Le combat d'unification entre Dicaire et Shields est reporté jusqu'en juin

MONTRÉAL — La pandémie de COVID-19 a eu raison du combat d'unification des super-mi-moyennes entre la Québécoise Marie-Ève Dicaire et l'Américaine Claressa Shields. Du moins, momentanément.

Le combat qui devait avoir lieu le 9 mai, au Dort Federal Credit Union Center de Flint, au Michigan, sera reporté au moins jusqu'à la fin de juin, a confirmé le promoteur de la Québécoise, Yvon Michel, samedi.

Mais Michel a dû mettre de la pression sur le promoteur de l'Américaine, Mark Taffet, qui hésitait à reporter l'événement.

«Ça devenait de plus en plus difficile pour Marie-Ève de s'entraîner dans les conditions actuelles et j'ai appelé Mark pour lui dire que ça n'avait pas de bon sens. Il s'est rallié à mes arguments et il regarde une date pour la fin de juin.»

Taffet se chargera de trouver une nouvelle date avec le réseau Showtime, qui présentera le gala, ainsi qu'avec le gestionnaire de l'aréna, littéralement situé dans la cour arrière de Shields, native de Flint.

Évidemment, il s'agit là d'un scénario idéal qui pourrait être modifié au cours des prochaines semaines. Michel a demandé à Dicaire - et à tous les boxeurs de son écurie, par ailleurs - de garder la forme au meilleur de leurs capacités afin d'être prêts le plus rapidement possible quand le monde de la boxe reprendra ses activités.

«Ce qu'on a convenu avec Marie-Ève et son entraîneur, c'est qu'elle puisse être prête en un mois au lieu des huit semaines que durent habituellement un camp d'entraînement, a dit Michel. On lui a demandé de faire ce qu'elle était en mesure de faire pour pouvoir reprendre rapidement le collier, mettre rapidement la machine en marche quand on sera fixés.

«On a demandé ça à tous nos boxeurs, car quand les nouvelles dates de galas seront annoncées, si nos boxeurs n'ont rien fait depuis qu'ils sont confinés à domicile, ils ne pourront pas profiter des premières opportunités. C'est dans cette optique qu'on fait cela: quand les activités reprendront, nos boxeurs n'auront pas besoin de repartir de zéro. Nous n'accepterons toutefois rien à moins d'un mois de préavis.»

Annoncé en grande pompe la semaine dernière, le combat devait permettre à Dicaire (17-0, 0 K.-O.) d'affronter Shields (10-0, 2 K.-O.), la boxeuse la plus titrée de sa génération.

Face à l'Américaine de 24 ans, Dicaire mettra en jeu sa ceinture de l'International Boxing Federation (IBF), acquise le 1er décembre 2018 contre Chris Namus. Shields défendra de son côté ses titres du World Boxing Council (WBC) et de la World Boxing Organization (WBO).

La World Boxing Association (WBA) ajoutera au pactole le titre de super championne. La Costaricaine Hanna Gabriels en est la championne dite régulière.

Shields sera de loin la plus coriace des adversaires qu'aura affrontées Dicaire jusqu'ici. La boxeuse a compilé une fiche de 63-1, 9 K.-O. en boxe amateur, sa seule défaite remontant en 2012. En plus des titres olympiques de 2012 et 2016, Shields a gagné les Jeux panaméricains de Toronto, en 2015, et les Championnats du monde de 2014 et 2016.

Chez les professionnelles, elle est devenue championne du monde des super-moyennes du WBC à son troisième combat, avant d'ajouter le titre de l'IBF à son combat suivant.

Shields a ensuite abandonné ces deux titres pour descendre chez les moyennes, où elle a réuni les quatre ceintures en quatre combats. Afin de marquer l'histoire, elle a décidé de changer de nouveau de division de poids pour tenter un troisième balayage, cette fois chez les super-mi-moyennes, mettant la main sur ses deux titres actuels, alors vacants, à son premier combat, contre Ivana Habazin.