Les fans de Montréal ont eu droit lundi à une prestation écourtée de la vedette Zlatan Ibrahimovic (à gauche), qui a écopé d’un carton rouge à la 41e minute. Malheureusement, l’Impact n’a pu en tirer avantage, alors qu’un but d’Ola Kamara à la 75e minute a permis au Galaxy de Los Angeles de l’emporter 1-0.

Le Galaxy gâche la fête de l'Impact

MONTRÉAL — Les spectateurs étaient peut-être déçus de voir le célèbre Zlatan Ibrahimovic être renvoyé au vestiaire avant la fin de la première demie, mais il s’agissait du scénario idéal pour permettre à l’Impact de retrouver un peu de son mordant.

Même s’il a dû se défendre avec un joueur en moins pendant plus de la moitié de la rencontre, le Galaxy de Los Angeles a profité d’un but d’Ola Kamara à la 75e minute pour gâcher les célébrations entourant le 25e anniversaire du premier match de local de l’Impact en battant la formation montréalaise 1-0, lundi après-midi.

Le match d’Ibrahimovic n’a pas duré très longtemps, puisqu’il a été expulsé à la 41e minute pour avoir donné une claque derrière la tête du défenseur de l’Impact, Michael Petrasso, qui venait de lui piler maladroitement sur un pied. Puisque la séquence a eu lieu loin derrière le jeu, l’arbitre Ismael Elfath a consulté la reprise vidéo avant de rendre son verdict. De son côté, Petrasso a reçu un carton jaune.

Malgré cet avantage numérique, l’Impact (3-9-0) a été blanchi pour un troisième match d’affilée, prolongeant à 292 minutes sa séquence sans avoir fait bouger les cordages.

«Malheureusement, je ne crois pas que le fait que [le Galaxy] ait dû se défendre à 10 nous a aidés à mettre en valeur nos forces», a noté le gardien de l’Impact Evan Bush, qui a été crédité de trois arrêts. «Nous sommes une bonne équipe en transition quand l’adversaire n’a que deux ou trois joueurs pour se défendre, pas quand l’adversaire va mettre ses 10 joueurs en arrière.

«D’une certaine manière, je crois que nous affrontions une équipe qui cherchait une excuse pour ne pas gagner le match. Quand il y a eu le carton rouge, ils ont obtenu leur excuse, mais nous ne les avons pas punis. Ce n’est pas une question de volonté. Nous avons simplement manqué de finition à l’attaque, puis nous leur avons donné une occasion en contre-attaque et ils en ont profité.»

L’inverse du scénario prévu

Tout semblait indiquer que les problèmes de l’Impact allaient venir du front défensif, alors que le Bleu-blanc-noir ne comptait que trois défenseurs de formation en uniforme, et aucun défenseur central. Marco Donadel, qui n’avait pas joué depuis le 17 mars, et Jukka Raitala se retrouvaient au centre de Petrasso et Chris Duvall. C’est finalement l’attaque qui a flanché.

«J’ai passé toute la semaine avec des soucis défensifs à régler parce que nous n’avions pas un effectif complet pour travailler et en fait, dans ce match, c’est offensivement que nous avons pêché, a raconté l’entraîneur-chef de l’Impact, Rémi Garde. Nous avons eu beaucoup de situations que nous aurions dû exploiter. Nous n’avons pas été suffisamment dangereux, tranchants et agressifs devant le but pour couper les balles, les centres, notamment.»

Cherchant à profiter de l’avantage numérique, Garde a envoyé les joueurs offensifs Anthony Jackson-Hamel et Jeisson Vargas dans la mêlée en deuxième demie. Ces derniers n’ont cependant jamais créé l’étincelle souhaitée.

«Je pense que nous devons nous faire confiance les uns les autres, a dit Jackson-Hamel, qui croyait avoir marqué à la 73e minute, avant de réaliser que les arbitres avaient appelé un hors-jeu sur la séquence. Des fois, nous devrions faire la passe, mais nous ne faisons pas confiance à l’autre et nous allons chercher à porter le jeu. Nous devons nous regrouper et ne pas se laisser tomber les uns les autres. Je n’ai pas l’impression que nous avons une équipe sur le terrain qui serait prête à laisser une jambe sur le terrain. C’est ça qui nous manque.»

Même avec les circonstances avantageuses liées à l’expulsion d’Ibrahimovic, la défensive montréalaise a ouvert la porte et permis au Galaxy (4-6-1) de mettre fin à une série de quatre défaites.

Kamara a jeté une douche froide sur les 20 801 spectateurs à la 75e minute. Une tête d’Emmanuel Boateng en milieu de terrain lui a permis de se lancer derrière la défensive montréalaise. Kamara a fait fi des replis de Donadel et Raitala avant de calmement battre Bush.

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JOEY SAPUTO, PASSIONNÉ DEPUIS 25 ANS

Une semaine après la visite de Joey Saputo dans le vestiaire de l’Impact pour rappeler à ses joueurs qu’ils devaient offrir leur maximum sur le terrain, quelques acteurs importants de l’histoire de la formation montréalaise ont rappelé l’importance de l’ambition et de la passion du président de l’équipe dans son développement.

Dans le cadre des festivités soulignant le 25e anniversaire du premier match local, lundi, les entraîneurs qui ont guidé l’Impact à ses trois titres, Valerio Gazzola (1994), Nick De Santis (2004) et Marc Dos Santos (2009), ainsi que deux membres de l’équipe championne de 1994, Rudy Doliscat et Patrice Ferri, ont accompagné Saputo sur le terrain lors d’une cérémonie à la mi-temps du match opposant l’Impact au Galaxy de Los Angeles.

Lors d’une conférence de presse avant la rencontre, ces anciens membres du Bleu-blanc-noir ont mentionné à maintes reprises l’importance de l’engagement de Saputo envers l’équipe.

«Je venais d’un continent où le soccer était un sport majeur, ce qui n’était pas le cas ici», a souligné Ferri, qui a longtemps joué en première division française. «J’ai très vite ressenti cette implication et j’étais surpris. Je ne pensais pas voir autant de passion et de dynamisme.

«J’arrivais d’Europe et ici on s’entraînait parfois dans des parcs publics au milieu des écureuils. D’un côté personnel, j’arrivais de Lyon, de jouer avec Rémi Garde, que je retrouve aujourd’hui et qui a été engagé comme entraîneur de l’Impact et qui a toutes ces ressources.»

Pour sa part, Dos Santos n’a pas connu les débuts de l’Impact ou les moments difficiles à la fin des années 90. «J’ai connu un Impact de Montréal différent que peut-être Rudy ou Valerio», a noté celui qui est maintenant entraîneur adjoint avec le Los Angeles FC. «En 2009, l’Impact était incroyablement ambitieux. On parlait déjà beaucoup de la MLS à cette époque-là. Et j’ai vu le Centre Nutrilait quand je suis revenu avec le LAFC plus tôt cette saison!»

Saison décevante

Cette ambition a peut-être parfois mené Saputo à manquer de patience dans les moments difficiles, mais elle a aussi mené à l’arrivée de l’équipe en MLS en 2012 et à l’acquisition de l’attaquant Didier Drogba en 2015.

Présentement, cette ambition fait que Saputo est insatisfait des performances de l’équipe, qui est coincée dans les bas-fonds du classement de l’Association de l’Est malgré l’arrivée de Garde et d’une dizaine de nouveaux joueurs.

«Oui, je ne pensais pas que nous allions connaître une saison comme celle-là pour nos 25 ans, a reconnu Saputo. On l’a dit au début, avec les nombreux changements, ça pourrait prendre un peu de temps. Nous regardons si nous devons faire des changements et nous allons les faire si nécessaire. Il y a notamment la période de transferts qui va s’ouvrir en juillet.

«Une des choses dont j’ai parlé avec les joueurs la semaine dernière [après un revers de 2-0 contre Philadelphie], c’est que la seule chose que je demande, c’est qu’ils donnent leur maximum sur le terrain. S’ils donnent leur maximum et que nous sommes inférieurs à l’adversaire, nous allons devoir faire les changements. Je suis une personne compétitive et je n’aime pas voir l’équipe dans la situation dans laquelle elle se retrouve présentement.»