Stephen Cabana, directeur du développement des programmes sportifs au Cégep de Thetford, a pris les grands moyens devant la neige tombée hâtivement : il a loué trois tracteurs pour la durée du Bol d’or.

Le défi d’un Bol d’or en région

En lançant les activités du Bol d’or vendredi soir, Thetford Mines est devenue la plus petite ville à accueillir la grande finale du football collégial et scolaire québécois. Un défi de taille que l’organisation a l’intention de relever en faisant les choses en grand.

Tenu la plupart du temps à Mont­réal ou en Montérégie, le Bol d’or s’est aventuré à l’extérieur de ces régions à quelques reprises depuis 12 ans : Chicoutimi en 2013, Québec en 2011 et 2012, Sherbrooke en 2009 et 2010 et Trois-Rivières en 2006 et 2007. Jamais cependant il n’avait eu lieu dans une ville aussi petite que Thetford Mines, avec ses 25 000 habitants.

«C’est un bon défi, mais nous avons une armée de 130 bénévoles pour nous aider à le relever. Nous avons le Bol d’or cette année, en 2020 et il y a aussi une année d’option en 2021», explique Stephen Cabana, directeur du développement des programmes sportifs au Cégep de Thetford, où les matchs du Bol d’or ont lieu en fin de semaine.

«Chicoutimi avait fait du bon travail en 2013 pour tenir un Bol d’or en région, mais les gens avaient trouvé que c’était loin», poursuit-il, rappelant que Thetford Mines n’est qu’à un peu plus d’une heure de Québec et un peu plus de deux heures de Montréal.

Pas ordinaire

«Pas question pour nous de faire un Bol d’or “ordinaire”. Nous avons mis le paquet. On veut convaincre les gens de venir ici, car c’est le meilleur endroit pour faire du football», poursuit-il en indiquant qu’un grand tailgate serait tenu avant chaque match avec des artistes musicaux et des foyers pour réchauffer les spectateurs.

Des joueurs des Alouettes de Montréal seront également sur place, dont l’ex-botteur du Rouge et Or de l’Université Laval Boris Bede qui effectuera le botté d’envoi protocolaire lors de la finale collégiale de division 1 samedi.

L’organisation a même réussi à réquisitionner des hélicoptères de l’Aviation royale canadienne qui effectueront une envolée au-dessus du stade avant cette partie, comme lors des grands matchs aux États-Unis. «Ça nous a pris six mois juste pour régler ça!» indique Stephen Cabana.

Déneigement

M. Cabana avait même «prévu» la bordée de neige qui s’est abattue sur le Québec il y a quelques jours. «De la neige, on en a jusqu’aux genoux et on savait que des organisations avaient déjà eu des problèmes à avoir des déneigeurs, occupés auprès de leurs clients après une tempête», explique M. Cabana.

L’organisation a donc décidé de s’entendre avec un concessionnaire de tracteurs pour en louer trois pour la durée de l’événement. «C’est notre personnel qui les opère et on va rendre le terrain aussi parfait qu’un terrain de golf. Le secret est dans le choix des pneus : il ne faut pas non plus endommager le terrain», poursuit-il en signalant qu’une cinquantaine de personnes s’affairent à déneiger le terrain et les estrades.

Stephen Cabana rappelle aussi que la réussite des Jeux du Québec de 2018, du championnat provincial de natation et de l’intercollégiale de théâtre démontrent que Thetford Mines est capable d’organiser des événements de grande envergure.

«Même si notre équipe [les Filons, deuxième division collégiale] est éliminée, nous attendons entre 3500 et 5000 spectateurs. Nous serons déçus si nous en avons moins que ça», termine-t-il.

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LES ASTRES ALIGNÉS POUR LES CONDORS

Les Condors de l’école secondaire Saint-Jean-Eudes ont savouré leur dernière conquête du Bol d’or en première division juvénile il y a 20 ans. Mais jamais, comme cette année, les astres n’ont été alignés pour permettre à la formation de l’entraîneur-chef Jean-Frédéric Gagné de mettre fin à sa disette.

Invaincus cette saison (9-0), les Condors ont marqué 325 points. Ils n’en ont donné que 70. De plus, ils ont écrasé les Cactus du Collège Notre-Dame 39 à 2 en demi-finale. Leurs rivaux de toujours, les footballeurs du Blizzard du Séminaire Saint-François (8-1), ont été privés d’une participation à la grande finale provinciale par les Dynamiques du Collège Charles-Lemoyne.

«On savait que l’on avait une bonne équipe lorsque nous avons amorcé l’année», a expliqué Gagné. «On le savait parce que nous avions un bon groupe de vétérans. Sur 24 partants, nous avons 23 gars de cinquième secondaire. Nous étions donc une équipe à maturité avec de l’expérience. On s’attendait à avoir une bonne campagne. Mais de là à prévoir que nous aurions une saison parfaite... La première division de la Ligue juvénile est tellement compétitive et il y a tellement une belle parité que c’était difficile de dire que l’on serait 9-0 en saison régulière.

«L’an dernier, tout le monde disait que c’était notre année. Nous avons eu une belle saison mais nous nous sommes faits sortir en séries par les Aigles de Jean-Eudes. Le défi, c’est de rester en santé toute l’année. La Ligue juvénile, c’est tellement difficile. C’est neuf matchs sans semaine de bye. Il faut un peu de chance à travers ça. Et nous autres, on a été chanceux cette année parce que nous sommes restés en santé toute la campagne.»

Surprise chez les demi-défensifs

Les Condors de 2019 se sont d’abord fait remarquer par leur défensive rapide et explosive. Idem pour la ligne. La grosse surprise pour le personnel d’entraîneurs a été la tenue des demi-défensifs qui ont réussi plus de 20 interceptions, le meilleur étant Philippe Deblois avec 8. Gabriel Côté-Pedneault et Justin Cloutier en ont eu quatre chacun.

«C’est une équipe qui joue bien le système, qui applique les stratégies et dont les jeunes sont très minutieux pour chacun des petits détails. Notre défensive est vraiment très solide.»

Offensivement, les Condors sont aussi très rapides. Ils alignent le deuxième meilleur porteur de ballon du circuit au chapitre des gains, soit Mathieu Roy (1091 verges en 114 courses et 13 touchés), un athlète pouvant aussi se distinguer sur le jeu aérien. Edouard Vachon, le quart-arrière de Saint-Jean-Eudes, a lancé pour 1090 verges de gains. Douze ont été bonnes pour des touchés et il n’a été victime que de quatre interceptions.

«Il distribue bien le ballon, il contrôle bien le match et il gère bien les situations. Il joue du bon football.»

Défaite crève-cœur

Interrogé si les Condors avaient encore en tête si leur défaite crève-cœur de 2018 en demi-finale, Gagné a mentionné que non. Depuis la reprise de l’entraînement, en janvier, ses hommes ont travaillé fort pour progresser et ont pris les journées une à la fois. Pas question pour eux de vivre dans le passé ni de voir trop loin en avant. 

«Et ayant 23 de nos 24 partants de la saison dernière, ç’a été plus facile de faire passer notre message de rester concentrés sur chacune des étapes et d’embarquer dans le processus jusqu’à la fin.»

C’est au Cégep de Thetford Mines, dimanche après-midi (13h), que les Condors se mesureront aux Dynamiques du Collège Charles-Lemoyne pour le Bol d’or de la première division du juvénile. Et même si la formation de la Rive-Sud de Montréal a terminé la campagne au troisième rang du classement, Gagné n’est pas surpris de la voir en finale.

«Depuis le début de l’année que je dis que c’est une des équipes à battre. Ils ont deux excellents receveurs de passes, sûrement parmi les meilleurs de la Ligue, et leur quart-arrière peut courir et lancer le ballon. Ils sont donc très explosifs à l’attaque. Ils ont aussi une ligne défensive très solide. Physiquement, ils sont très, très impressionnants. C’est une bonne équipe. Peut-être un peu plus jeune que la nôtre. Mais c’est une formation extrêmement talentueuse.» Jean-François Tardif