Le 19e Marathon de Rimouski, qui était prévu le 13 septembre, est annulé.
Le 19e Marathon de Rimouski, qui était prévu le 13 septembre, est annulé.

Le Marathon de Rimouski annulé

La pandémie de COVID-19 aura eu raison du 19e Marathon de Rimouski. Prévu le 13 septembre, l'événement est annulé, tout comme le très attendu 42 km au Pace du Bonheur, qui devait être présenté pour la première fois cet automne.

Les organisateurs ont repoussé la déchirante prise de décision aussi longtemps qu'ils ont pu. Mais, l'incertitude les a contraints à faire ce choix. Si les événements réunissant plus de 250 personnes sont interdits jusqu'au 31 août, personne ne sait ce qui sera permis à compter du 1er septembre. «On se doute bien qu'on ne passera pas de 250 à 7 000 personnes du jour au lendemain», lance le coordonnateur de l'événement, Sébastien Bolduc. En revanche, ce qui est certain, c'est que les mesures de distanciation vont continuer à s'appliquer, au même titre que le lavage des mains et l'interdiction, autant que possible, de contacts entre les individus.

Risques financiers

Malgré une certaine amélioration du bilan de la crise sanitaire, force est de constater qu'il serait peu probable, voire irréaliste, de présenter l'événement de façon sécuritaire, à la hauteur des attentes des coureurs et des standards que l'organisation s'est donnés au fil des ans. «On a toujours eu, à Rimouski, la réputation d'être un événement chaleureux, festif et rassembleur», souligne M. Bolduc. Or, avec les mesures sanitaires à respecter, il deviendra impossible d'avoir cette ambiance qui fait la couleur du Marathon de Rimouski.

Selon le coordonnateur, il y a aussi beaucoup trop de risques financiers. «Il faudrait placer les commandes maintenant. Comment on gère ça? Impossible de prévoir. Ce n'est pas parce qu'on veut faire de l'argent, mais on veut survivre jusqu'à l'an prochain! Si on s'engage dans les dépenses et qu'il faut annuler l'événement, on ne passera pas à travers.» Parmi les dépenses, il y a aussi les frais fixes. «Avec la signalisation, les premiers soins, un chapiteau et la sécurité, qu'on ait 1 200 coureurs ou qu'on en ait 4 000, ce sont les mêmes coûts. Il n'y a aucune chance qu'on puisse arriver avec un événement qui a moins de 2 500 coureurs. Si on engendre un déficit de 60 000$, ce sera la fin du Marathon! Tant qu'à risquer la faillite de l'événement, on est aussi bien d'attendre à l'an prochain.»

Peu d'inscriptions

Les inscriptions qui sont au point mort figurent comme autre raison qui a milité en faveur de l'annulation de l'événement. «On a eu un super bon début d'inscriptions, notre meilleur depuis que le Marathon existe, indique Sébastien Bolduc. Mais, depuis le 15 mars, c'est «flat» comme une barre. Dans les neuf dernières semaines, on a eu 100 inscriptions, alors qu'à cette date-ci, normalement, il en rentre 80, 90 à 100 par semaine!»

Si certains coureurs déjà inscrits souhaitent transférer leur paiement pour l'an prochain ou même faire don de ce montant à l'organisation, les bénévoles préfèrent rembourser chaque participant, ce qui s'avèrera somme toute plus simple pour la petite équipe du Marathon de Rimouski que de gérer les demandes au cas par cas.

Les administrateurs de l'organisme à but non lucratif précisent que peu importe l'évolution de la situation ou les annonces qui pourraient être faites ultérieurement, ils ne reviendront pas sur leur décision. Ils ont atteint un point de non-retour, notamment pour la commande des fournitures et la signature d'ententes avec leurs partenaires. Il est tout aussi illusoire, pour eux, de penser qu'un tel événement puisse s'organiser en moins de 80 jours.