Lachlan Fontaine affirme qu’il a perdu du poids, pris du muscle et est plus fort que la saison passée après s’être entraîné tout l’hiver.

Le Fontaine de jouvence

Lachlan Fontaine sera l’un des rares visages connus au bâton chez les Capitales en ce début de saison, bien que dimanche, le président Michel Laplante ne l’ait pas reconnu au premier coup d’œil. Plus mince, plus musclé et plus barbu, le joueur d’avant-champ s’amène surtout avec de nouvelles ambitions.

Le 20e camp présaison du club de baseball indépendant de Québec s’ouvre lundi matin, au Stade Canac. Mais déjà dimanche, quelques joueurs ont profité du retrait du dôme pour frapper quelques balles sous le soleil. Fontaine était de ceux-là.

Âgé de seulement 22 ans, il aura 23 à la fin d’août, le Vancouvérois amorce déjà une troisième saison dans l’uniforme québécois. Il perd donc finalement son statut officiel de recrue et certaines attentes viendront avec cette promotion au rang de LS-1.

Sa santé au dos retrouvée jumelée aux départs de deux piliers à la fois sur le losange et à l’attaque en Jordan Lennerton et Yurisbel Gracial lui ouvre tout grand la porte pour enfin se tailler une place dans l’alignement partant.

«Dès la fin de la saison dernière, je voulais absolument revenir jouer à Québec en 2018», a affirmé Fontaine, dimanche, dans un vestiaire encore en aménagement de début de campagne. «Je m’étais fait opérer au dos en mars 2017, alors j’ai commencé la saison passée en retard et j’ai manqué quelques autres matchs pendant l’été. Mais là, je me suis entraîné vraiment fort tout l’hiver, j’ai perdu du poids, j’ai pris du muscle, je suis plus fort et en bien meilleure forme», dit celui qui devrait patrouiller les extrémités du losange avec le nouveau venu vétéran Josh Vitters.

Moment charnière

Né d’un père Franco-Manitobain et d’une mère aux origines écossaises, de là son prénom peu usuel, Fontaine a joué trois ans dans les filiales des Mariners de Seattle, en Arizona, avant de bifurquer vers le baseball indépendant et s’amener à Québec, en 2016. Un moment charnière dans sa carrière, mais aussi dans sa vie.

«Après les Mariners, je n’aimais plus le baseball. J’étais même rendu à détester ça! Il y avait trop de pression, je vivais à l’hôtel... Je n’avais vraiment plus de plaisir. Puis quand mon agent de l’époque m’a offert de venir jouer à Québec, je me suis en quelque sorte donné une dernière chance... Et j’ai adoré ça!»

Il est encore jeune et a donc vite retrouvé l’espoir d’un jour remonter dans le baseball affilié. Mais ce n’est pas avec ses 14 points produits et sa moyenne au bâton de ,262 en 41 rencontres l’an passé qu’il se fera remarquer.

«L’an passé, quand je suis arrivé ici, je n’avais pas affronté un tir depuis 10 mois. Là, je suis pas mal plus prêt à jouer», assure-t-il. Et il ne pourra plus cette fois tenter sa chance auprès du club junior élite de Québec, les Diamants, avec qui il aurait encore eu l’âge d’évoluer pas plus tard que l’été dernier.

«Les Capitales étaient sur la route et j’étais resté à Québec pour soigner mon dos, alors j’ai demandé si je pouvais jouer quelques matchs avec l’équipe junior. Mais on m’a dit que ce n’était pas possible, que je devais venir de Québec», raconte-t-il. Sûr que s’ils avaient pu, les Diamants auraient adoré l’avoir dans leur alignement.

Pas de doute, le jeune homme aime bien sa ville d’adoption et commence à maîtriser le français, langue que son père et ses grands-parents paternels parlent encore. Sa grand-mère Gisèle, justement, fera le voyage de Saint-Boniface à Québec pour la première fois de sa vie, dans quelques semaines, pour venir y voir jouer son petit-fils. Une partie de la famille habite aussi au Québec.

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14 CHAMPIONS DE RETOUR AVEC LES CAPITALES

Lundi matin, 24 joueurs sautent sur le terrain synthétique du stade du parc Victoria pour le 20camp présaison des Capitales. Le gérant Patrick Scalabrini les y attend de pied ferme, lui qui en sera à sa neuvième saison à la barre du club de Québec, champion en titre de la Ligue Can-Am.

Quatre joueurs-clés manquent encore à l’appel : les Cubains Yordan Manduley et Lazaro Blanco, en attente de leurs papiers, le Taïwanais Shao-Pin Ho, espéré pour mardi, et Maxx Tissenbaum, qui rejoindra l’équipe début juin après l’élimination du club universitaire dont il est instructeur.

Plusieurs noms connus des amateurs sont de retour, surtout au monticule. Karl Gélinas amorce une 12e campagne avec les Capitales et s’avère le seul Québécois assuré d’un poste. Aussi Blanco, Arik Sikula, Brett Lee, Trevor Bayless, Andrew Elliott et Will Dennis, qui s’est ajouté en fin de parcours vers le septième championnat de l’histoire de la concession, en 2017.

Un peu à l’image d’Edgar Lebron, un voltigeur, qui renouera avec les habitués Kalian Sams, James McOwen, Adam Ehrlich, Lachlan Fontaine, Manduley et Tissenbaum. Ils sont 14 de retour après avoir soulevé le gros trophée, le 14 septembre dernier.

Ajoutez le releveur Jay Johnson, qui tente un retour au jeu après deux ans d’inactivité, lui qui a joué avec Québec en 2014 et en 2015.

Les amateurs apprendront vite à connaître un Josh Vitters, joueur d’avant-champ qui a disputé 36 parties dans les majeures en 2012, ainsi que le lanceur partant australien Ryan Searle et le releveur de fin de match Sean Donatello. Et qui sait si le voltigeur Isaac Ballou ne réapparaîtra pas dans le décor pour une troisième fois, lui qui n’a redonné aucune nouvelle aux Capitales depuis trop longtemps.

Ho, Mattingly Romanin et Jordan Serena seront à découvrir en défensive et au bâton, tandis que deux jeunes bras québécois, Marc-Antoine Bérubé, originaire de Trois-Pistoles, et Christopher Sauvé, de Mascouche, essaieront de décrocher un emploi dans l’enclos de relève.

Mark Vasquez, Brad Antchak et Marcus Blackmon tenteront aussi leur chance et peut-être, qui sait, l’homme qui a laissé un message dans la boîte vocale de l’équipe pour proposer ses services comme coach. Vrai de vrai.