L’excentrique homme d’affaires LaVar Ball, dont l’aîné Lonzo évolue déjà avec les Lakers de Los Angeles, a fait une entrée triomphale en Lituanie avec ses deux plus jeunes fils, mercredi. LiAngelo et LaMelo Ball feront leurs débuts professionnels mardi prochain dans le club de Vytautas, basé à Prienai.

Le cirque Ball débarque!

VILNIUS — La Lituanie, un pays fou de basket, a accueilli mercredi avec enthousiasme LiAngelo et LaMelo Ball, accompagnés de leur père, l’excentrique homme d’affaires américain LaVar Ball, selon qui ses fils y font escale «en route pour les Lakers» de Los Angeles, dans la NBA.

«Je vais mettre tous mes garçons chez les Lakers, mais d’abord nous viendrons ici et nous allons prendre notre pied», a dit LaVar Ball. LaMelo (16 ans) et LiAngelo (19 ans) vont évoluer dans le club de Vytautas, basé à Prienai, une petite ville de 10 000 habitants située à moins de 40 km de Kaunas, deuxième ville de Lituanie. Leur grand frère Lonzo (20 ans) évolue déjà quant à lui avec les Lakers.

«Vous savez, ce n’est pas nous qui avons choisi la Lituanie, c’est la Lituanie qui nous a choisis!» a ajouté leur père, qui aime s’appeler lui-même «Big Baller».

LaMelo et LiAngelo, qui entament ainsi leur carrière professionnelle internationale, devraient disputer leur première rencontre mardi prochain. Leurs contrats ont suscité un grand intérêt des deux côtés de l’Atlantique. Le basket est considéré comme la «deuxième religion» après le catholicisme en Lituanie, pays balte de 2,8 millions d’habitants, cinquième dans les classements de la Fédération internationale de basketball.

Le club de Vytautas, dernier du Championnat de Lituanie — qui compte 10 équipes —, a accueilli la famille Ball par le chant traditionnel «Bienvenue en Lituanie». Un «party bus» spécialement affrété a conduit les arrivants à un hôtel luxueux de la station thermale de Birstonas, en face de Prienai, sur l’autre rive du fleuve Niémen.

Coup de marketing

Les responsables du club considèrent la venue des deux jeunes Américains comme une expérience commerciale. Mais la plupart des analystes restent prudents sur les perspectives réelles des deux jeunes joueurs dans la compétition.

«La majeure partie des journalistes sont excités par leur arrivée, mais pas par le jeu réel. Nous comprenons tous que dans cet accord, il ne s’agit pas vraiment de basket», insiste un commentateur lituanien du basket, Donatas Urbonas. «Il s’agit surtout de la marque Big Baller.»

Un écran lumineux au-dessus d’un restaurant dans le centre de la ville clamait mercredi : «Prienai got balls», jeu de mots sur le nom de famille des joueurs pouvant se traduire par «Prienai a des couilles»...

Pizzas et hamburgers

Les jeunes Ball vont désormais exercer leur talent dans une petite salle voisine de 1500 places. «On nous a dit qu’ils mangent seulement des pizzas et des hamburgers. Nous avons les deux chez nous, donc on n’aura pas à changer beaucoup», se réjouit Jaunius Malisauskas, le propriétaire de TangoPizza.

Les habitants de Prienai espèrent que le contrat avec les Ball fera parler de leur petite ville. «Personne ne sait où se trouve Prienai. Peut-être que maintenant on le saura», dit ainsi Rimantas Bisliukas, ouvrier en bâtiment de 49 ans.

Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevicius, a aussi réservé un accueil chaleureux aux jeunes basketteurs. «Dans l’attente de vous voir jouer en #Lituanie, un temple de #basket, Frères Ball! Une destination certainement gagnante!» a-t-il tweeté.

Querelle avec Trump

LaVar Ball, connu pour ses déclarations tapageuses et ses provocations, et surtout pour être le père de trois basketteurs promis à un brillant avenir, a fait parler de lui récemment lors d’une querelle avec Donald Trump, qui l’a traité «d’idiot ingrat». Le président américain avait exprimé sa colère après que Ball eut remis en question son rôle dans la libération de son fils LiAngelo, arrêté en Chine avec deux autres jeunes pour vol à l’étalage quelques jours avant une visite officielle du milliardaire à Pékin. 

Trump avait affirmé qu’il était personnellement intervenu auprès de son homologue chinois Xi Jinping pour les faire libérer. «Ce n’était pas la Maison-Blanche, le département d’État, ou les soi-disant proches du père LaVar sur place en Chine qui ont évité à son fils une longue peine de prison - C’ÉTAIT MOI», avait tonné M. Trump dans un message sur Twitter.