Cristiano Ronaldo a encore prouvé, vendredi, pourquoi il est le meilleur joueur de soccer au monde.

Le festival Ronaldo dans un match nul de 3-3

SOTCHI — Cristiano Ronaldo trois fois roi! L’attaquant portugais a scellé un triplé face à l’Espagne, dont un splendide coup franc in extremis, pour arracher le nul (3-3) dans un derby ibérique de folie, vendredi à Sotchi.

Il y a eu de tout dans ce choc palpitant très attendu où chaque camp a mené au score, mais, à la fin, la supervedette du Real Madrid a semé la déception dans son pays d’accueil : auteur de son premier triplé en Coupe du monde, «CR7» a évité la défaite aux champions d’Europe et contrarié les Espagnols, qui viennent de traverser une semaine de psychodrame avec le surprenant congédiement du sélectionneur Julen Lopetegui mercredi.

Avec un point en poche, les deux équipes ont toutes les raisons de se réjouir, tout comme les amateurs de soccer, tant ce match a été âpre et intense, à des années-lumière des trois premiers matchs du tournoi.

Au Stade olympique de Sotchi, l’Espagne a cru faire le plus dur sur une volée limpide de Nacho (58e) après un doublé de Diego Costa.

Mais Ronaldo a fait parler ses talents de soliste face à l’œuvre collective espagnole, malgré les doutes autour de son avenir avec le Real Madrid et malgré ses démêlés fiscaux, qui devraient se solder par une lourde amende de plusieurs millions d’euros.

Le quintuple vainqueur du Ballon d’Or a ouvert le pointage sur un penalty obtenue dès la 4e minute après qu’il se soit écroulé dans la surface devant Nacho, son habituel partenaire à Madrid. Puis il a bénéficié d’un petit coup de pouce pour permettre au Portugal de mener 2-1 : sa puissante frappe du gauche à la 43e minute a été cafouillée par le gardien David de Gea.

Et dans une fin de match où le Portugal tentait désespérément d’égaler le pointage, Ronaldo a fait parler sa finition sur un coup franc expédié dans la lucarne (88e) avant d’exulter avec ses partenaires.

«Je suis très content, c’est un nouveau jalon personnel, un de plus dans ma carrière sportive», a déclaré Ronaldo en parlant de son tour de chapeau. «Mais pour moi, l’important est de souligner ce qu’a fait l’équipe. Nous avons joué face à l’un des favoris de ce Mondial et nous avons mené deux fois au score. Au final nous avons concédé le nul, mais c’est un résultat mérité.»

Gros doublé pour Costa 

Vu l’efficacité létale du quintuple Ballon d’Or, l’Espagne vieillissante du Mondial 2014 ou de l’Euro 2016 se serait résignée. Mais pas l’Espagne rajeunie de 2018, qui semble s’être conjurée autour d’un objectif commun après le limogeage inattendu de Lopetegui et son remplacement au pied levé par l’inexpérimenté Fernando Hierro.

Pour cela, elle a égalisé deux fois par grâce à Costa.

D’abord, à la 24e minute sur un long ballon de Sergio Busquets pour l’Hispano-Brésilien qui écarte du coude Pepe, déjoue deux défenseurs, puis déjoue le gardien sur un tir puissant du pied droit. Ensuite, sur une combinaison à la 53e minute, David Silva a déposé un coup franc sur la tête de Busquets et Costa n’a eu qu’à pousser le ballon au fond du filet pour inscrire son 9e but en 21 sélections.

Ce doublé est une libération pour l’avant-centre de l’Atlético, souvent décrit comme incompatible avec le jeu espagnol. 

Le moral regonflé, les Espagnols ont fait souffrir les Portugais avec leur habituel tourbillon de passes et leurs multiples banderilles. Hierro n’avait-il pas assuré qu’on verrait une Espagne très «reconnaissable» malgré sa préparation perturbée?

Ce dernier était d’ailleurs fier des efforts de ses hommes. «Quand on a un joueur comme Cristiano en face, ce genre de choses arrivent. Au moment où nous étions le mieux dans le match, avec de longues possessions, nous aurions pu marquer le quatrième but, mais quand l’adversaire a un tel crack, c’est une chance pour lui, sans aucun doute», a lancé le sélectionneur fraîchement nommé.

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DES BUTS DANS QUATRE COUPES DU MONDE DE SUITE

En inscrivant un triplé vendredi, Cristiano Ronaldo est devenu le quatrième joueur de l’histoire à marquer dans quatre Coupes du monde consécutives.

Les autres à avoir réussi l’exploit sont les Allemands Miroslav Klose (16 buts répartis en 2002, 2006, 2010 et 2014) et Uwe Seeler (9 répartis en 1958, 1962, 1966 et 1970) et le Brésilien Pelé (12 buts répartis en 1958, 1962, 1966 et 1970). Ronaldo, lui, n’a toutefois marqué que 6 buts en quatre Coupes du monde (2006, 2010, 2014 et 2018).

Toujours au rayon des statistiques, Ronaldo devient le premier joueur à marquer dans huit tournois majeurs consécutifs (Euro et Coupe du monde). Il est également co-détenteur du record de buts dans les Euros (9) avec Michel Platini.  AFP