Une rupture du tendon de son biceps distal gauche à la 51e seconde du quatrième round a forcé le boxeur de Baie-Saint-Paul Sébastien Bouchard à jeter l'éponge.

Le mauvais sort s’acharne sur Sébastien Bouchard [PHOTOS]

Le mauvais sort s’acharne sur le boxeur de Québec Sébastien Bouchard. Une rupture du tendon de son biceps distal gauche à la 51e seconde du quatrième round, samedi au Centre Vidéotron, l’a empêché de mettre la main sur une ceinture qu’il convoitait depuis fort longtemps.

«Ça fait mal au cœur», avouait le favori de la foule dans le couloir menant aux vestiaires avant même de rencontrer le médecin affecté à ce gala après avoir perdu officiellement par KO technique.

C’est qu’on n’avait pas besoin de lui expliquer en long et en large ce qui venait de se produire. En 2017, Bouchard avait subi la même blessure, mais du côté droit.

«J’ai eu la même chose en 2017, là, c’est l’autre bras. En frappant sur le coude, le tendon a sectionné et le biceps a monté. On peut voir la différence. Je vais attendre de voir le docteur, mais on n’a pas besoin d’un bac pour voir qu’il se passe quelque chose avec mon biceps», disait-il en nous montrant ses deux biceps.

Le boxeur de 32 ans originaire de Baie-Saint-Paul sait aussi ce qui l’attend: une intervention chirurgicale et une longue rééducation de six à huit mois. Mais il n’a pas l’intention de lancer la serviette sur une carrière qui aurait pu prendre son envol vers des combats plus importants, samedi, s’il n’avait pas subi cette autre blessure.

«Non, jamais! Je vais faire comme je fais depuis le début de ma carrière, je vais revenir», jurait celui dont le dernier combat remontait au 1er décembre 2018, à Québec. Une blessure à l’épaule avait retardé son retour sur le ring jusqu’au gala de samedi, où il espérait remporter les ceintures NABA américaine et canadienne.

«Ça fait six mois qu’on s’entraîne pour ça, on a tout fait. On stressait un peu avant le combat, mais les gars disaient, arrête, tout a été fait numéro 1, on ne peut rien changé. Mais le corps a lâché…»

Dommage, car le combat se passait bien pour celui dont la fiche est passée à 18-2, jusqu’à ce coup qui a brisé son rêve.

«Le plan de match se déroulait comme prévu. Le début n’avait pas été extraordinaire, mais l’objectif était de mettre de la pression sur lui, de l’amener loin dans les rounds 6, 7, 8, même 10 et 11, où il est moins fort, et moi, meilleur. Tout allait bien, jusqu’à ce que ça «snap». Ç’a brûlé, je le savais», confiait-il, le regard triste.

Il n’avait surtout pas le goût de trouver un brin de satisfaction sur le déroulement du combat jusqu’à ce moment fatidique qui a jeté un long silence dans le Centre Vidéotron.

«Je ne peux pas être satisfait, j’aurais deux ceintures au moment de vous parler», constatait-il pendant que son rival montréalais se promenait avec celles-ci.

«Elles sont importantes pour moi, ça va m’aider dans ma carrière parce que mon but est de devenir champion du monde. Ça ne me dérangeait pas, je voulais un KO et il sentait mes coups», disait pour sa part Hussain (14-1), à qui l’entraîneur François Duguay réclamera assurément un combat revanche lorsque Bouchard sera rétabli.

Duguay avait le moral dans les talons en voyant son protégé être encore frappé par cette guigne de la ceinture.

«Une soirée de merde. Je me sens comme le gars qui s’en va dans un grand restaurant et qu’on lui sert un steak qui n’est pas bon… On va être sur les lignes de côté pendant au moins six mois, mais cette malchance n’empêchera pas Sébastien de se battre pour des titres comme ceux-là, Yvon [Michel] lui a dit sur le ring. Ce qui est dommage, c’est qu’on a le sentiment d’avoir fait tout ce travail depuis plus de six dans le beurre», résumait Duguay.

L'entraîneur François Duguay a mis fin au combat de Dave Leblond après une visite au tapis de son protégé au quatrième round contre Chann Thonson, provoquant ainsi sa défaite par abandon du coin.

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LEBLOND DÉFAIT PAR ABANDON DU COIN

Encore une fois confronté à un rival de taille, Dave Leblond a perdu son combat face à Chann Thonson, de Brossard, au quatrième round par abandon de son coin, samedi, dans le deuxième combat de la carte de boxe présentée au Centre Vidéotron.

Peu de temps après une visite au tapis à la suite d’un solide coup au visage, l’entraîneur François Duguay a fait signe à l’arbitre de tout arrêter même si son protégé avait repris la bataille.

«Il a été touché d’une belle droite et les jambes ont lâché. Il a pris le compte, et à la reprise, il se défendait bien, il se faisait toucher sur les gants, mais ses jambes ne bougeaient pas et j’ai décidé de mettre fin au combat. Il était inutile de prendre des risques», résumait Duguay.

Leblond admettait après coup avoir été surpris par la droite de Thonson, qui l’a envoyé au plancher. «J’ai pris une petite shot, je ne l’ai pas vue sortir», soulignait le boxeur de 26 ans dont la fiche a glissé à 4-7-0.

Leblond avait bien commencé le combat des super légers (140 livres), s’en sortant même avec les honneurs au premier round. Il a utilisé un peu trop son «jab» au lieu de travailler au corps, comme le voulait son entraîneur, contre un adversaire qui se déplaçait beaucoup.

Entre le 3e et le 4e round, Duguay lui a d’ailleurs rappelé, sans prendre de détour. «Parfois, il faut secouer le pommier pour avoir des pommes…» illustrait Duguay.

Pour Leblond, ce combat était important afin de le remettre dans l’œil d’un promoteur. Il vient d’encaisser sa troisième défaite de suite. Que lui réserve l’avenir?

«Il est trop tôt pour le dire. Mais je ne baisse pas les bras, je vais revenir», indiquait celui qu’on l’on surnomme «fast and furious». Mais samedi, c’est Thonson qui fut plus rapide et dangereux. Carl Tardif

Simon Pierre Adde, à droite, originaire de France, a battu le Mexicain Jair Sena par décision unanime dans le premier combat de la soirée.