Même s'il n'a jamais eu la chance de participer aux Jeux olympiques, Simon Pouliot-Kavanagh prend sa retraite la tête haute.

Le double deuil sportif de Pouliot-Kavanagh

Simon Pouliot-Cavanagh a dû faire deux grands deuils sportifs dans les derniers mois. Celui d’une participation aux Olympiques, puis celui de sa carrière de bosseur. Le natif de L’Ancienne-Lorette assure toutefois être en paix au moment d’annoncer sa retraite. 

Le plan avait toujours été de prendre sa retraite à l’issue de la saison 2018, mais c’était avant qu’une déchirure du ligament croisé antérieur du genou empêche Pouliot-Cavanagh de participer aux Olympiques. «Ce n’est pas la conclusion que j’aurais souhaitée pour ma carrière. Tout tournait autour de PyeongChang, ces dernières années», admet d’emblée le skieur. 

Il faut dire qu’en 2014, Pouliot-Cavanagh avait été privé d’une participation aux Jeux de Sotchi en raison de la puissance de l’équipe canadienne. Neuvième du classement général de la Coupe du monde, il n’était toutefois pas parmi les quatre meilleurs canadiens.

Une malchance suivie de quelques autres. Une hernie discale qui lui a coûté la saison 2016, puis la fameuse blessure au genou, en mars 2017, aux Mondiaux. Encore à l’automne, le bosseur de 27 ans avait bon espoir de skier toute la saison malgré sa blessure, mais dès son retour sur les pistes, il est devenu clair qu’il n’aurait pas la stabilité requise. Il a fait une croix sur les Jeux et a passé sous le bistouri début janvier. 

Spectateur émotif

«J’ai regardé les Jeux de PyeongChang à la télévision et ça a été un beau moment de voir aller mes coéquipiers avec qui je m’entraîne depuis que j’ai 10 ans. Mais ça m’est aussi rentré dedans plus que je pensais. Je braillais chez nous.»

S’il a beaucoup d’admiration pour son coéquipier de toujours, Philippe Marquis, qui a skié avec la même blessure au genou en Corée du Sud, sa performance a également conforté Pouliot--Cavanagh dans sa décision de se faire opérer. Ce que Marquis a réussi à faire aux Jeux, la blessure le privant tout de même d’une vraie descente en finale, Pouliot-Cavanagh aurait dû le faire durant toute la saison de Coupe du monde pour se qualifier pour PyeongChang. 

Lui qui a entamé des études à distance au Collège canadien de massothérapie d’Halifax, il aurait pu tenter de disputer une dernière saison et finir avec les Championnats du monde 2019. Son opération s’est bien déroulée et la réhabilitation va bon train. 

«Mais j’aurais dû précipiter ma réhabilitation pour être prêt pour le début de la saison et de façon rationnelle, mon genou a besoin d’un break. Tes genoux, tu les as pour la vie et je suis quelqu’un d’actif qui veut continuer à courir et faire du vélo.»

Il accroche donc ses skis pour aller compléter, en 12 mois, sa formation en massothérapie. Fort à parier qu’un rôle de thérapeute sportif l’attend ensuite. Si jamais, une fois ses études complétées, tout s’aligne pour qu’il reprenne le ski compétitif, la porte «n’est pas complètement fermée». Mais les chances sont minimes. 

«Je ne serai jamais un Olympien. J’aurais voulu vivre ça, mais je suis fier de ce que j’ai accompli. Cinquante-et-un départs en Coupe du monde, dont 35 participations à la finale. Je n’ai aucun regret.»