Le boxeur de Québec Lexson Mathieu s’apprête à livrer son premier combat dans les rangs professionnels, samedi, au cabaret du Casino de Montréal.

Le grand décollage de Lexson Mathieu

«Je ne sais pas précisément d’où vient mon intérêt pour la boxe. Quand j’étais petit, je disais toujours que j’allais devenir le plus fort du monde!»

D’accord, Lexson Mathieu est encore loin du compte. Le boxeur de Québec s’apprête tout juste à livrer son premier combat dans les rangs professionnels ce samedi, au cabaret du Casino de Montréal.

Mais à seulement 19 ans, son affrontement face au Mexicain Edgar Santoyo (2-1-2, 1 K.O.) s’avère loin d’être anecdotique. Celui que l’on surnomme «The Next» est effectivement considéré comme le prochain grand espoir du noble art issu de la capitale. Sans doute le plus talentueux depuis Pier-Olivier Côté, retraité depuis 2012.

«Nerveux? Non. Juste hâte de faire ce pour quoi je suis préparé, ce pour quoi je m’entraîne depuis tout ce temps. Vraiment hâte. Mais nerveux? Noooon», a-t-il lâché en souriant, lundi midi, lors d’une rencontre avec Le Soleil au club Empire de Sainte-Foy.

«Mon objectif de vie a toujours été de devenir champion du monde de boxe et je suis en train de l’accomplir. Tu sais, quand tu fais la bonne affaire et que tu sais que tu fais la bonne affaire? On se sent bien», poursuit Mathieu.

Chez les 168 lb

Santoyo, 26 ans, en sera pour sa part à son sixième combat professionnel, une première pour lui hors du Mexique. Si Mathieu compte être classé dans la catégorie des poids super-moyens, soit 168 lb, le premier combat de l’athlète de 5’ 10” s’effectuera à un maximum de 170 lb pour une possibilité de quatre rounds.

«Pour ses débuts, c’est parfait», atteste son entraîneur, François Duguay. «J’ai solutionné son style [de Santoyo] assez rapidement. On a préparé une couple de coups de poing pour ce gars-là, je pense que ça va bien aller», indique celui qui a dirigé Côté, Éric Martel-Bahoéli et encore maintenant Sébastien Bouchard.

N’empêche qu’il y a un monde entre les professionnels et les amateurs. Plus de rounds, chacun plus long d’une minute, des gants plus légers qui cognent plus fort. Il y aura aussi la foule, dont nombre d’amateurs de Québec, famille et amis, qui auront fait le trajet jusque dans la métropole pour le voir à l’œuvre et l’applaudir.

«Beaucoup de monde a entendu parler de moi chez les amateurs. “Ah oui! Tu as fait de bonnes performances.” Mais là, ce sera médiatisé et ils pourront vraiment voir c’est quoi ma boxe et ce que je livre dans le ring», affirme avec détermination celui qui a paraphé une première entente de deux ans avec le promoteur montréalais Eye of the Tiger Management.

La grosseur des gants? «Je compte plus toucher que me faire toucher, alors c’est un avantage pour moi.»

Le fait que son dernier combat remonte au mois de mars, aux derniers championnats canadiens amateurs? «Oui, ça peut être un facteur. Mais je suis toujours resté actif à l’entraînement», assure celui qui a servi de partenaire d’entraînement à d’autres pros avant de lui-même faire le saut.

Même âge que Lemieux

À propos, Eye of the Tiger compte dans son écurie un certain David Lemieux, qui a lui aussi fait ses premiers pas dans la boxe professionnelle à 19 ans. Lemieux a maintenant 30 ans et 44 combats pros à son palmarès, dont trois combats de championnat du monde. Lemieux a obtenu son premier titre intercontinental à son 20e combat, soit moins de trois ans après ses débuts pros.

«On a des grandes aspirations pour Lexson, mais je veux qu’on y aille par étape», insiste le coach Duguay. «À 19 ans, il a encore beaucoup de bagages à aller chercher.»

L’homme de boxe n’entretient néanmoins aucun doute sur la capacité de son poulain de franchir cette nouvelle étape cruciale dans sans carrière.

«Je l’entraîne depuis qu’il a 11 ans. Il n’y avait jamais de jeunes de son poids ou de son âge dans le gym, alors il a toujours mis les gants avec les seniors. Et les gars n’y faisaient pas attention! Il n’a pas été levé dans la ouate au gym.»

Comme la valeur n’attend point le nombre des années, Mathieu n’entend pas se tenir les bras croisés dans les prochains mois. Si tout va bien, Duguay parle de cinq à huit combats par année. Le deuxième combat professionnel pourrait même se tenir de trois semaines à un mois après le premier, croit le coach.

«On veut l’amener à se battre rapidement pour des titres et se faire classer sur la scène mondiale. Et ce sera important de ne pas bâtir sa carrière avec des faire-valoir. Avec Lexson Mathieu, on ne veut pas juste figurer chez les pros, on veut performer chez les pros», conclut l’entraîneur, enthousiaste à l’aube de cette nouvelle aventure.

Vincent Thibault (7-0, 2 K.O.), aussi de Québec, se battra sur cette carte contre le Mexicain Juan Sergio Torres Perez (5-6, 5 K.O.).