Karen Paquin rejoindra l’équipe canadienne féminine de rugby à sept qui part pour le Japon dimanche. Les joueuses de l’entraîneur John Tait y disputeront la quatrième des six tranches des Séries mondiales 2019, les 20 et 21 avril, à Kitakyushu.

Le grand retour de Karen Paquin

Après un an et demi sans jouer au rugby, Karen Paquin effectue enfin son grand retour en Séries mondiales à sept. L’athlète de Québec et médaillée olympique revient d’«un long et sinueux voyage», où une blessure au genou a mis sa carrière en péril.

L’équipe canadienne féminine de rugby à sept part pour le Japon dimanche. Les joueuses de l’entraîneur John Tait y disputeront la quatrième des six tranches des Séries mondiales 2019, les 20 et 21 avril, à Kitakyushu.

Les quatre équipes de tête au classement au terme du calendrier décrocheront leur laissez-passer pour les Jeux olympiques de 2020, deuxième présence pour ce sport sous les anneaux. À mi-parcours, les Canadiennes pointent troisièmes sur 14 équipes, tandis que 12 formations nationales lutteront sur le gazon japonais.

Mais si, sur une carte du monde, Tokyo se trouve tout près de Kitakyushu — quand même 1000 km —, pour Paquin, 2020, c’est encore très loin.

«Le point focal de l’équipe est vraiment sur 2020 et la qualification. Mais dans mon cas, je ne pense pas plus loin que le tournoi des Séries mondiales du Japon. Puis ce sera Langford [C.-B., 11-12 mai], ensuite Biarritz [France, 15-16 juin]. Je n’ai pas joué à sept depuis 2016 [JO de Rio], alors je dois retrouver mes capacités et mes automatismes», a expliqué Paquin, mardi, quand Le Soleil l’a jointe à Victoria (C.-B.).

Après la médaille de bronze olympique à sept de 2016, Paquin a pris part à la Coupe du monde de rugby à 15, en 2017. Et c’est là que les problèmes ont commencé. Surtout un problème de genou, le droit, ménisque déchiré.

Sur une jambe

«J’ai réussi à finir la Coupe du monde sur une jambe. Je suis ensuite allée faire du bobsleigh, en attendant que l’enflure passe. J’ai fait du bobsleigh sur les anti-inflammatoires, mais dès que j’ai arrêté, mon genou est devenu gros comme une balloune», illustre-t-elle, maintenant capable d’en rire.

Mais elle trouvait beaucoup moins drôle de devoir passer sous le bistouri. Et deux fois plutôt qu’une, puisqu’une autre déchirure antérieure n’avait pas été décelée lors de la première intervention chirurgicale.

Une année complète s’est donc écoulée entre le moment de sa blessure et la seconde opération. Ce qui a eu comme conséquence qu’au tournant de la trentaine, cette athlète d’élite a été un an sans même pouvoir courir!

«À un moment donné, je me suis posé la question : “Coudonc, je vais-tu réussir à me débarrasser de cette blessure-là?” Il fallait que la deuxième opération réussisse, sinon c’était la retraite», atteste la joueuse d’avant de maintenant 31 ans.

Recréer la chimie

Elle a recommencé à jouer il y a un mois, dans un tournoi à Nice. Elle est déjà de retour au plus haut niveau avec les Séries mondiales, ayant regagné sa place au sein de l’alignement canadien aux côtés d’anciennes coéquipières, mais aussi de plus jeunes joueuses nouvellement arrivées.

«Les avants ont changé, Kayla Moleschi est la seule du groupe avec qui j’ai joué. Il faut recréer la chimie avec les nouvelles filles. Mais j’adore ça! J’ai retrouvé le plaisir que j’avais la première fois où j’ai fait partie de l’équipe.

«Je vois à moins long terme, mais j’en profite plus. Je réalise plus la chance que j’ai», résume celle qui a participé à son premier tournoi des Séries mondiales en décembre 2012, élément déclencheur qui lui a fait abandonner une carrière d’ingénieure-chimiste chez Cascades pour suivre son rêve sportif.