Samedi, après leur dernier match de la saison, les joueurs de l'Étoile rouge de Belgrade ont célébré leur titre en Championnat avec une foule de plus de 10 000 supporters.
Samedi, après leur dernier match de la saison, les joueurs de l'Étoile rouge de Belgrade ont célébré leur titre en Championnat avec une foule de plus de 10 000 supporters.

Le coronavirus menace le retour du public dans les stades en Europe

Adrien Vicente
Agence France-Presse
PARIS — Trop vite en besogne ? L’apparition de plusieurs cas de COVID-19 dans le football en Serbie et en Russie a jeté un froid sur le foot européen, qui brûle de rouvrir au public ses stades longtemps désertés en raison de la pandémie.

L’alerte la plus sérieuse est arrivée de Serbie lundi. L’Étoile rouge de Belgrade, grand club du pays des Balkans, a annoncé que cinq de ses joueurs avaient été testés positifs au nouveau coronavirus.

«Les joueurs se sentent bien et sont en quarantaine stricte, en contact permanent avec l’équipe médicale du club», a communiqué le club.

Problème, et de taille : samedi, après leur dernier match de la saison, les joueurs ont célébré leur titre en Championnat avec une foule de plus de 10 000 supporters. Une célébration où la distanciation requise pour contenir la propagation du virus était loin d’être observée.

De quoi raviver les craintes d’une nouvelle vague épidémique partie des stades : la Serbie a levé en juin toute limitation à l’affluence lors de rassemblements en plein air. Dès le 10 juin, l’Étoile rouge, encore, disputait une demi-finale de Coupe de Serbie face à ses rivaux du Partizan, devant 16 000 spectateurs.

La tenue de la rencontre a déclenché l’ire des autorités sanitaires au Monténégro voisin, qui a rapporté une semaine plus tard au moins sept cas de COVID-19 importés par des supporters ayant assisté à la rencontre à Belgrade.

Match surréaliste en Russie 

Jevto Erakovic, le directeur du Centre clinique à Podgorica, avait alors fustigé le «comportement de certains individus irresponsables».

Pour ne rien arranger, plusieurs joueurs de tennis ont annoncé dimanche et lundi avoir attrapé le coronavirus lors d’un tournoi exhibition, devant un public nombreux, organisé par Novak Djokovic à travers les Balkans.

En Russie aussi, plusieurs clubs du championnat ont rapporté des cas de COVID-19 dans leurs effectifs. Dimanche, le match Krasnodar-Dinamo Moscou a été reporté d’un mois après des tests positifs au coronavirus parmi les joueurs moscovites.

Et vendredi, dans une rencontre surréaliste (perdue 10-1), Rostov a été contraint d’aligner ses jeunes lors d’un match de première division après la mise en quarantaine de tout son effectif professionnel.

Un rappel que la pandémie, qui a forcé la plupart des pays d’Europe à confiner leur population, est loin d’être terminée, avec près de 9 millions de cas diagnostiqués dans le monde et 468 000 morts selon le dernier bilan de l’AFP établi lundi.

De quoi refroidir les autorités des grands pays européens, où l’on envisageait déjà le retour du public dans les stades.

Le Danemark l’a d’ailleurs déjà entamé dimanche, quand 3000 spectateurs (pour 28 000 places), tenus de garder deux mètres de distance entre eux dans les gradins, ont assisté à un derby entre Brondby et le FC Copenhague.

Quelle jauge? 

Une expérimentation des autorités visant à évaluer l’opportunité d’augmenter le nombre de personnes présentes dans les tribunes.

En Espagne, durement touchée par la pandémie, la Liga prépare selon la radio Cadena SER le retour des spectateurs, sans date mentionnée pour l’instant, en envisageant des règles strictes: inscription préalable, masque obligatoire, prise de température à l’entrée, où les spectateurs seraient divisés en plusieurs groupes et entreraient par plages horaires.

En France, où les instances espèrent une reprise des matches professionnels dans un mois avec les finales de Coupe de France (vers le 24 juillet) et de Coupe de la Ligue (vers le 31 juillet), le gouvernement a autorisé la réouverture des stades à partir du 11 juillet, avec une jauge maximale de 5000 spectateurs... que plusieurs dirigeants sportifs veulent déjà rehausser.

Noël Le Graët, président de la Fédération française de football (FFF), a ainsi réclamé dans un communiqué «d’envisager une ouverture prochaine plus large des spectateurs concernant la finale de la Coupe de France masculine fin juillet», prévue au Stade de France (80 000 places).

En jeu, les recettes de billetterie notamment pour des instances dont les finances ont été mises à mal par la situation sanitaire. Et qui risqueraient de l’être encore plus en cas de reprise de l’épidémie.