Le Russe Dmitry Bivol, qui rêvait de combattre un jour sur les ondes de HBO, dit avoir refusé plusieurs offres afin de participer au tout dernier gala présenté par le diffuseur, samedi, en direct d’Atlantic City.

Le dernier round de HBO

Dmitry Bivol savait exactement où il voulait que sa carrière le mène : en tête d’affiche d’une carte de boxe présentée sur les ondes de HBO, dont il avait l’habitude de regarder les rediffusions en Russie.

Bivol est maintenant champion des mi-lourds de la WBA. Et samedi, il sera finalement de la finale d’une carte sur HBO. À Atlantic City, il fera face au Québécois Jean Pascal, ex-champion du WBC dans le cadre de la série World Championship Boxing.

C’est un combat énorme pour Bivol, mais c’est une occasion aigre-douce pour les amateurs de boxe, puisqu’après 45 ans, HBO met fin à sa couverture de la boxe avec ce dernier gala.

«C’était mon rêve de faire cela», a dit Bivol. «Nous avons reçu quelques offres pour se battre sur une autre chaîne, même une autre plateforme. Mais j’ai couru le risque de réaliser mon rêve.»

HBO, qui a commencé son histoire en boxe avec le K.-O. de Joe Frazier par George Foreman en 1973, a choisi de quitter parce que ses recherches indiquent que présenter de la boxe ne fait pas grimper son nombre d’abonnés. Les amateurs de boxe ne doivent toutefois pas s’inquiéter : plusieurs autres options s’offrent à eux.

Il y a un important changement de la garde en boxe, qui pendant des années s’est fiée à la lutte entre HBO et Showtime pour ses importants combats, ainsi que sur la télé à la carte pour les plus gros. HBO quitte, mais d’autres réseaux et plateformes se bousculent pour combler ce vide.

Showtime plus actif

Parmi eux, Showtime, qui cherche à augmenter son offre. «Nous savons que c’est une bonne affaire, que ça fait augmenter nos cotes d’écoute», a déclaré Stephen Espinoza, président de Showtime Sports. «Nous avons un long historique avec la boxe et nous croyons en ce sport. Nous souhaitons d’ailleurs y être plus actifs. On cherche plus de combats à présenter.»

La demande pour de la programmation en direct a poussé plusieurs diffuseurs à se tourner de nouveau vers la boxe. Ils prévoient de présenter de la boxe autant à la télévision convention que sur des applications de diffusion en continu.

Le poids moyen vedette Saul «Canelo» Alvarez, qui a fait les beaux jours de HBO, a signé une lucrative entente d’exclusivité avec le service de diffusion en ligne DAZN le mois dernier, qui garantit à l’entreprise de compter sur l’un des boxeurs les plus payants de l’histoire jusqu’en 2023. Bien que les détails n’ont pas été divulgués, on parle de 11 combats pour 365 millions $US.

Au lieu de payer 85 $ pour un programme à la télé à la carte, les amateurs peuvent s’abonner à DAZN pour 10 $ par mois (20 $ au Canada). DAZN a également mis sous contrat le champion poids lourd britannique Anthony Joshua, en plus de plusieurs boxeurs des écuries Golden Boy et Matchroom.

À Showtime et DAZN, il faut ajouter ESPN et son service de diffusion ESPN+, FOX (associé à Premier Boxing Champions), et NBC. Cette explosion de nouvelles ententes signifie que la boxe sera plus accessible que jamais. Certains galas seront à la télévision, tandis que d’autres seront diffusés en continu moyennant des frais mensuels, tandis que de grands combats seront toujours offerts à la carte.

En contrepartie, comme cela a déjà été le cas dans le passé, les contrats d’exclusivité signés par les boxeurs avec certaines chaînes rendront difficile la tenue de grands combats dans la même division. Il y a aussi le risque que la multiplication des combats soit perçue comme une façon de remplir la grille-horaire. Espinoza croit plutôt qu’il y a de la place pour tout le monde.

«C’est sain pour le sport que d’avoir autant diffuseurs», note-t-il. Les boxeurs sont plutôt d’accord avec lui. Bivol le premier.

«Je suis bien heureux que plusieurs plateformes souhaitent présenter de la boxe. C’est bon pour notre sport. Nous aurons maintenant plus d’offres et serons en mesure de choisir pour chaque combat où nous voulons aller.»