L’entraîneur-chef des Remparts s’expliquait mal pourquoi son équipe est arrivée aussi à plat devant l’un des meilleurs clubs.

Le jeu de puissance des Remparts impuissant

Dotés d’un jeu de puissance tout ce qu’il y a de plus impuissant, les Remparts se sont inclinés 4-1 face à un Titan d’Acadie-Bathurst renforcé, dimanche, à Québec. Philippe Boucher en a profité pour écorcher ses joueurs, nommément trois de ses éléments-clés.

Le moment est bien choisi pour aller se regrouper sur la route. Les Remparts (23-16-5) quittent le Centre Vidéotron lundi matin pour un voyage dans les Maritimes qui les mènera sur les patinoires du Cap-Breton (20-19-4), mercredi, de Moncton (17-19-8), vendredi, et de Saint-Jean (11-24-8), samedi.

«Ça va faire du bien d’être sur la route, de passer du temps ensemble. Une quarantaine d’heures d’autobus ensemble, ça va être le fun», a débité l’entraîneur Philippe Boucher, après la défaite. Le même ton, sans rire.

«Quand tu as ton club sur la route, tu contrôles l’heure qu’ils se couchent, l’heure qu’ils se lèvent, ce qu’ils font dans la journée, s’ils bougent et ce qu’ils mangent», a-t-il énuméré, pour préciser sa pensée.

L’entraînement de samedi annulé en raison de la météo, «je suis à peu près sûr que certains de nos joueurs sont rentrés dans leur pension après la game de vendredi soir et qu’ils n’en sont ressortis qu’aujourd’hui pour s’en venir ici. J’ai de la misère à m’expliquer qu’il y en a qui sont arrivés en retard en plus! On n’a aucune excuse pour sortir à plat devant une aussi bonne foule et contre l’une des meilleures équipes de la ligue», a pesté Boucher.

Sa troupe a pourtant pris les devants après seulement 1 min 46 sur une belle manœuvre de Pascal Laberge en fond de zone du Titan. Mais ensuite plus rien. Malgré cinq avantages numériques. Dont deux au deuxième vingt, période où les locaux n’ont lancé que deux fois.

«À un moment donné, les gars devront se regarder dans le miroir», tranche Boucher, à propos d’une attaque à cinq qui a été 0 en 13 dans ses trois matchs depuis jeudi.

«Peu importe les schémas qu’on leur donne, les jeux qu’on veut faire, il faut que Philipp Kurashev joue comme un gars qui est allé au Championnat du monde, il faut que Matthew Boucher joue comme un bon 20 ans et Christian Huntley est le quart-arrière depuis trois ans, alors il doit jouer en conséquence.»

Hommage au Titan

«Un avantage numérique, ce n’est pas si compliqué, mais personne ne prend le leadership, a poursuivi le coach. C’est quand tu n’as plus de chances de marquer que tu dois t’inquièter. Et notre jeu de puissance, aujourd’hui, il n’en a pas eu.»

Pour contrebalancer l’apathie des siens, Boucher a rendu hommage aux défenseurs dominants du Titan, Noah Dobson et Olivier Galipeau, qui ont nourri cette inactivité des Remparts toute la rencontre. Le jeune Dobson, 17 ans, a un but, l’ailier russe German Rutsov, deux, l’autre pour Bathurst allant à Jeffrey Truchon-Viel.


« À un moment donné, les gars devront se regarder dans le miroir »
Philippe Boucher

Sans être mauvais, le gardien de Québec Antoine Samuel a paru faible sur le deuxième but, un tir ouvert de Rubtsov. Avec seulement neuf chances de marquer allouées à une attaque aussi aguerrie, Samuel aurait dû en donner davantage pour garder son équipe dans le match.

«C’est inacceptable de perdre de même à la maison. C’est de la nonchalance! On n’était pas prêts à jouer et ç’a paru sur la glace», a résumé simplement Laberge, l’un des rares de son camp à terminer la rencontre avec un différentiel positif.

Chez les vainqueurs, l’entraîneur Mario Pouliot se félicitait d’avoir mis les points sur les i et les barres sur les t avec ses joueurs, en matinée. Il a toutefois refusé de dire qu’il avait «brassé» ses protégés.

«On a eu énormément de temps pour réfléchir après la défaite à Baie-Comeau [vendredi]. C’était juste une prise de conscience. Si je fais ça, c’est parce que je les aime comme personnes et comme joueurs. Il y a une façon de jouer pour atteindre le succès et ils ont très bien répondu», a conclu l’expérimenté Pouliot.

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«BOUGE TES PIEDS ET VAS-Y!»

Olivier Galipeau

Le Titan d’Acadie-Bathurst a bougé aux Fêtes dans l’espoir de se rendre jusqu’au bout. Mais avec une fiche de 3-3 depuis la fin du marché des échanges, l’entraîneur-chef Mario Pouliot trouve que le temps est venu de passer de la parole aux actes.

«Oui, ça prend du temps et oui, c’est un processus. Mais on doit ajuster notre façon de jouer à l’attaque. On crée beaucoup de chances de marquer par nos habiletés, notre vitesse, notre physique, mais on manque beaucoup trop de finition. Ce n’est pas une question de laisser le temps à la chimie de prendre. Bouge tes pieds et vas-y! Le hockey, c’est pas compliqué», a analysé Pouliot, avant la rencontre de dimanche.

Son club terminait un éreintant voyage de près de 2000 km pour trois matchs en quatre jours à Chicoutimi, Baie-Comeau et Québec. L’arrêt forcé de six heures par la météo samedi à Forestville n’était pas prévu, mais l’occasion a été belle de se parler dans le blanc des yeux chez le Titan. Puis encore dimanche matin.

«Quand le talent, le désir et la volonté de se salir le nez se rencontrent, tu as de bonnes chances d’avoir du succès. C’est ce qu’on veut amener à notre équipe. Il n’y a pas de recette miracle! Ce n’est pas une question de X et de O, mais une question d’engagement, de faire les bons ajustements et de se dire les vraies choses», insiste Pouliot, qui en est à sa quatrième campagne à Bathurst.

Par rapport au dernier match de la saison 2016-2017, pas moins de 15 nouveaux joueurs sont installés dans le vestiaire. Les plus importants : Mitchell Balmas (Gatineau), Samuel Asselin (Shawinigan) et German Rubtsov (Chicoutimi), en attaque; Olivier Galipeau (Chicoutimi) et Michal Ivan (repêchage euro), à la ligne bleue; Evan Fitzpatrick (Sherbrooke) devant le filet.

«Maintenant, il faut passer du fait que tout le monde dit qu’on est bons à être bons», résume le vieux renard.