Charlie Bilodeau et Julianne Séguin passent la fin de semaine à Québec pour l’assemblée générale annuelle de Patinage Québec.

Le délinquant en Charlie Bilodeau

«Entre les Jeux olympiques et les Championnats du monde, il fallait que j’y aille. Et je ne l’ai pas dit à mon entraîneuse, désolé Josée. J’avais juste envie de faire ça, parce que je me l’étais interdit. Ç’a fait du bien.»

Charlie Bilodeau ne peut plus se cacher. Au retour de PyeongChang, le patineur artistique qui a fini neuvième à l’épreuve en couple avec sa partenaire Julianne Séguin a cédé à la tentation. Avec son frère, l’athlète de Trois-Pistoles s’est offert un trip... en planche à neige.

Enfin! Bilodeau attendait ce moment depuis un an. La privation ne pouvait plus durer.

«J’en fais beaucoup moins qu’avant, mais à 10 ans, j’avais même arrêté le patin durant deux ans pour me diriger vers la planche à neige. J’avais beaucoup à apprendre et je suis un peu retourné par défaut dans le patin, puisque c’est là-dedans que j’avais des aptitudes de base. Mais c’était la première chose que je voulais faire en revenant des Olympiques, c’était non négociable!» a-t-il avoué, samedi soir.

Bilodeau et Séguin passent la fin de semaine à Québec pour l’assemblée générale annuelle de Patinage Québec. Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon sont aussi en ville, entre autres.

Âgé de seulement 24 ans, Bilodeau possède une bonne tête, s’exprime bien. Il a tout pour lui, en plus d’une partenaire sur glace tout aussi avenante en Séguin.

Ils s’entraînent et vivent à Montréal et arrivent de quelques spectacles donnés dans leur club respectif, à Trois-Pistoles et à Longueuil, ainsi qu’à Matane et à Saint-Hubert. En début de semaine, ils partent à Ottawa pour une célébration olympique en compagnie de Justin Trudeau, puis ce sera Cleveland, pour leur dernière prestation sur patinoire de la saison.

Durant la quinzaine de minutes passées à discuter avec Bilodeau, il a été question du Mont-Saint-Mathieu, station de ski locale de Trois-Pistoles. Qu’il a dévalé avec grande joie après s’être privé de planche tout l’hiver pour ne pas risquer la blessure niaiseuse avant les JO.

Outre sa passion pour le snowboard, on a jasé d’un autre de ses champs d’intérêt sportifs, la pelote basque. Oui, oui.

L'amour de sa région

En fait, il a été question de toute sa région, qu’il porte toujours autant dans son cœur. Un amour réciproque que les Pistolois lui ont démontré avec de grands rassemblements en février pour suivre ses prouesses en Corée du Sud.

«C’est drôle à dire, mais j’aurais aimé ça y être. Ç’avait tellement l’air le fun!» lance-t-il, à propos de ces événements tenus à l’école secondaire et à la salle de spectacle.

«C’était beau de voir la communauté pistoloise réunie pour moi qui passe à la télé, en fin de compte. Ça m’a touché énormément. J’ai toujours été fier de représenter Trois-Pistoles, d’en parler, de mettre l’endroit le plus possible sur la map. De voir que cet amour-là est réciproque, c’est bien», confie celui qui est maintenant ambassadeur de la région des Basques, nouvelle fonction qui lui fera mousser encore davantage son coin de pays.

Son retour post-olympique à la maison, le 15 avril, avait d’ailleurs permis de remplir l’aréna Bertrand-Lepage. «C’était bondé de gens que je connais et qui sont fiers de voir un Pistolois sur la scène internationale en patin. Il y a une fierté derrière mes succès et de pouvoir être présent dans la communauté, ça va de soi», indique-t-il.

Côté sportif, Bilodeau reconnaît que la 22e place aux Championnats du monde n’était rien pour festoyer. Plutôt l’occasion d’une remise en question en vue de grimper au prochain échelon.

«On a été capable d’atteindre l’objectif d’une vie, qui était de participer aux Jeux olympiques. Sauf qu’après, la roue continue à tourner. Pour moi, dès que je suis parti de Trois-Pistoles à 14 ans, c’était pour un jour participer aux Jeux olympiques. Mais maintenant que c’est fait, le prochain objectif va être un podium.»

«Un top 10 aux Olympiques, c’est une chose. Mais pour viser le podium, on a d’autres choses à faire et on s’est demandé qu’est-ce qu’on doit faire pour y être dans quatre ans», conclut-il avec un sourire convaincant et convaincu.