélection depuis le fiasco de l’Euro-2017.

Dommage pour le spectacle, tant Hegerberg, survole la discipline, à l’image de son triplé réalisé en seize minutes avec Lyon lors de la récente finale de la Ligue des champions contre Barcelone (4-1). Mais la star sera tout de même présente comme consultante pour le groupe TF1, diffuseur du Mondial en France.

La Coupe du monde féminine a lieu dans neuf villes hôtes : Grenoble, Le Havre, Lyon, Montpellier, Nice, Paris, Reims, Rennes et Valenciennes. Mais pour le carré d’as au Parc OL, il n’y aura pas de places pour tout le monde! AFP