Alex Harvey veut boucler sa carrière en beauté. Il skiera devant les siens, cette semaine à Québec.

Le dernier salut européen d'Alex Harvey

Pour la première fois depuis qu’il a annoncé publiquement sa retraite, Alex Harvey a pris le départ d’une course avec un brin de nostalgie, dimanche, à Falun, en Suède. Et pour cause, puisqu’il s’agissait de la dernière compétition de sa carrière en sol européen. Le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges rentre à la maison, lundi, pour effectuer son dernier tour de piste devant les siens, à Québec, cette semaine.

Le site était tout désigné pour l’occasion puisque c’est dans cette station suédoise qu’il avait remporté la première victoire de sa carrière, en ajoutant deux autres au passage par la suite.

Dimanche, il a terminé au 11e rang d’un 15 km style libre en départ par intervalle, ratant de peu une présence dans le top 10. Devant lui, on trouvait les piliers de la discipline, comme le Russe Bolshunov (1er), et les Norvégien Sundny (2e) et Toenseth (3e).

Tout ce beau monde a rendez-vous dans la capitale pour y disputer les trois dernières courses de la saison, un mini-tour qui comprendra un sprint style libre (vendredi), un 15 km classique (samedi) et une poursuite de 15 km en style libre (dimanche), course qui sera le chant du cygne du meilleur fondeur de l’histoire du pays.

«Tous les gros noms viennent à Québec, à part le Russe Ustigiov et le Norvégien Kroegh, qui sont malades. Mais les autres y seront, surtout que la bataille pour le premier rang du classement cumulatif n’est toujours pas terminée», disait Harvey, à propos de la lutte de tous les instants entre le Norvégien Johaness Hosflot Klaebo et le Russe Alexander Bolshunov.

Nostalgique

Harvey, lui, voudra boucler sa carrière en beauté. Il aura bien le temps d’en parler au cours des prochains jours. Dimanche, il regardait plutôt le paysage nordique de la Suède sur la route le ramenant à Stockholm, d’où il s’envolera, lundi, pour la dernière fois comme athlète de l’équipe canadienne de ski de fond. «J’étais un peu plus nostalgique, aujourd’hui [dimanche]. En plus, mon départ était à 14h49, alors j’ai eu le temps d’y penser. À Falun, il y a toujours une belle camaraderie entre les skieurs, on fait notre course d’échauffement ensemble, on a regardé la course des filles et le Championnat du monde de biathlon, c’était cool. Les gars m’ont parlé plus de ma retraite, certains ne me croyaient pas. Ils me disaient : tu ne peux pas arrêter, tu n’as que 30 ans», racontait-il en expliquant que cet âge est relativement jeune pour un fondeur européen.

Mais voilà, ce n’est pas le manque d’appétit en compétition qui le fait rentrer dans ses terres, mais plutôt le mal du pays. Ça ne lui était jamais arrivé avant cette saison, mais l’éloignement lui pesait de plus en plus lourd. «Je suis vraiment à l’aise avec ma décision», ajoutait-il, toujours aussi convaincu de son choix. Cette semaine, le réseau norvégien des sports NRK a prévu réaliser une entrevue de 30 minutes avec lui pour parler de sa carrière et de sa relation avec les fondeurs de ce pays. Il a d’ailleurs été invité à souper par Martin Johnrud Sundby, la semaine dernière à Oslo, avec d’autres gars de distance, signe d’une rivalité s’étant déroulée sous le sceau du respect.

Harvey a bouclé l’épreuve de 15 km en 34,29.4 minutes qu’il qualifiait de «course correcte». Il a vidé son réservoir dans les trois derniers kilomètres, pour rattraper quelques secondes perdues en milieu de course. On peut parier que l’encouragement des amateurs, cette semaine à Québec, lui servira de carburant pour la conclusion de sa carrière!