Langis et Nicole Lapierre s’apprêtent à passer les rênes à leur fils Éric et leur fille Isabelle.

Le Concours hippique de Lévis a 40 ans

Né un an avant leur fille Isabelle, le Concours hippique de Lévis est en quelque sorte le premier bébé de Langis et Nicole Lapierre, propriétaires des Écuries de la Chaudière. Après 40 ans, c’est avec l’assurance que la relève est prête que le couple se prépare à passer les rênes à la prochaine génération.

«C’est parce que Nicole aimait beaucoup les chevaux que nous avons lancé ça à l’époque», se souvient Langis Lapierre. Celui qui avait repris la ferme familiale de Sainte-Hélène-de-Breakeyville en 1978 a alors décidé de transformer la ferme laitière pour se concentrer sur les chevaux.

Rapidement, l’entreprise a grandi, des clients se sont ajoutés et il a fallu agrandir. L’année suivante, le Concours hippique était né. «J’avais compétitionné quelques années plus tôt comme amateur et j’étais devenue instructrice, car plusieurs personnes souhaitaient avoir des cours d’équitation», reprend Nicole Lapierre, directrice du Concours hippique qui se déroule jusqu’à dimanche aux Écuries de la Chaudière. 

Comme leur fille Isabelle a commencé à monter dès son plus jeune âge, participant à des épreuves de compétition dès cinq ans, les parents ont donc vu plusieurs épreuves hippiques aux quatre coins du Québec. «Ça nous a permis d’améliorer de beaucoup le concours hippique en voyant ce qui se faisait ailleurs, car on a toujours visé la qualité.»

Aujourd’hui, le Concours est un rendez-vous annuel pour les meilleurs cavaliers de l’Ontario, du Québec et des Maritimes. L’événement en saut d’obstacles vient clore la saison de compétitions qui permet de couronner les champions du Québec et de désigner les cavaliers qui prendront part aux finales nationales.

«Depuis cinq ans, nous accueillons la finale Québec-Maritimes de la Médaille de l’Équipe équestre canadienne. Les quatre meilleurs vont nous représenter en novembre au Royal Winter Fair de Toronto», explique Mme Lapierre.

Plusieurs cavaliers qui ont participé ou visent à participer à des épreuves internationales s’arrêtent également à Lévis chaque année, notamment François Lamontagne, membre de l’équipe canadienne qui a remporté plusieurs fois le Grand Prix de Lévis, Isabelle Lapierre et Laurie Bucci, championne canadienne en 2006 qui utilise souvent l’événement pour former de jeunes chevaux et ses élèves.

Ambiance familiale

«Les cavaliers aiment beaucoup nos infrastructures et l’ambiance, que nous tentons de garder familiale», poursuit Mme Lapierre.

Sabrina Villeneuve et Gabrielle Buisson (Québec), ainsi que Victoria Laflamme (Saint-Apollinaire) seront également à surveiller à leur première participation à ce niveau après avoir obtenu de bons résultats les années précédentes à la finale de la Médaille François-Ferland et de la Médaille Aubert-Brillant.

Avec ses bourses totalisant 50 000 $, le Concours hippique est aussi devenu au fil des années l’épreuve provinciale avec le montant le plus élevé versé en bourses. «Il n’y a que l’internationale de Bromont qui a de meilleures bourses», indique Nicole Lapierre.

Et après 40 ans, la nouvelle génération a déjà commencé à prendre la relève au Concours hippique, comme aux Écuries de la Chaudière. Isabelle Lapierre et son frère Éric, un passionné d’agriculture, prennent de plus en plus de place et leurs parents commencent à parler de passer la main.

«J’enseigne très peu maintenant et je me suis un peu retirée du Concours hippique. C’est rassurant de savoir que la relève est là, dans notre famille, parce que quand il n’y a pas de relève, ça meurt. Je connais des gens qui ont des écuries et qui n’avaient pas de relève et c’est ce qui s’est produit», souligne Nicole Lapierre. «C’est la même chose que pour les fermes familiales», ajoute Langis Lapierre.

Isabelle Lapierre peut pour sa part se vanter d’avoir grandi avec l’événement. «Je l’ai vu évoluer, grossir et s’améliorer au niveau technique. C’est devenu un concours de très bon niveau avec des standards élevés.»

Celle qui est maintenant entraîneuse aux Écuries de la Chaudière en plus de sa carrière sur les circuits professionnels a vu les bâtiments être refaits, le terrain être amélioré, de même que l’amélioration de la qualité des sauts. «Au départ, c’était une compétition de ‘‘fond de cour” où on faisait la bouffe et maintenant, c’est devenu une épreuve qui attire les cavaliers de partout dans l’Est du Canada», résume Isabelle Lapierre.

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Isabelle Lapierre, que l’on voit sur cette photo à l’International Bromont en 2017, a bien hâte de reprendre la compétition avec sa jument Cescha M.

ISABELLE LAPIERRE BRÛLE DE REPRENDRE LA COMPÉTITION

Après avoir remporté la compétition équestre de Bromont l’an dernier, la Lévisienne Isabelle Lapierre a été contrainte à l’inactivité pendant plusieurs mois en raison d’une blessure à sa jument Cescha M. Elle brûle cependant de reprendre la compétition cet hiver.

«Oui, je reprendrai en janvier sur les circuits de la Floride. On peut dire que j’ai pris un an de break. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive dans ma carrière», explique Isabelle en marge du Concours hippique de Lévis, qui se déroule jusqu’à dimanche aux Écuries de la Chaudière, propriété de ses parents.

«Cette pause ne change cependant rien à mes objectifs», assure la cavalière de 39 ans qui agit également comme entraîneuse depuis une quinzaine d’années. 

«Je serai en Floride durant 12 semaines pour environ sept à huit semaines de compétition», poursuit celle qui était aussi terminée première en octobre 2017 à l’épreuve de Calgary la Ligue nord-américaine de la Fédération équestre internationale.

Un mode de vie

«Pour moi, l’équitation, c’est une passion que je pratique des heures et des heures, sept jours sur sept, pas seulement quand ça me tente et pas seulement entre deux rendez-vous! C’est carrément un mode de vie», poursuit celle qui prend aussi de plus en plus de place aux Écuries de la Chaudière et au Concours hippique de Lévis.

«Souvent, il y en a qui arrêtent, car ils disent qu’ils veulent vivre la “vraie vie”, mais pas moi. Je n’ai pas l’intention d’arrêter, car je fais vraiment ce que j’aime. Je suis privilégiée d’avoir trouvé quelque chose que j’aime faire. C’est ça, la vie pour moi.»

En fin de semaine, elle participera aux derbys du Concours hippique, mais pas aux épreuves de sauts, puisque que son cheval Cescha M est toujours en convalescence.