Sandra Bizier a reçu le réconfort de la centaine de  membres de Team Bizier qui s'étaient réunis dans un restaurant pour voir le combat.

Le clan Bizier fier malgré tout de Kevin

«Je pense encore qu'il aurait pu faire mieux. Je pense qu'il était impressionné par l'envergure du combat. J'ai vu un Kevin Bizier hésitant, respectant [trop] son adversaire.»
La voix éraillée, Sandra Bizier a ainsi décortiqué la performance de son jeune frère, samedi, quelques minutes après la fin brutale du duel qui l'opposait à Kell Brook, en Angleterre. Espérant voir leur frère, leur ami, leur fils remporter un championnat du monde, ils étaient au moins 125 membres de Team Bizier réunis à la Cage de Lebourgneuf pour observer le face-à-face. Dans le groupe, Sandra, mais aussi sa mère Jacqueline et ses frères, Yann et Yannick.
Pour la première fois, la famille Bizier a vu son Kevin se faire passer le K.-O. «Je l'avais jamais vu ébranlé. On voit que Brook frappait dur. Il est vraiment bon», a lancé Yannick, très fier malgré tout de son frérot.
«Il a voulu mélanger [ses coups]», a analysé Yann à son tour. «Il aurait peut-être dû prendre plus son temps, parce qu'on était seulement au deuxième round. Mais Kevin est intelligent. Je pense qu'il a fait ce qu'il avait à faire.»
Avant le combat, les fans de Bizier criaient leur joie chaque fois qu'une image d'archives de leur favori s'affichait à l'écran. Même chose lorsque le boxeur de Saint-Émile a fait son entrée dans l'arène.
Quand Bizier s'est retrouvé au tapis, toutefois, le silence a rempli le restaurant. Après une minute de stupeur, la foule s'est mise à applaudir son champion, tombé aux poings de plus fort que lui.
Est-ce la fin de la carrière de Bizier? Sa soeur et ses frères espèrent que non. Mais ils soupesaient déjà le pour et le contre, samedi. «Il n'est pas fini parce qu'il s'est fait arrêter par le meilleur des meilleurs dans cette catégorie-là! [...] Tout dépend de l'offre pour le prochain combat», ont dit ses frères en choeur.
Sandra espère que cette défaite ne le découragera pas. Elle sait qu'il est capable de faire mieux que samedi, qu'il peut continuer. «Mais à quel risque?» se demande du même souffle celle qui a été huit fois championne canadienne de boxe.
À l'image de Gatti
«Kevin, il me fait penser à Arturo Gatti, a ajouté Yann. Des gars de même, qui mangent beaucoup de coups de poing, c'est des gars qui ne durent pas aussi longtemps qu'un [Floyd] Mayweather.»
Dimanche soir, les proches de Kevin l'attendront à l'aéroport de Québec avec une limousine. Ils ont déjà réservé leur place dans un Ashton de la capitale pour une célébration tout en poutine de fin de soirée.