Avec un pointage cumulatif de 137 — sept coups sous la normale — le Français Julien Sale, natif de l’île de La Réunion, a enfilé mardi au club Royal Québec le veston à carreaux remis au vainqueur du Duc de Kent.

Le Français Julien Sale remporte le Duc de Kent

Il ne connaissait pas le prestige de certains tournois de golf amateur avant son arrivée au Québec, l’an passé. Mais Julien Sale, un joueur français originaire de l’île de La Réunion, aura vite fait de le découvrir en enfilant le veston vert à carreaux remis au vainqueur du Duc de Kent, mardi, au club Royal Québec.

À un coup des meneurs après la première ronde, le joueur de 20 ans a joué six coups sous la normale lors de la seconde journée pour remporter la 84e édition du tournoi de Boischatel avec un cumulatif de 137 (- 7). Il a bouclé sa première présence au Duc de Kent avec une priorité de cinq coups d’avance sur ses plus proches poursuivants, soit Joey Savoie (Pinegrove) et Mathieu Bélanger (La Tempête).

«Un 66, c’est un joli parcours. Pour l’instant, je ne le réalise pas trop. Je ne suis pas du Québec, alors je ne connais pas l’importance des tournois, mais selon que j’ai entendu de mes amis, c’est bien de les gagner», disait le vainqueur alors que le dernier trio se pointait sur le vert du 18e trou sans pouvoir le rattraper.

En route vers l’histoire

Le joueur-étudiant qui fréquentera l’Université Arkansas State, à l’automne, revendique déjà deux victoires de la triple couronne puisqu’il a aussi gagné l’Alexandre de Tunis, la semaine dernière. Aucun golfeur n’a jamais réussi le tour du chapeau lors de la même saison, selon les dirigeants de Golf Québec. La semaine prochaine, Sale sera au départ du Championnat provincial amateur avec la possibilité d’écrire l’histoire.

«C’est pas mal un beau palmarès. Je ne vous promets rien, mais je vais faire de mon mieux pour réussir le triplé. J’essaie de jouer sans pression, j’aborde tous les tournois de la même façon», a expliqué le héros du jour.

Antoine Sale était sur place, mardi, pour assister au triomphe de son frère.

Sale s’était fixé l’objectif de jouer - 6 parce qu’il avait vu un tel résultat, l’an passé. «Je me suis dit que si j’arrivais à le faire, j’aurais une bonne chance de gagner», a précisé celui qui frappé tôt avec trois oiselets consécutifs sur les trois premiers trous, mardi.

Sale prévoit revenir jouer le Duc de Kent, en 2019. Une carrière professionnelle est aussi dans sa mire au terme de ses études dans deux ans.

«Je veux essayer d’aller sur le PGA Tour. Il n’y a pas de pros sur l’île. Il y a de bons amateurs, j’en connais deux qui ont essayé d’avoir leur carte de la PGA», racontait celui qui se doute bien que ses concitoyens de l’île de l’océan Indien suivent ses exploits sur les réseaux sociaux.

Son frère pourra le raconter puisqu’il était au Royal Québec, lundi et mardi. À 16 ans, Antoine Sale a terminé à égalité au 16e rang avec un cumulatif de 146 (+ 2). Il est bon, le frangin?

«Ben ouais, mais malheureusement, il me bat tout le temps, ce n’est pas super cool. C’est super de le voir gagner, ça me donne de la motivation. S’il peut le faire, alors moi aussi, j’aimerais bien gagner. Je l’ai déjà battu, mais rarement. Il a un peu la main plus souvent, il est plus fort que moi, il joue bien», confiait Antoine sur un ton amusé.

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BÉLANGER ÉMOTIF

À égalité en tête après la première ronde, Mathieu Bélanger (La Tempête) a joué la normale, mardi, pour finir ex aequo en deuxième place du Duc de Kent. Il a reçu avec émotion le trophée André-Gagné remis au meilleur joueur de la région de Québec. «Si je suis ici, c’est à cause de lui. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis émotif. À 12 ans, je voulais faire des tournois, aller au sport-études, et étant un ami de la famille, il avait encouragé mon père à me laisser aller», a confié le joueur de Québec.

Bélanger a travaillé fort pour ramener sa carte de 72. Il a appris au 15e trou que Sale filait vers la victoire. Il a forcé un peu la note, sachant toutefois qu’il ne pouvait le rejoindre. Qu’importe, sa deuxième place lui plaisait. «Pour les gens de Québec, le Duc de Kent, c’est notre Tournoi des maîtres. J’espère le gagner un jour, mais ce trophée fait mon bonheur», ajoutait-il après avoir reçu le trophée des mains du triple vainqueur du Duc de Kent, absent de la compétition pour la première fois en 55 ans.

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NOTES

- Michel Gagnon, du Royal Québec, a joué 75 (+ 3), mardi, après avoir terminé dans le top 10 en première ronde. «Ç’a été difficile. Un ami m’a déjà dit que ce n’est pas la journée où ça va bien que tu vois le bon joueur, c’est la journée où il joue mal», disait le vétéran de 63 ans, déjà classé pour le Duc de 2019.

- Le Français Baptiste Mory, du Royal Québec, s’est bien repris après sa déception de la veille avec une carte de 69 (-3), bouclant le tournoi à égalité en quatrième place.

- Comeneur après la première ronde, Charles-David Trépanier (Lorette) a joué 75 (+ 3) pour finir en huitième position.

Mathieu Bélanger, du club La Tempête, a reçu le trophée André-Gagné, réservé au meilleur golfeur originaire de la région de Québec. C'est André Gagné lui-même, qui était absent de la compétition pour la première fois en 55 ans, qui a remis le trophée.